Live Report

ZAKK SABBATH - Le Trianon - Paris - 15/2/2020

 
Pas de pass photo pour ce soir, j'assiste donc au concert de Zakk Sabbath au Trianon depuis le fond du parterre debout. Zakk Sabbath, kézako ? L'alliance du guitariste Zakk Wylde et du bassiste Rob Nicholson de Black Sabbath ainsi que du batteur Joey Castillo de Danzig et Queen of the Stone Age, bref des pointures de groupes mythiques pour former un super-groupe : rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme.

Le concert démarre à 20h30 précises avec "Supernaut". Premier constat : le public de Zakk Wylde et consorts est massif, grand, et enthousiaste. Le son est agressif, la voix souvent fausse (en même temps pour imiter Ozzy il faut ça, mais c'est un talent qui n'est pas donné à tous de BIEN chanter faux, c'est subtil), les lumières aveuglantes (s'il y a des épileptiques dans la salle ils sont cuits). Je ne vois rien de ce qui se passe sur scène, hormis des balancements de cheveux réguliers de Wylde, qui est juché sur une petite estrade (j'apprends qu'il est en kilt mais je ne peux pas le constater par moi-même), je ne sais pas ce que font les musiciens, je ne perçois pas d'où vient la voix, le son sortirait de haut-parleurs ce serait pareil.
Après un morceau et demi et un solo de guitare moyennement long sur l'échelle wyldienne je suis déjà passablement ennuyée : c'est du Black Sabbath en moins bon, et je ne suis pas très férue de tribute bands, surtout quand ils passent en tête d'affiche dans des salles de renom, et pas dans des petits bars sans prétention.
Certains fans sont en transe quand Zakk fait son show, les inconditionnels ne peuvent de toute manière pas être déçus - certains ont quand même l'air bien cuits ou perchés vu comme ils se tortillent, exécutent des numéros d'air guitar, se pâment... Un mec derrière moi danse en chaussettes en donnant des coups de poing dans le vide, deux armoires à glace de presque deux mètres se placent pile devant moi.

Au bout de trois morceaux la moitié de la salle a en prime son portable levé, je ne vois plus que les spots du HAUT de la scène, accrochés aux rails métalliques.
Les musiciens ne regardent pas vraiment ce qui se passe dans la salle, ils font leur show et enchaînent les titres comme si le public n'était pas là, mécaniquement. J'ai de plus en plus l'impression d'écouter quelqu'un jouer à Guitar Hero dans l'appart' d'à côté.

Les spectateurs ont plutôt l'air contents, tapent des mains, des pieds, beuglent, font "lâlâlââââ", prennent des photos avec flash.
Deuxième constat : plus la guitare miaule pendant les solos, plus le public s'ébahit et fait "wooooow" dans les graves. Sûrement une sorte de parade amoureuse d'une espèce de chat sauvage métallique en voie d'extinction.
Vous avez déjà vu des gens chanter au karaoké pendant qu'un type de masturbe sur scène ? C'est un peu ce à quoi j'ai l'impression d'assister ce soir, et dois être beaucoup trop sobre pour apprécier à sa juste valeur le zakkaraoké... Ou alors je suis trop loin pour trouver le guitariste vedette sexy as hell en attendant que le temps passe. En tout cas je ne trouve pas très intéressant le concept de reprendre dans la même veine toutes les chansons d'un groupe, en moins bien, sans les revisiter de façon personnelle - quitte à écouter des reprises, je préfère quand elles bousculent la version originale et surprennent, façon Leo Moracchioli ou Melodicka Bros.

Black Sabbath sans Ozzy, même atteint de Parkinson, ce n'est pas au niveau, désolée, même en aimant Zakk Wylde dans Black Label Society. Même avec un petit bain de foule pour ce dernier, parti comme à son habitude jouer un long solo parmi les spectateurs, cette fois-ci pendant "War Pigs" et sur le deuxième balcon. (Cela fait toujours son petit effet, alors que finalement la seule question est de savoir où et quand il se déplacera pour faire son numéro et qui seront les fans ravis de pouvoir approcher leur idole.) Je n'attends pas la fin du concert pour aller écouter un peu plus au calme et devant un verre un album de Black Sabbath qui a fêté ses 50 ans il y a quelques jours, et ainsi célébrer l'original plutôt que la copie. Santé.

Setlist :
Supertzar / 1) Supernaut / 2) Snowblind / 3) A National Acrobat / Orchid / 4) Under the Sun / 5) Tomorrow's Dream / 6) Evil Woman / 7) Wicked World / 8) Fairies Wear Boots / 9) Into the Void / Embryo / 10) Children of the Grave / 11) Lord of this World / 12) Hand of Doom / 13) Behind the Wall of Sleep / 14) Basically / 15) N.I.B. / 16) Air Raid Intro / 17) War Pigs
 
Critique : Elise Diederich
Date : 15/2/2020
Vues : 1579 fois