Live Report

MENNECY METAL FEST 2021 - JOUR 3 - 31/10/2021

 
Le dimanche 13 septembre signait la dernière journée du Mennecy Metal Fest 2021 au Parc de Villeroy, avec une affiche toujours aussi qualitative que les deux jours précédents. Jamais deux sans trois, j’ai encore loupé les deux premiers groupes au programme (Lonewolf Corp et NZGL en sous-estimant la densité du trafic – à croire que je ne me ferai jamais totalement à la région parisienne… En revanche j’ai profité tout mon soûl du set du groupe marseillais Acod, au black death mélodique pas du tout ensoleillé, et que j’avais hâte de revoir après l’avoir découvert en première partie de Cradle of Filth à la Machine du Moulin Rouge. J’avais déjà pu être convaincue par leur présence scénique, leur énergie et leur efficacité, et ça ne s’est pas démenti cette nouvelle fois : les cinq musiciens ont tout emporté sur leur passage, alliant puissance vocale, rapidité des riffs et de la batterie, aucun temps mort, compositions parfois épiques et grandiloquentes, dynamisme dans les déplacements, bonne humeur au sein du groupe, bref un plaisir à voir, le tout agrémenté de headbangs en veux-tu en voilà, de fumée, d’interactions avec le public qui n’a pas tardé à pogoter et slammer comme il se doit. Acod, une valeur sûre pour mettre une ambiance de folie !

Passage à un univers radicalement différent face à la petite scène pour écouter Unnamed Season, que je n’avais pas eu l’occasion d’entendre lors d’une édition du Cernunnos Pagan Fest. Comme la veille, je me suis faite avoir par la haute qualité des balances et suis restée un moment à me demander si j’assistais au concert ou à la préparation (c’est ce qui se passe face à un projet musical d’Amduscias, avant de rester de toute façon parce que c’était vraiment trop joli ! Unnamed Season, c’est Conviction moins le guitariste Frédéric Patte-Brasseur, plus Fanny au chant, mais avec la même base : Olivier Verron au chant et à la guitare, Vincent Buisson à la basse et Rachid « Teepee » Trabelsi à la batterie. Une fois encore le théorème de Teepee, qui veut que n’importe quel groupe dans lequel ce batteur opère est nécessairement une tuerie, a pu être vérifié puisque j’ai accroché immédiatement avec Unnamed Season. En même temps comment résister à l’accord parfait des voix amples et envoûtantes d’Olivier et Fanny, à la basse hypnotisante, aux rythmes doux et chaloupés de batterie et guitare créant une atmosphère folk onirique, presque chamanique ? J’ai été totalement charmée par l’univers déployé par ce groupe, si bien que je suis revenue l’après-midi lorsque les musiciens ont pu jouer un deuxième petit set, en raison de l’annulation de Napalm Death. Une chanson en particulier m’a transportée et donné la chair de poule, gros coup de cœur pour ce projet atypique et très touchant, à suivre assurément.

Place à Fractal Universe sur la Main Stage, un groupe qui m’intriguait mais que j’appréhendais aussi un petit peu, puisque l’on me l’avait décrit comme du death technique parsemé de jazz – et le jazz et moi, ça fait des étincelles, sauf dans de rares cas où le black jazz est suffisamment bien dosé pour ne pas faire de nœuds avec mes nerfs… Et dans le cas des nancéens de Fractal Universe je dois dire que c’est passé crème, avec des petites incursions de saxophone au milieu de titres de metal techniques orientés death et prog, surprenants et bien construits. Le quatuor déroule avec fluidité un set à la fois chaloupé, atmosphérique et groovy, le tout avec une aisance et une pêche accrocheuses, et sans aucune frime, bref tout ce que j’aime trouver dans un concert réussi : un son innovant et bien maîtrisé, du charisme mais sans en faire des caisses, une symbiose entre les membres du groupe, l’envie de vite explorer davantage la discographie du groupe. Carton plein !

On enchaîne avec Nightmare, et là, ce n’était pas la même limonade… Oh la la non… Je n’avais jamais entendu le groupe grenoblois, qui existe depuis 1979 et dont le line up a beaucoup évolué depuis – ce dont l’on peut se douter vu que la chanteuse actuelle n’était clairement pas née à l’époque de la création du groupe. Nightmare se définit comme du power et du heavy metal, influencé par la vague britannique de heavy des années 80, un style que je peux apprécier, mais là je ne peux pas dire que j’aie accroché outre mesure… En cause principalement, la voix trop aigue de la chanteuse à mon goût, quelques faussetés, et son jeu de scène très maniéré, avec beaucoup trop de poses, de déhanchés, de gestes parasites pour moi – mais pas mal de spectateurs qui sont venus se coller au premier rang pour avoir une meilleure vue sur son mini short étaient ravis, donc il y avait un public pour ça. Nightmare cumule des défauts que je trouve à pas mal de « groupes à chanteuses », disons que ce n’est pas plus mon truc que ça. J’ai davantage apprécié les interactions entre les guitaristes (dont un faisant également partie du groupe Acod) et le bassiste, qui semblaient plus complices, et dans l’ensemble le set pouvait vraiment satisfaire les fans de power, et l’ambiance était plutôt sympa dans la fosse, même si pour ma part il m’a paru un peu répétitif.

Je suis allée faire un tour pour me restaurer et me dégourdir les jambes le long de l’allée de séquoias du parc de Villeroy, et suis revenue pour une partie du set de Negative Concept sur la petite scène, pour une bonne tranche de sludge black blues doom stoner (rien que ça). Sans grande surprise c’était bien lourd, bien lent, bien fat, avec ce qu’il faut de distorsions et passages un peu bourrins. L’attitude des musiciens était cool, ils semblaient s’amuser et leur bonne humeur était communicative, les lumières dans les turquoises et violets superbes et psychédéliques, c’était une chouette surprise que ce concert solide en assez petit comité au crépuscule. À réécouter !

Retour devant la Main Stage pour le concert que j’attendais le plus en ce dimanche, celui des géants du death metal mélodique suédois, Dark Tranquillity. Le groupe prend place devant un immense backdrop au visuel de leur dernier album « Moment » qui occupe tout le fond de scène d’une façon très décorative. Je n’avais jamais eu l’opportunité de voir le groupe sur scène, et j’ai rapidement réalisé que je ne savais même pas du tout à quoi ressemblaient les membres du groupe : j’ai eu cette prise de conscience en voyant débouler le chanteur Mikael Stanne, aux allures de feu follet gracieux et facétieux, virevoltant de façon fluide et multipliant les grimaces et mimiques. J’ai passé les dix premières minutes du concert à la fois sidérée et enthousiaste face au décalage immense que j’observais entre le son que je connaissais de Dark Tranquillity et l’incarnation scénique de leur frontman, et cela m’a rendue encore plus fan ! Petit changement de line up récemment avec un nouveau batteur et un nouveau bassiste, mais qui semblent désormais bien intégrés au groupe, et qui fonctionne parfaitement. Le chanteur était le membre du groupe qui allait le plus chercher et jouer avec le public, mais les autres musiciens n’étaient pas en reste et multipliaient les poses, les headbangs et les interactions entre eux. Le public de Mennecy était très réceptif et l’ambiance était vraiment chaleureuse, l’on ressentait une communion entre le groupe et les spectateurs, et inutile de dire que les slams et pogos allaient bon train, et que l’équipe de sécurité présente dans le pit photo n’a pas chômé ! Un grand moment.

Dernière halte du fest devant la Eye Stage pour jeter un œil au set du groupe parisien de thrash Unscarred, dont j’avais déjà pu apprécier l’énergie bondissante lors d’une édition du Napalm Fest. Je pense n’avoir pas été en mesure d’apprécier le concert à sa juste valeur car je commençais à ce stade du festival à en avoir plein les oreilles et les pattes (sans parler de la carte SD), aussi après avoir assisté à quelques chansons devant je suis allée observer le show un peu en retrait pour faire une pause. Toujours est-il que l’on peut dire que le groupe envoie, le chanteur se démène, s’agite dans tous les sens, ponctuant le tout de petits coucous adressés à sa fille, au premier rang, c’était chou. Je ne suis pas la personne la mieux placée pour savourer le style de metal mais les fans de thrash étaient au rendez-vous.

Last but not least sur la Main Stage pour clôturer ce Mennecy Metal Fest, le folk metal finlandais du groupe Ensiferum, qui a rassemblé les foules ! Au rythme des hymnes épico-vikingo-power qui se succédaient les spectateurs ont enchaîné les pogos, slams, mosh pits, circle pits, walls of death ; toute l’énergie qu’ils avaient encore en réserve y est passée ! Depuis le pit photo l’on voyait des gens nous arriver dessus par les airs comme sur un tapis roulant, cela n’arrêtait pas – encore une fois big up aux gars de la sécu qui ont réceptionné tout ce monde en mode gros câlin pendant tout le concert. Ce style de metal folk est un peu trop « fête au village » pour moi donc j’ai assez rapidement eu ma dose, mais il est indéniable que ce fut le défouloir tant attendu par bon nombre de personnes, et un moment joyeux et bon enfant pour tout le monde, que l’on soit friand ou sans plus de la musique du groupe finlandais. Un concert ad hoc pour terminer ce fest sur une note chaleureuse quoi qu’il en soit !

 
Critique : Elise Diederich
Date : 31/10/2021
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