Live Report

TYRANT FEST 2022 - JOUR 2 - 13/11/2022

 
Le deuxième jour du Tyrant Fest démarre de la meilleure des manières possibles avec Bliss of Flesh, l’un des groupes régionaux de la programmation puisqu’ils nous viennent de Calais. Le combo a sorti plusieurs très bons albums chez l’excellent label Listenable Records. Live c’est encore meilleur. Du black classique avec des lights magnifiques et une cérémonie païenne digne de Seth. Très bon musicalement et excellent visuellement Bliss Of Flesh nous enchante.
Autre groupe régional de la programmation Sunstare joue dans la petite salle surbondée pour l’occasion. Les Lillois sont parmi ce qui peut se faire de mieux dans l’Hexagone et même dans l’Europe en matière de post-metal. Leur dernier album en date « Ziusudra » sorti chez Source Atone cette année est un pur chef d’œuvre et live le groupe semble comme possédé par le démon. Un must.

Belenos est sans conteste l’un des plus grands groupes black français qui soit. Loic Cellier a fondé le combo il y a presque trente ans maintenant et de « Notre amour éternel » en 1996 à « Argoat » en 2019 toutes les productions du groupe ne sont que merveilles. Devenu culte depuis longtemps Belenos n’a pas peut-être pas encore rencontré les faveurs d’un public plus large que son statut et sa qualité ne mériteraient. Car leur set est tout simplement magistral. D’une beauté à couper le souffle. Tout ce que l’on aime dans le black est là : la puissance mais aussi l’émotion, le souffle épique et l’inventivité. Le concert est superbe de bout en bout et s’avère peut-être comme le meilleur show de tout le festival.

Les Belges de Serpents Oath remplacent au pied levé l’excellent groupe lituanien Au-Dessus que l’on aurait bien aimé voir live. On est un peu déçu de ne pas les voir car Au-dessus est parmi ce qui se fait de meilleur en matière de post-metal mais Serpents Oath est aussi un très bon groupe. Leur black assez classique dans la lignée d’un Watain mérite le détour et c’est en plus visuellement très beau.
On rate malheureusement le set des Lillois de Hats Harn. Les Nordistes font partie des meilleurs groupes black en France et la seule erreur de la programmation, par ailleurs parfaite, a été de les faire jouer dans la petite salle, inaccessible car surbondée et archi complète ce qui est bien normal pour un groupe d’une telle qualité. Rien que la queue pour accéder au concert permettrait de remplir une autre salle.

Les Italiens de Messa sont le seul groupe non black de la journée. Face à un public amateur de metal extrême on a un peu peur pour eux mais le combo s’en sort à merveille et arrive même à conquérir un public que l’on aurait imaginé moins réceptif. Il faut bien avouer que la musique des Italiens pourrait charmer n’importe quelle audience. En seulement trois albums Messa est devenu une référence dans la scène doom européenne. Purement doom à leurs débuts, le quatuor a depuis évolué vers un son entre doom, rock et hard-rock classique. Messa possède en ses rangs un guitariste virtuose (on pense à Jimmy Page en l’écoutant), une chanteuse charismatique et pour couronner le tout une section rythmique digne de Jones-Bonham. Messa est un groupe qui tourne énormément et cela s’entend : mois après mois le combo déjà très bon à la base devient excellent. On a incontestablement un futur très très grand devant nous.

Les Belges de Enthroned ont près de trente ans d’existence et sont devenus au fil des ans une référence du black international. A l’écoute de leur set on comprend aisément pourquoi : c’est dévastateur et surpuissant au possible. Leur dernier album « Cold Black Suns » sorti chez Season of Mist est peut-être le meilleur de toute leur carrière. Live on dirait Attila dévalant sur les plaines européennes. L’un des grands moments avec Messa et Belenos de la journée.
On termine par les Autrichiens de Belphegor qui nous offrent un black/death peut-être un peu trop classique et scolaire tant musicalement que visuellement mais néanmoins efficace.
Ainsi se termine cette deuxième journée d’un festival qui aura rempli toutes ces promesses.
 
Critique : Pierre Arnaud
Date : 13/11/2022
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