Live Report

MENNECY METAL FEST 2023 - JOUR 2 - 9/9/2023

 
J’arrivais malheureusement trop tard en cette deuxième journée du Mennecy Metal Fest pour le concert de l’excellent groupe prog Empire. Je ne manquais en revanche pas celui de Lead to Fall groupe originaire de l’Essonne (on saluera au passage l’organisation pour cette volonté affichée de programmer des groupes émergents et locaux). Cette toute jeune formation (un peu plus d’un an d’existence) a déjà sorti depuis sa création trois singles. Sur scène Lead to Fall montre déjà une vraie maturité pour un si jeune groupe. Le combo délivre un très bon metal-core. On s’étonne presque d’entendre des garçons aussi jeunes nous offrir un metal-core proche de ce qu’il était à l’origine avec une influence hard-core évidente. Le genre est devenu avec le temps trop pop et mainstream. Lead to Fall renoue avec l’essence du metal-core et cela fait incontestablement plaisir à entendre. Un groupe prometteur.

Le genre fusion a un peu du plomb dans l’aile depuis un certain nombre d’années mais Moneykin qui suit montre qu’il est peut-être l’avenir du genre. Entre Limp Bizkit et Rage Against the Machine Moneykin est une mécanique bien huilée. Les compos sont solides, le groupe a le sens de la scène et de la fête et leurs danseurs hip-hop apportent un vrai plus au projet. Une belle découverte.
Les Ariégeois de Worselder existent depuis maintenant une quinzaine d’années. Cette formation a sorti en début d’année un très bon nouvel album « Redshift ». Worselder évolue dans un registre assez thrash mais ce qui est intéressant avec eux c’est qu’ils ne sont pas passéistes pour autant. Leur thrash est moderne et comporte nombre d’éléments n’appartenant pas au genre. Une sorte de fusion entre le thrash et un metal plus moderne Worselder a pas mal d’atouts dans son sac et offre un set très intéressant.
On est très heureux de retrouver ensuite les excellents australiens d’Electric Mary. Ce groupe, pour ceux qui ne les connaissent pas encore sonne comme un mélange d’AC/DC et de Black Sabbath. Du bon hard-rock classique super bien foutu avec un chanteur charismatique en la personne de Rusty. Electric Mary n’est pas là pour révolutionner le rock mais pour faire perdurer l’esprit du bon vieux hard-rock 70’s. Et dans le genre ils sont parmi ce qui peut se faire de mieux.

The Mercury Riots qui suivent jouent eux aussi un hard-rock classique. Le groupe de LA nous donne un concert très classic rock bien fun et survitaminé.
Tribute to Thrash est né il y a quelques mois avec l’envie pour Stef Buriez de Loudblast et de ses acolytes : Alexandre Colin-Tocquaine ex Agressor, Nicklaus Bergen ex Altered Beast et Fabien Cortiana ex Evil One de rendre hommage aux maitres du genre. On avait déjà eu un aperçu de la qualité du projet lors du Celebration to Metallica en mai dernier. Cet après-midi on se prend une encore plus grosse claque. Le groupe nous balance des versions monstrueuses de « Black Magic » de Slayer, de « Hit the lights » et « Jump in the Fire » de Metallica. Quant à celles de « Nuclear War » de Nuclear Assault et de « Pounding metal » d’Exciter elles sont encore plus dévastatrices que les originales. Un moment de pur fun.
Les parisiens de Sticky Boys sont dans un tout autre registre tout aussi fun avec leur hard rock’n’roll. Du hard, du glam et du punk tout ça suinte à fond les 70’s.
Akiavel délivre ensuite un set de grande tenue qui montre que ce groupe monte en puissance année après année. C’est surpuissant au possible et scéniquement très fort. Akiavel va devenir à coup sûr l’un des plus gros groupes metal français. On sent à chacun de leurs concerts un lien encore plus fort qui se crée entre le groupe et ses fans.
On découvre ensuite avec plaisir les ukraino-polonais de Karpathian Relict signé sur l’excellent label Musik Ö Eye. Le groupe évolue dans un registre tech/death. J’avoue n’être pas un grand fan du genre et le fait que je trouve leur set excellent montre que ce combo a un truc en plus. Contrairement à la plupart des groupes tech/death chez Karpathian Relict la technique n’est pas là pour se la jouer. Elle est en permanence au service de la musique et uniquement de la musique. Karpathian Relict n’est par ailleurs pas un pur groupe tech/death. Leur musique puise également dans le heavy, le thrash et le black-metal. Cela donne ainsi à ce groupe une saveur toute particulière.

Black Bomb A donne ensuite l’un des concerts les plus joyeux et positif de tout le festival. La fusion dans toute sa splendeur et un engagement politique nécessaire et devenu malheureusement trop rare. Et cerise sur le gâteau : une géniale reprise du célèbre « Beds are burning » de Midnight Oil. Un vrai et grand moment de partage.
Master nous offre ensuite l’un des meilleurs shows de la journée. Ce groupe considéré comme l’un des créateurs du death-metal est culte depuis bien longtemps mais n’a jamais obtenu pour des raisons que l’on ignore la notoriété qu’il aurait mérité. Peut-être cela vient-il du fait que le death que joue Master est assez crade, loin du death aseptisé que l’on entend désormais. Il y a un côté sombre et glauque dans la musique de ce combo qui en fait toute la saveur. On passe un moment exceptionnel en leur compagnie.

Et on conclut cette soirée en beauté avec les maitres suédois du death mélodique At The Gates. Le groupe nous offre d’abord plusieurs titres de leurs derniers albums : « At War with reality », « Spectre of Extinction », « To drink from the night itself » avant de nous jouer dans son intégralité ce chef d’œuvre du death melo qu’est « Slaughter of the soul » qui près de trente ans après sa sortie n’a pas pris une ride. Un grand moment, fort en émotions.
 
Critique : Pierre Arnaud
Date : 9/9/2023
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