Chronique
VOODOO SKIN - VOODOO SKIN / Autoproduction 2019

Parce que, oui je l’écoute en dilettante depuis février (un peu avant en fait) et jusque là j’avais pas ressenti d’urgence. Alors que les mecs méritent qu’on parle d’eux, et comme tout groupe qui a mis sa sueur son sang sa vie dans un projet, mérite qu’on remarque l’effort car oui, il y en a un et un vrai. Minute franchise, je n’arrivais pas à renter dedans. Mais j’y retournais quand même. C’est plutôt bon signe en fait. Ce n’est pas un album évident alors que pourtant c’est du vrai bon rock classique, plutôt à l’anglaise, avec un vrai chanteur qui a une vraie voix mais n’en fait pas des caisses, des zicos qui sentent bon les routiers pros qui ont pris le temps de réfléchir plus loin que leurs douze barres. On a l’illusion de l’évidence en l’écoutant la première fois, mais pas forcément l’étincelle du truc qui t’arrive en plein poire en te faisant dire « je l’attendais ». Non je l’attendais pas celui-là, j’en avais pas besoin non plus mais quand je vais au resto j’ai pas besoin d’un tartare et pourtant j’en prends quand même et comme je prends quasi toujours la même chose je suis super critique. Fin de la métaphore bouffe. Ces mecs font un truc que j’adore parce que comme eux j’ai grandi avec (on a sensiblement le même âge) et ça fait partie de mon ADN (sauf que je serais bien infoutu de le jouer même au dixième comme eux). Et plus je l’écoute cet album plus je me dis que la seule chose qui me gêne c’est d’entendre un très bon chanteur chercher sa voix de tête en se tirant sur les cordes vocales alors qu’il a plus le timbre de David Coverdale que celui de Glenn Hughes (même pas en rêve mec mais c’est mieux, le suraigu ça fait mal aux oreilles et de toute façon t’as une voix de garçon donc pas la peine). Traduction : je sais pas si ça vous le fait, mais quand j’entends un chanteur tirer sur sa voix, j’ai mal pour lui. Le mec a la technique pour le faire certes, mais bon, détail. Et c’est sûrement le seul truc qui me pose toujours problème, car plus j’écoute la partition plus je trouve ça malin, lettré, futé, réfléchi et subtil tout en restant efficace.
Bref, y’ a des gens tu aimes pas tout de suite, mais tu ne les respectes que plus après avoir fait le chemin de leur laisser une chance. J’attends donc désormais de les découvrir en live, ils ont pas mal de dates et c’est mérité.
Critique : Thomas Enault
Note : 7/10
Site du groupe : Page Facebook du groupe
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