Chronique
UADA - DJINN / Eisenwald Record 2020

Démarrage rapide et aigu avec quelques touches death pour le quatrième titre In the Abscence of Matter, qui font place à un chant assez martial, avant de s’estomper au profit d’une mélodie aux influences celtiques, avant un ralentissement net pour laisser de nouveau le champ libre aux voix. Le rythme est très changeant sur ce titre riche, ainsi que les ambiances, percussions tribales, râle cathartique, guitare lancinante, beaucoup d’éléments se mêlent en formant un tout cohérent. Atmosphère un peu magique avec des sons distordus et intrigants sur le morceau suivant, Forestless, puis déclinés avec de plus en plus d’intensité jusqu’à perdre totalement l’effet éthéré. Le titre perd un peu en originalité par la suite car le chant ne se démarque pas vraiment de ce qui a déjà été entendu sur les morceaux précédents, d’autant que le chanteur reste dans un registre growlé à la tessiture assez restreinte. J’ai un peu moins adhéré à ce titre, peut-être justement en comparaison avec son intro qui était si singulière et inventive. Le sixième et dernier morceau, « Between two Worlds », dure un quart d’heure, et instaure tout d’abord une atmosphère mystérieuse et rituelle, faite de tension et de voix basses, qui s’évapore totalement lorsqu’entrent en scène les guitares, suivies par un martèlement de batterie. Ce qui à mon sens faisait la force de UADA au début de l’album commence à s’essouffler car la formule n’est pas assez renouvelée, et qu’au bout de 50 minutes la musique commence à avoir moins d’impact. Le petit changement de tonalité vers le milieu du titre qui le rend encore plus sombre renforce quand même sa puissance inéluctable et tranquille, avant une fin sur une belle démonstration de virtuosité instrumentale au contraire beaucoup plus légère, flirtant avec des sonorités hard rock dans la guitare. La toute fin se fait sur une émanation stridente de créature horrifique, afin de clore en tout logique le chapitre du Djinn.
Hormis quelques petites longueurs vers la fin Djinn est un très bon album de UADA, qui aurait pu être un peu plus incisif amputé de quelques minutes par ci par là, mais qui reste
néanmoins très savoureux, joliment composé, et riche d’influences diverses qui se complètent harmonieusement.
Critique : Elise Diederich
Note : 7.5/10
Site du groupe : Page Facebook du groupe
Vues : 83519 fois