Live Report
TWIN TEMPLE - Backstage By The Mill - Paris - 10/4/2019

Oui ça se joue à trois niveaux de lecture Twin Temple. Un, vous fermez les yeux et vous avec des bons musiciens qui pourraient tout à fait postuler pour le énième remake d’une nuit en enfer. Deux, un groupe au décorum et au message sataniste certes un peu carton mais voulu comme tel, on pense parfois à Amy Winehouse car la fille au chant est brune et a une approche soul retro de la musique mais au fond elle ressemble aussi à Janice dans Friends et dans les deux cas c’est injuste de la réduire à ça. On sent que le concept est plus là pour habiller la comm’ mais au fond, Marylin Manson a fait exactement pareil, le féminisme en moins, donc on va leur pardonner et avancer. Le troisième point, qui est pour moi le plus intéressant et qui laisse présager un avenir passionnant, c’est une phrase croisée sur un de leur T-shirt au merch, rappelant que les sorcières étaient les premières féministes. Et ça même si c’est une évidence qui peut sembler sommaire et qu’ils n’ont certes pas inventée, ça reste un crédo qui me fait me dire qu’au-delà de la très bonne musique désuète ringarde mais charmante, ce groupe a de l’avenir (même si au présent ça reste encore un concept balbutiant à suivre qu’à embrasser comme une chose finie). Des groupes avec un discours féministe décalé capable de plaire en jouant la provoc’ soft vous en connaissez beaucoup vous ? Alors certes, j’avoue au bout de la 3ème incantation on a un peu envie d’écouter plus de musique et moins de messe noire (d’autant que c’est pas Béhémoth en live donc y’a pas besoin de faire des pauses pour respirer quand on joue la partoche).
A ce stade, je dirais que l’idée est bonne, la musique aussi, la voix interpelle mais que le show manque d’un truc, de la surprise par exemple. Au bout de 14 minutes de concert on sent qu’il ne se passera rien de neuf et que tout va s’enchainer sans heurt ni surprise. Bon il y en aura quand même une puisque le groupe choisira d’inviter une volontaire pour la « baptiser » à sa façon comme femme libre (je résume j’avoue que c’était rigolo à voir mais pas non plus le moment le plus palpitant en terme d’action, mais oui voilà, y a de l’idée) et j’avoue j’irai voir le prochain concert car à mon sens ça demande à matûrer et là je reste mitigé alors que le potentiel est énorme, les ingrédients sont bons, la sauce mérite vraiment de s’affirmer. Un groupe à écouter donc, à regarder grandir, un groupe qui même s’il n’est pas à proprement parler Metal a quand même sa place ici, juste parce qu’il n’y a pas beaucoup de cases existantes pour ces Californiens qui essayent d’être en dehors et dans les modes en même temps. Rien que pour ce pari un peu schyzo, j’adhère.
Critique : Thomas Enault
Date : 10/4/2019
Date : 10/4/2019
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