Chronique

KRYPTERIA - MY FATAL KISS / Roadrunner Records 2010

Mesdames et Messieurs, bien le bonjour. Aujourd’hui, un combo fort peu commun : des casques à pointe avec une chanteuse coréenne. Ca calme, hein. Bon, je la suppose allemande d’origine coréenne sinon, allez comprendre vous ! KRYPTERIA nous sort leur cinquième album MY FATAL KISS. Le concept original du groupe était de faire tourner des chanteuses (n’y pensez même pas). Sauf qu’ils ont trouvé la perle rare Ji-In Choet depuis ils en démordent plus. Normal. Et le fait qu’elle soit belle ne va certainement pas porter atteinte à la dame. Pour anecdote, le groupe a composé l’hymne national coréen pour la dernière coupe du monde de foot. Faut le vivre, ça. Un groupe de métal qui compose un hymne ! C’est la fin du monde, messieurs-dames.

IGNITION. Bonne entame de match avec un gros son pour cette intro. Et tout surtout, des petites feintes rythmiques qui nous rappellent la grande époque des métalleux joueurs qui nous plantaient des clins d’œil pour le plus grand plaisir des zykos en herbe ou confirmés. Des chœurs grégoriens viennent donner un côté majestueux à cette composition qui s’avère un peu plate dans les couplets un peu trop « métal féminin » à mon goût.
MY FATAL KISS. Re grosse intro. Un morceau plus rock, plus heavy, moins variétoche. Un refrain hyper accrocheur même s’il débarque un peu trop vite dans le morceau. Chanson éponyme et tube incontestable.
WHY DID YOU STOP THE WORLD FROM TURNING ? That’s the question. Arrive le premier morceau mélancolicodramatique low tempo (passage obligé dans la tradition métal féminin). Attention, notre attention est captée tout entière lorsqu’arrive le refrain avec sa ligne très chantante de la petite dame coréenne. LE bon point du morceau.
FOR YOU, I’LL BRING THE DEVIL DOWN. Ce ne sont pas des titres mais des poèmes en fait. Ca nous change de SYSTEM et des titres monovocables. Ca sent la graine de tube dès l’intro. Le refrain confirme avec des chœurs une fois de plus magistraux qui appuie la voix fluette de Ji-In magnifiquement. Le reste du morceau suit son cours.
THE FREAK IN ME. La composition certainement la plus riche jusque là. Des jeux vocaux sublimes, un travail monstrueux des harmonies. Un gros morceau de mélodie.
NEVER SAY DIE. Un très bon morceau mid tempo avec encore un refrain très travaillé. Un tube de plus dans l’escarcelle.
DYING TO LOVE. Un morceau plein d’idées mélodiques très prenantes dont je ne saisis pas très bien la logique des enchaînements. Construit dans la lignée des autres tubes, je le trouve un cran inférieur au reste.
SHOOT ME. AH ! ENFIN ! Du gros patator. Ca pousse au cul. Toujours aussi chantant mais une grosse bouffée d’air pour l’album.
GOD, I NEED SOMEONE. Le deuxième gros morceau mélancolicodramatique low tempo. Même structure, mêmes idées à peu de choses près. Mais un morceau efficace. Force est de constater que le chant y contribue fortement.
NOW. C’est le générique de TELEFOOT. Je plaisante. Un bon morceau aux ambiances métal – new wave. Un refrain avec toujours autant de majesté. Ils ont le sens du tube et du refrain qui va rester gravé. C’est indéniable. HEADFIRST INTO A SEA OF FLAMES. Un bon morceau heavy. Basique mais efficace. Manque un petit quelque chose mais le style veut ça. Soyons ouverts.
TOO LATE, GAME OVER AND GOOD BYE. On finit sur un vieux low tempo puissant avec une voix mâle qui vient répondre à Ji-In. Sans distortion, on tape dans le Roméo et Juliette. Mais sérieusement, le morceau est prenant. Les mélodies sont emplies de spleen. Une deuxième voix écorchée vive qui complète celle de JI-In à merveille. Une belle conclusion pour cet album.

Pour clôturer le débat, j’aimerai préciser une chose. Mes critiques ponctuelles quant au métal féminin n’ont rien à voir avec un machisme latent. Simplement que cette musique faisant la part belle à nos chanteuses adorées, la musique d’ailleurs ne permet pas forcément une grande expression du reste du groupe. Ce que je reprocherai également à cet opus. Ensuite, en critiquant objectivement, l’album est vraiment de qualité. Des refrains tous aussi beaux les uns que les autres. Un son magnifiquement travaillé. Et LE bon point, les chants grégoriens qui donnent une dimension exceptionnelle à la voix et aux lignes de la dame Ji-In. Juste en fond le regret d’un manque d’inspiration du reste de la bande. Mais elle est jolie, c’te coréenne, la galanterie allemande est réputée. Donc on leur pardonnera. Un album à écouter et que vous retiendrez sans aucun effort. Un très bon produit.
 
Critique : Burno
Note : 7/10
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