Chronique

KATATONIA - DEAD END KINGS / Peaceville Records 2012

Un vautour à l’agonie qui surplombe une forêt traversée par des pilonnes brulants sous la chaleur ardente (ou pas) d’un soleil noir. Une vision monochromatique qui nous rappelle qu’après 20 ans de carrière, Katatonia fait toujours du doom metal, et du bon !

Une fois de plus, les suédois ne nous enfoncent pas directement dans leur espace onirique. « The Parting » ouvre l’album sur un riff puissant et épais, mais pas ample attention, pas le truc qui semble prendre de la place mais un son grave et concentré. La touche progressive de ce groupe suédois. Les couplets seront ensuite centrés sur le piano, le violon et la guitare acoustique. Ce qui va rendre ce morceau vivant et prenant, c’est la montée en puissance de la seconde partie, progressive, pour rester accrocher à la musique et à la poésie, on est même aidé par une mélodie à la guitare électrique pour finir sur un bouquet final, sur le thème du riff d’entrée, sublime.

Katatonia cherche ensuite l’hypnose à travers « The one you are looking for is not here ». Riff discret et répétitif, voix féminines et chœurs doux pour appuyer le chant, seul acteur de cette poésie. Trop simpliste, limite ennuyeux mais suffisant pour nous plonger dans la suite, l’union de cette atmosphère déprimante et agressive voir même une certaine forme de joie et d’énergie. Particulièrement palpable sur « The Racing Heart ».

Malgré tout les morceaux ont une dominante doom du fait de la voix toujours claire. Pour décrocher la tête de l’oreiller, « Buildings » sort les gros riffs, plus amples, plus puissants, lourds comme du Rammstein s’il fallait tenir la comparaison. Le chant dévie également dans les notes ce qui fait une très bonne rupture de style et donne un second souffle pour la suite. « Undo You » aura d’ailleurs le même objectif plus tard mais en posant une atmosphère beaucoup plus calme sur un balade portée par un arpège à la guitare, simple mais efficace.

« Lethean » suit pour aborder une phase beaucoup plus progressive de l’album. Ici un solo noir et ténébreux va littéralement sublimer le mélange entre les sonorités doom et le métal puissant. Couple qui meurt ensemble, contrairement au thème de ce titre. « Dead Letters » clôture l’album et sera de loin le morceau qui sonne le plus progressif et le plus agressif. La montée en puissance est jouissive, la chute des plus surprenante, une réelle façon de simuler un orgasme en musique.

« Dead End Kings » est certainement le meilleur album doom-metal de l’année. Il n’y a pas d’autres termes pour le qualifier. Je veux bien attendre encore 3 ans pour me voir servir une autre bombe de ce genre !


Tracklist : The parting / The one you are looking for is not here / Hypnone / The racing heart / Buildings / Leech / Ambitions / Undo you / Lethean / First Prayer / Dead Letters
 
Critique : Weska
Note : 10/10
Site du groupe : Site de Katatonia
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