Chronique

AUTOPSY - THE HEADLESS RITUAL / Peaceville records 2013

Dans la catégorie groupe mythique du Death Metal, il y a Autopsy. Mené par le batteur/chanteur Chris Reifert depuis 1987, les californiens ont connu l’apogée de ce registre avant de faire une pause qui aura durée 10 ans. Après avoir sorti Macabre Eternal en 2011, ils rempilent avec The Headless Ritual.

Autopsy pratique le Death Metal de la première heure, celui dont Chris Reifert s’est fait pionnier en écrivant les premières lignes du groupe Death. Nous sommes donc loin du grunt ultra grave, de la double pédale et des blasts beats à tire-larigot. Ce qui va dominer ici, c’est une variation de tempo, de lent à rapide, mélangeant les influences du Trash Metal et du Punk Hardcore. Moi qui maîtrise peu cette base, je peux vous citer les Sepultura avant-pendant la période Chaos-AD.

L’approche du premier morceau "Slaughter at beast house" décrit assez bien ce registre musical, avec un thème principal certes très cliché Death Metal, mais on y retrouve très vite les influences du trash avant de rentrer dans une rythmique bonne pour pogoter, avec une batterie style punk. Pourtant, le tempo va considérablement se ralentir sur une base de riff bien lourd et bien crade jusqu’à ce que la guitare solo fasse son apparition. Le vrai death est ici, dans cette touche malsaine. Pour enfoncer le clou, une conclusion dans un tempo ultra-rapide avec un solo de guitare qui l’est tout autant et qui nous rapproche de Slayer. Bilan : 6:33 qui retournent le cerveau.

Côté production, nous sommes sur quelque chose d’assez minimaliste et organique. C’est le son qu’on aimerait tous avoir dans son garage, le son de l’underground. On l’entend encore mieux sur "Mangled far below" aux sonorités très trash-punk et aux riffs simples. En contre-partie, les guitares additionnelles semblent se superposer à la musique et non pas s’y intégrer ce qui est assez dommage. La voix n’a rien de particulier, semble même être celle du premier métalleux-lambda que vous prendriez dans la rue (en France, faut marcher un moment)… mais en fait, c’est ce qui en fait tout son charme dans un grain presque stoner. Elle n’est pas surfaite, elle est à l’échelle de la vraie capacité de Chris Reifert.

La suite de l’album s’enchaîne avec diverses nuances tantôt atmosphérique, notamment l’excellentissime She is a funeral, ou plus vocal et mélodique, avec un riff d’entrée de "Coffin Crawlers" tout simplement terrifiant. La pause que marque Thorns and Ashes est assez très bien trouvé bien que musicalement pas exceptionnelle. Une très bonne mélodie avec un râle guttural très bien dosé qui permet d’enchainer sur "Arch cadaver" qui finira par enfin accélérer le rythme et donnera de la puissance à l’impression de routine qui s’était accumulé sur les précédents morceaux. Il est suivi plus loin de "Running from the goathead", plus moderne dans l’approche, plus agressif, plus puissant. Bref, un putain de morceau de Death à l’ancienne !

La conclusion est instrumentale est assez perchée. Entre metal de film d’horreur et stoner d’alcolique.

Le bilan final n’est pas mauvais. Autopsy n’exgère pas sur le cliché du Death Metal et propose quelque chose d’un peu plus travaillé que du bourrinage intensif, en jouant en particulier sur le côté lugubre et morbide des phases plus lentes. Un point qui leur vaut d’être bien plus intéressant que beaucoup de leur contemporain enfermé dans le royaume du blast beat et du mauvais goût.

Tracklisting :

1) Slaughter at beast house
2) Mangled far below
3) She is a funeral
4) Coffin Crawlers
5) When hammer meets bone
6) Thorns and ashes
7) Arch cadaver
8) Flesh turn to dust
9) Running from the goathead
10) The headless ritual
 
Critique : Weska
Note : 7.5/10
Site du groupe : page facebook du groupe
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