Chronique

OPUS DORIA - THE COMPASS ROSE / Auto Production 2016

Rapidement mais sûrement… non ça veut rien dire. OPUS DORIA a rapidement mûri. Ouais c’est mieux ça ! Donc le groupe aquitain, mené par la claviériste de talent, également auteur compositrice, Laura Nicogossian, semble pris d’une folle ambition avec leur toute nouvelle œuvre, « The Compass Rose ». J’insiste bien sur « oeuvre » car cela en est une à plus d’un titre. C’est d’ailleurs pour moi assez difficile de mettre mon ressenti sur papier… Mais je vais essayer.

Tout d’abord, en rappel, le groupe, classé métal symphonique, s’éloigne un peu de ce champ réducteur. En effet le groupe ne ressemble à aucun autre. La culture et maîtrise de la musique classique de Laura et ses alliées font que le côté métal est au second plan. Ici on a de la Musique.
L’introduction « A Road To Infinity » est un bon exemple.
Sur « Enigma », la distorsion fait son apparition. Les orchestrations et le piano sont très mélodieux et envoûtant. Le rythme du morceaux est parfaitement maîtrisé et la production (Merci Notilus Studio) au poil. Seul point légèrement négatif, comme sur « Frozen Flame » et « Dansing Sun »qui seront des morceaux plus métal, plus abordable à ceux qui aime la guitare, sera certains passages chantés par Christel Lindstat.
Alors attention cela mérite une explication !!! Elle chante très bien. C’est un fait indéniable. Fou est celui qui en doutera. Mais je la sens moins à l’aise que sur des morceaux comme « The Mask We Left Behind », magnifique balade, envoûtante, qui m’a presque arraché une larme. Il faut savoir que l’œuvre est composée pour la plupart de morceau instrumentaux. « Fire Horses », outre ses orchestrations puissantes et poignantes me faisant penser au Moyen Orient, montre tout le talent de cette grande chanteuse. Et franchement y’a du niveau. A tous les amateurs de métal symphonique vous connaissez Tarja, l’ex-chanteuse de Nightwish ? Ben mieux !! Un coffre et une chaleur dans cette voix… ça vous prend aux tripes et ça véhicule énormément d’émotions, tout comme la musique de Laura. Le morceau « Star’s Reflection on the Wave » est une beauté mélancolique. Je saurais pas vous dire précisément quels instruments sont en jeu mais c’est apaisant. Et là allongé avec une lumière tamisée et un bon whisky ça passe touuuuuttttt seul.

Bon là je deviens un peu sentimental mais attention, le public amoureux de musique et de puissance ne sera pas en reste ! « Ghost Odyssey » et son intro jouée à la cornemuse irlandaise est parfaite !!! ça ferait palir des groupes de folk !! Même mon Tuomas Holopainen que je vénère pourrait s’en inspirer ! Le reste du morceau est changeant, imprévisible, comme le voyage de notre cher navigateur. Et là encore, la justesse de la composition et la production me transporte. Et c’est là le tour de force de cette œuvre… VOUS êtes vraiment ce navigateur. Voguant à travers des musicalités de divers horizons, changeant, au rythme de la musique. Mon Dieu que j’aime ce morceau… Merci Laura.
Merci aussi pour « Scheol »  (oui j’aime les morceaux qui ont de la patate!!). L’orchestration de ce morceau est juste dantesque, surtout après une montée délicate, c’était inattendu et bienvenue ! Et Christel vous envoûtera encore une fois de sa voix chaleureuse. Une leçon de chant et aussi de six, euh non sept cordes. Oui Roman taquine et là il tient bien à vous le montrer.

« Ethereal Textures » et « Heavenly Crossroads » , plus apaisants, seront une leçon de musique et de composition. En écoutant ces morceaux vous aurez très souvent l’impression d’écouter une BO de film, chacun trouvera les images en soi pour compléter ce que la musique vous dicte.
Je finirai avec le morceau de mes origines, mais aussi celles de Laura avec « Tierra Di Sangre », avec ses trompettes et guitares espagnoles, ça sent bon l’Espagne ! Sûrement le morceau le plus à part de l’album d’ailleurs.
Le titre éponyme est, à la manière d’ »Imaginaerum » de Nightwish sera un résumé du périple et des thèmes abordés, tout en les déclinant subtilement. Une très belle façon de finir cette œuvre, surtout qu'on a une grosse mise en avant du piano! Allez c'est la fin on se lache!

Cette œuvre, qui se savoure, ne pourra pas forcément plaire à tout le monde. Ceux qui recherchent du gros son lourd, du brutal, passez votre chemin. Ici la Musique est mise en avant, et de façon magistrale. La maturité de la composition est indéniable. C’est un vrai voyage chargé d’émotions que nous offre ici OPUS DORIA, et je les en remercie. Les amoureux de classique, de Musique, de métal, n’hésitez pas, ça vaut le voyage.
 
Critique : SBM
Note : 9/10
Site du groupe : Site Officiel
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