Chronique

PROPHETS OF RAGE - PROPHETS OF RAGE / Fantasy Records 2017

La rentrée, c’est dur, on est bien d’accord ! Mais c’est aussi la sortie de beaucoup de pépites ! Et en voici une !!

Quand les Monstres Brad Wilk, Tim Commerford et Tom Morello (Soundgarden/Rage Against the Machine) et leur musicalité emplie de rage, rencontrent les prophètes Chuck D, accompagné de DJ Lord de Public Enemies et B-Real de Cypress Hill, ça nous donne Prophets of Rage. Un groupe au son incomparable et aux textes forts en engagés !
Comme pour beaucoup de personnes présentes à la dernière édition du Hellfest, les Prophets ont été LA CLAQUE à laquelle je ne m’attendais pas et qui non seulement a été le meilleur show du Hellfest pour moi, mais me laissera également un souvenir impérissable, tant par leurs morceaux que par leur présence scénique et leur interaction avec le public.
Bien évidemment, après une telle prestation, il me tardait de découvrir cet album !!

Les choses sérieuses débutent direct avec Radical Eyes, que le groupe a déjà mis en ligne il y a un mois. Sur les sonorités, pas de surprises, ça sonne Rage Against the Machine forcément, donc les fans de ce groupe ne peuvent pas être déçus… ça bouge, c’est entraînant ! La machine Commerford/Morello se met en place, tandis que vocalement ce duo apporte une telle puissance ! La suite s’annonce dantesque !
Durant le show du Hellfest, le groupe nous a fait découvrir le terrible Unfuck the World (pour ceux qui ont loupé ce moment, une vidéo est d’ailleurs disponible sur Youtube (puis prépare-toi à plisser les yeux pour la mater, car tu y verras de nombreux nuages de poussière voler !!)) Ca commence fort, avec une batterie qui cogne et t’annonce un morceau musclé, furieux comme le texte et ce solo hallucinant de Morello. Ils n’ont rien perdu de leu hargne, c’est une certitude !
Avec un titre comme Legalize me, je n’ai pas besoin de m’étendre sur le texte, n’est-ce pas ! Les premières notes résonnant, je bloque … ce morceau s’annonce différent … totalement groovy, voire funky ! et ça donne clairement envie de remuer ! Puis ce chant des couplets en effet mégaphone par B-Real rajoute encore plus d’originalité !

Vient le tour de Living on the 110, dont le clip est sorti depuis un mois (sur le lien Youtube de ce clip, le groupe vous invite à faire un don à l’association « WhyHunger », car oui il s’implique autant dans ses textes que dans ses actions !). Voilà un morceau des plus engagé du groupe, traitant des inégalités économiques des Etats-Unis, tout ça imagé par l’autoroute 110 de Los Angeles, longée par les tentes de centaines de sans-abris. Un texte fort donc, accompagné d’un son lourd et puissant ! Bon sinon, Morello se servant d’un archet sur sa gratte … on en parle ou pas ????
Petite interlude Hip-Hop pour le cinquième morceau Counter Offensive... ce qui te permet de te remettre de tes émotions suite à la dureté du précédent titre.

Place à Hail to the Chief. Rappelons tout d’abord que les Prophets of Rage se sont formés en réaction à la campagne électorale américaine de 2016. Sachant que Hail to the Chief est à la base une marche musicale associée aux Présidents des Etats-Unis, l’allusion à Donald Trump y est plus qu’évidente ! Comme à chacun de leurs morceaux « forts », on y sent un son franchement plus pesant, plus nerveux, voire enragé !
Retour sur un titre résolument funky avec Take me Higher. L’indissociable duo Commerford/Morello y fait des merveilles et on se rend bien compte à quel point les voix de B-Real et Chuck D se marient bien !
Lorsque débute Strenght in Numbers, je sens immédiatement que ce morceau va me plaire ! Ah oui ! Ca déboite même en fait... ce flow ! Ce refrain ! Cette puissance dégagée ! Ce morceau me transcende carrément, je n’ai pas d’autres mots pour exprimer ça ! Malheureusement 3.08… c’est trop court ! J’en voudrais encore !! bon… j’avoue… je l’ai écouté 5 fois de suite …
Au tour de Fires a shot, de son riff entêtant et de ses sons faisant penser à des sirènes hurlantes tout le long des couplets. On pourrait trouver ça trop redondant, voire lassant mais non, ça nous permettra, peut-être de nous concentrer plus sur la partie chant cette fois …

Ce super-groupe a le don pour les refrains accrocheurs et nous le prouve une fois de plus avec Who owns Who ? Ce titre est énergique, musclé, variant entre sonorités graves et aigues. C’est étonnant, mais ça fonctionne franchement bien. On nous offre, entre autres, un nouveau solo aussi détonnant que son interprète !
Pour la suite, tu auras clairement envie de bouger au rythme de leurs Hands up! répétés. Le flow y est entraînant, le son tout aussi engageant… 2.38 qui te donnent envie de remuer !
Et on termine sur Smash It, qui clôture en beauté cet opus, à l’image du reste : un chant qui envoie du lourd, un son énervé, puissant, persuasif ! Une dernière démo basse/guitare, une dernière démo du fait que le flow des rappeurs peut si bien se marier à un son bien lourd… pour un cocktail des plus détonants !!!

Conclusion : Ils sont connus, donc forcément, on en attend beaucoup… Et avec cet album, on en reçoit plus que demandé. Ils varient à la perfection entre chansons engagées et titres plus légers, afin de ne pas en faire un opus trop « lourd ». Mais avec eux, nul doute que tu as envie de sortir de chez toi, le poing en l’air, pour les rejoindre et révolutionner ce monde qui part en vrille ….
 
Critique : Anais
Note : 10/10
Site du groupe : Site du groupe
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