Chronique

ELECTRIC WIZARD - WIZARD BLOODY WIZARD / Spinefarm records 2017

Wizard bloody wizard. Un visuel brut, sur une base photo, un visuel épuré, évident même... et par conséquent pas psychédélique pour deux roubles. Un concept qui va avec un retour aux sources, mais aux sources very oldschool puisque le groupe évoque Blue Cheer et Led Zeppelin parmi ses références. Pourquoi pas ? Ce sont les groupes qu'aimaient peut-être vos père comme le mien, et les conditions sont idéales. Tout d'abord, parce que les groupes de Stoner et de Sludge pullulent. Mais pullulent vraiment. Parlez de Stoner à une réunion des Seigneurs du métal et vous retrouverez avec le contenu d'une pint de bière dans le slibard. Et puis, parce que le couple Jus Oborn et Elisabeth Buckingham possèdent désormais leur propre studio. Confinés, isolés de toute influence extérieure, les brittaniques y ont forgé avec leur nouvelle équipe ce nouveau jus de transpiration, de testostérone et de substances hétérodoxes.

Electric Wizard, c'est pour beaucoup le renouveau du Doom grâce à l'album éponyme, sorti en 1995, et surtout au cultissime Dopethrone, sorti en 2000, au visuel sataniste et psychédélique. Fidèle à ses inspirations Black Sabbath, le groupe use et abuse de la lenteur et de la lourdeur des riffs monolitiques avec l'effet de Fuzz sur les guitares, use et abuse encore des samples et des murmures pour rendre les thèmes palpables. A partir de là, comment opérer un retour aux sources et rester dans le move ?

Necromania
S'il faut un premier titre pour se mettre dedans, la piste deux Necromania capte l'attention et donne les premiers indices. L'approche est douce, et le refrain gras et catchy, avec un certain côté Marilyn Manson période Antichrist Superstar. Sauf qu'ici, il est plus question du film pornographique du même nom sorti dans les seventies. Et il est plus question d'un riff très répétitif, limite opprimant. Un parti pris discutable.

Question parti pris, il y a aussi la production orienté blues-rock, au son chaud et ample, bien plus proche de l'album éponyme qu'aucun autre album ne l'a été. Un climat propice à caler un solo psychédélique très bien ficelé. Comme annoncé, il s'agit bien d'un Blue Cheer revisité. A ce stade de l'écoute, je suis tombé sur un internaute passionnés qui m'a permis de mettre le doigt sur un point essentiel.

Hear the sirens scream
Oh vous connaissez les passionnés, ils s'enflamment pour un rien. La personne en question, totalement exaspérée de voir son groupe préféré partir en capote durex utilisée, a attiré mon attention sur Hear the sirens scream. Ce qui le choque, effectivement, c'est un riff unique qui parcourt les 8 fucking minutes 44. Ce qui me choque, depuis, c'est aussi c'est l'absence totale sur cet album du moindre sampler et donc de ce qui porte l'immersion dans l'univers du groupe.

Ce titre est donc un manifeste quant au caractère de cet album : brut, épuré, simpliste et extrêmement répétitif. Tout rapprochement avec un acte sexuel n'aurait rien d'un hasard. Toute écoute prolongé au-delà de ce titre sans l'adhésion à ce concept ne fait plus sens. Finissons-en.

Conclusion : Mitigé sur le résultat final, je reconnais qu'Electric Wizard prend un virage intelligent et prend totalement son auditoire à contre-pied. Ainsi qu'une partie de la gente doom-stoner-sludge et compagnie par la même occasion. Ce qui a fait la sève et le succès du groupe a tout simplement été balayé d'un revers de la main pour vraiment revenir aux classiques, avec une approche plus directe mais aussi plus bluesy. Wizard Bloody Wizard consomme ainsi un divorce avec ses racines Sabbath et sa fanbase, et s'émancipe dans les bras d'une curieuse dame scarifiée qui donne envie de répéter le même mouvement. Headbang.


Line-up
Jus Oborn - chant, guitare
Liz Buckingham - guitare
Clayton Burgess - basse
Simon Poole - batterie

Tracklist
01. See You In Hell
02. Necromania
03. Hear The Sirens Scream
04. The Reaper
05. Wicked Caresses
06. Mourning Of The Magicians

 
Critique : Weska
Note : 7/10
Site du groupe : Page Facebook
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