Chronique

KERA - HYSTERESIS / Autoproduction 2018

Amateurs de Death Metal Progressif : je vous présente KERA. Ce combo parisien aux influences bien marquées (Textures, Hypno5e, Dream Theater, Opeth, Meshuggah, Gojira), s'est formé en 2014. Leur premier EP sort en mars 2015 et leur permet de commencer à se faire connaître et d'organiser une tournée avec une douzaine de dates aux côtés de groupes montants de la scène Metal Française tels que Beyond the Styx, Hypno5e, Elyose, Monolyth, Mantra et bien d'autres...

C'est au mois d'avril 2017 que KERA entre en studio pour enregistrer son premier album. Ils font alors le choix très audacieux de se diriger vers un concept album abordant les thèmes de la santé mentale et de la persistance des chocs émotionnels.

Ce choix culotté pour un premier album (disons-le) va-t-il porter ses fruits ?? Et bien... la réponse est oui !

Dès les premières notes d'Ouverture, on y perçoit une mélancolie certaine, avec quelques touches d'une atmosphère étrange (grâce au lapsteel), nous prédisant une introspection des plus troublantes. Vous prendrez bien alors une petite dose de sweeping ? C'est ainsi que débute Harbinger of Doom. En alternant rythmiques lourdes et aigües, chant clair et growl, une sacrée palette nous est offerte dès le début ! Puis c'est un tempo bien plus énervé qui nous est réservé sur Silence. Avec ses passages clairs/guttural, on a l'impression d'être face à une personne souffrant de bipolarité. Ce passage acoustique laissant transparaître une infinie tristesse voire de la souffrance, qui vire ensuite à un solo agressif, rageur... cela ne fait que confirmer ce ressenti ! On plonge un peu plus dans les ténèbres sur Sanity Fails. Pas de chant clair sur ce morceau, que du sombre, du lourd, du brut ! Du Death pur et dur, sans ménagement ! C'est au tour d'Epiphany of a Lunatic. Ce morceau porte terriblement bien son nom ! Le retour du lapsteel et un délicieux solo nous donnent une atmosphère bienveillante, presque aérienne ... et là, place à un solo puissant, ampli de hargne ! Et tel un lunatic, on vogue sur une ambiance tantôt calme, tantôt franchement agressive et ce pendant plus de 7 minutes 30 ! Morceau vraiment impressionnant : tant par sa musicalité que par ce qu'il dégage ! Ne vous attendez pas à un chant de Sirens pour ce prochain morceau ! Vous aurez plutôt droit à un chant tout droit sorti d'outre-tombe, comme si le chanteur naviguait dans les profondeurs de son âme sombre... Le tout agrémenté d'un son menaçant, voilà un titre particulièrement lugubre ! L'outro de Sirens étant également l'intro de Delusion, je ne m'étais même pas rendue compte qu'il s'agissait d'une chanson différente, je réalise alors que cette sensation s'est répétée quasiment à chaque fois. Et c'est à ce moment précis que je me dis que KERA a parfaitement saisi la notion de concept album ! Revenons sur ce morceau pour nous rendre compte qu'il est vraiment la continuité du précédent, tout en nous entraînant encore un peu plus dans la noirceur. Avec son rythme plus énergique et lourd à la fois, Compos Mentis nous plonge dans une ambiance enragée ! Un cri de l'âme ! De toute façon avec un texte débutant par un "Welcome to my own Asylum", on se doutait bien qu'on ne nous conterait pas fleurette (oui, j'ai bien osé utiliser cette expression...) Et on boucle la boucle avec Silence (Slight Return), 2 minutes d'une jolie balade avant 5 minutes d'un déchaînement de colère ... Adéquation totale avec les précédents morceaux !

Conclusion : Et bien on peut dire que KERA maîtrise plutôt bien son sujet ! Musiciens de talents, originalité, textes bien écrits, bien produit : une heure passée à une vitesse saisissante ! Pour un premier album, c'est franchement pas mal !!
 
Critique : Anais
Note : 7/10
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