Chronique

IHSAHN - ÁMR / Spinefarm records 2018

La fin de l’année 2018 approche, le top 10 de nos chroniqueurs sur la page facebook des Seigneurs du métal aussi. C’est le moment où jamais de caser le septième album solo de celui qui était aux commandes du black métal d’Emperor. Plus libre à chaque pas, le norvégien continue de d’explorer des territoires inconnus dans un registre avant-garde et progressif. Ámr ne fera pas exception puisque pensé sur le plan musical comme une continuité d’Arktis. Très loin d’être une face B, ce nouvel opus réserve de sacrées surprises.

Le décor change du tout au tout. Là où Arktis montrait une échappée en solitaire dans le froid, Ámr est noir, chatoyant, plus intimiste, et place un crâne de bélier bien en évidence. Ainsi, l'album ne manquera pas de bien rentrer dans le lard avant de vous séduire avec son côté glamour, représenté par une influence assez jazz, et d'une électro rétro qui n'est pas sans rappeler le genre en synthwave en vogue dans le black métal. Ihsahn a vraiment mis le paquet sur les synthétiseurs analogiques, ce que prouvent les premières secondes Lend me the eyes of Millenia avec une boucle hypnotique très eighties.

La marque de fabrique Ihsahn
Malgré cela, le black métal sous sa mouture symphonique est bien présent dans ce premier titre. Il est lourd, direct, efficace, puis reviendra vite à des compositions progressives très marquées, digne d'Arktis, avec Arcana Imperii. C'est aussi à partir de là que s'enclenche le fil rouge de cet album à savoir l'alternance chant rugueu/chant clair. Un chant clair plus pop que jamais, avec une mise en scène un peu théâtrale qui convient pour réussir le contraste. Reste l'estocade, un solo de Fredrik Åkesson d'Opeth exécuté dans un style très power/néo-classique. C'est le seul featuring de l'album, et il valait franchement le coup !

Untrue au-delà des limites
Passé ces grands classiques, Ihsahn se lance réellement dans l'expérimentation, la palme de l'audace aurait pu revenir à Sàmr et son style piano-bar, langoureux et mélancolique, avec un solo à la Scorpion, donc pas black métal du tout, mais il n'en sera rien. Même si l'expérience est insolite, la musique garde une part d'ombre ce qui permet de conserver une certaine cohérence avec l'ambiance. C'est déjà moins le cas de Where your are lost and I Belong qui file un post-black aux allures de musique de cinéma, mais dont la démarche en elle-même est plus qu'intéressante.
C'est Twin black angels qui rafle la mise avec le "pire" untrue black mielleux de toute l'histoire. Ah oui, ce titre est la mort de tous les underground puristes. Mais pour les autres, vous avez été suffisamment été préparé avant pour que l'alternance extrême/pop passe crème. La tracklist a vraiment été bien pensée.

Wake boucle la boucle sur une dominante black, et le bonus Alone promet un deuxième final de toute beauté. Les derniers mot pour décrire Ámr sont difficiles à trouver, parce qu'il est nécessaire de voir le bon côté d'un album qui ne suit pas d'autre fil directeur que l'antagonisme des chants. Ihsahn souffle le chaud, Isahn souffle le froid, il n'est jamais vraiment là où on l'attend, il fait la musique qui lui ressemble. J'ai peine à croire qu'adoucir sa musique suffit à la rendre plus accessible. Elle reste extrême, à sa façon.

Line-up :
Ihsahn : guitares, claviers
Invité : Tobias Ørnes Andersen (Ex-Leprous) : batterie

Tracklist :
01. Lend Me The Eyes Of Millennia
02. Arcana Imperii
03. Sámr
04. One Less Enemy
05. Where You Are Lost And I Belong
06. In Rites Of Passage
07. Marble Soul
08. Twin Black Angels
09. Wake
10. Alone (Bonus)


 
Critique : Weska
Note : 9/10
Site du groupe : Page Facebook
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