Chronique

AEPHANEMER - PROKOPTON / Primeval Records 2019

"Le hasard 2... Le retour" ou "Comment j'ai découvert un super groupe par hasard" (working title).
Et pour le coup je ne peux même pas vous narrer la genèse de cette idyllique rencontre tant la mémoire de mon âge avancé me fait défaut (34 ans c'est tôt mais merde! Voilà!)

Voguant tranquillement sur cet intarissable fleuve qu’est internet, au détour d’un moment, le nom AEPHANEMER s’offre à mes yeux. Curieux j’écoute. Et là, conquis, j’achète et reçoit le dernier album.
Alors histoire de pas aller trop vite, laissez moi vous présenter ce groupe. Formé à Toulouse en 2014 par Martin Hamiche (guitariste et compositeur) et né de son amour du death metal mélodique, AEPHANEMER émerge avec un EP nommé « Know Thyself ». Avec l’arrivée de Marion (Chant/guitare), Mickaël (Batterie) et Lucie (Basse), le groupe sortira un premier album nommé « Memento Mori », acclamé par la critique. Après un passage au renommé Wacken en 2018, le groupe sort maintenant sont deuxième opus, « Prokopton ».

Après quelques écoutes, il faut admettre que l’influence death mélodique est plus que présente. Dans la digne tradition d’un Norther, Children Of Bodom (quand c’était bon) ou encore Wintersun, le groupe verse dans un son que l’on connaît mais qui a été depuis longtemps oublié. Le son d’un metal mélodique direct, sans artifices et qui rend honneur, de ce fait, à ses aînés.
Le titre éponyme envoie du lourd, avec des lignes entraînantes, des guitares percutantes secondées par des orchestrations puissantes.
« The Sovereign », premier contact personnel avec le quatuor, balance un riff surpuissant avec une hargne assurée. Le chant de Marion me bluffe. Puissant, juste, caverneux à souhait, rien à dire ! Ce qui me plaît, et cela sera confirmé par « Dissonance Within » c’est la faculté du groupe à faire un metal qui parle sans essayer de trop en faire, et c’est ce qui manque au metal français selon moi. Sous couvert de vouloir « faire à sa sauce » on s’est perdu. Et AEPHANEMER nous prouve que la France possède des talents, des vrais musiciens qui savent exécuter du metal de qualité.

Alors oui le groupe ne révolutionnera pas le death mélodique mais quand on voit ce qu’il a tendance à devenir, je me dis qu’un retour aux sources avec cette fraîcheur ça fait le plus grand bien !
Le groupe s’adonne même à des passages folks et du chant clair avec « Snowblind » pour le meilleur effet ! Les orchestrations sont toujours très présentes, ce qui n’est pas pour me déplaire, mais par moment, le production, bien que très bonne, pèche un peu, rendant le tout brouillon par moment, mais cela ne gâche pas l’écoute ni le plaisir. L’instrumental « At The Enemy’s Gate » apporte un cassure à l’album et offre un morceau qui, sans être transcendant, montre une maîtrise de la montée en tension.
« Back Again » et « Bloodline » continuent sur la lancée d’un metal rapide, technique et de qualité. Les lignes de chant de « Bloodline » me plaisent particulièrement et je pense que ce n’est pas pour rien que le groupe l’a choisi comme extrait. My God ! Quelle intro, quel riff !!
En guise de conclusion le groupe nous apporte un pavé de neuf minutes, enragé et rondement mené : « If I Should Die » qui offre un résumé de ce que le groupe sait faire. Il y a même un solo !

Honnêtement il y a peu de reproche à faire à cet album. Le groupe fait du très bon metal, efficace car il ne cherche pas à surpasser (encore) ses aînés. Il maîtrise son répertoire, et malgré quelques légers soucis de productions, et un manque de solo (oui j’aime les solos et le peu que j’ai entendu sur l’album me donne envie de plus…)
Mais ce « Prokopton » mérite plus qu’une oreille et fait honneur à notre patrie qui vit depuis trop longtemps dans l’ombre. Merci Toulouse !!! Euh… AEPHANEMER…
 
Critique : SBM
Note : 8/10
Site du groupe : Site Officiel
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