Chronique

BELZEBUBS - PANTHEON OF THE NIGHTSIDE GODS / Century Media 2019

On en a beaucoup parlé ces derniers temps, notamment avec la BD éponyme, mais BELZEBUBS a des origines qui remontent à 2002, année de leur création. Comme on peut clairement le voir dans la BD, les clips etc... le groupe fait du reggae. Euh… attendez… on me dit dans l’oreillette que non en fait c’est du black metal… Autant pour moi.
Après deux albums, le groupe est obligé de se séparer un temps pour des raisons inconnues. Mais en 2016, Hubbath, Obesyx, et Sloth engagent un nouveau batteur, Samael, et composent l’album « Pantheon Of The Nightside Gods », premier avec le label Century Media.

On a déjà pu écouter l’année dernière le premier extrait « Blackened Call ». Et déjà là j’étais intéressé. C’est certes très influencé black, mais avec un son propre, accessible et des influences heavy assez marquées, surtout sur le solo.. La production rend le tout très puissant, et l’écoute est super. Le clip en noir et blanc reprenant les représentations du groupe version BD m’ont également fait sourire.
Donc certes à ce moment je sens un gros potentiel qui est à confirmer. Et là tombe le nouvel extrait « Cathedrals of Mourning ». Toujours accompagné d’un très beau clip, le morceau est plus long, plus structuré et montre que le groupe maîtrise son art. Du piano en intro aux riffs lourds et appuyés des couplets, tout est très bien ficelé. Le chant de Hubbath est caverneux mais pas froid. J’adore cette tessiture. Il me rappelle Vreth de Finntroll. Excellente technique, un pur moment de headbang ! Et encore une fois : quel solo ! Quel feeling !

Pour accentuer le contraste des morceaux puissants et violents (« Dark Mother » remportant la palme du brut de coffre dans ta face), le groupe offre aussi des moments plus posées. Le dernier morceau et titre éponyme offre une fin orchestrale, très musicale, mélancolique, loin de la puissance du métal forgé par le groupe.
Il en sera de même avec « Crowned Daugthers ». L’intro très douce à la guitare sèche, fera écho aux couplets très aériens, acoustiques également et chantés en clair ! Et le chant me rappelle clairement les tonalités de Tobias Forge sur les ballades de Ghost. On s’y tromperait… Du moins jusqu’au growl surpuissant qui rompt le silence et nous prend à contre pied.

Cela montre les diverses influences, la richesse et l’héritage du groupe. « Acheron » démarre doucement en arpèges et me rappellent une intro d’Ensiferum. On a toujours ce sens aiguë de la mélodie, allié à des riffs très lourds, et une batterie véloce. Sur « Nam Gloria Lucifer » (là on comprend bien que c’est du black metal) on a une rythmique malsaine qui rappelle les derniers Behemoth. Alors que les choses soient claires, je ne parle en aucun cas de plagiat mais d’influences distillées dans l’ADN du groupe.
BELZEBUBS a son propre univers et n’a pas besoin de copier/coller pour être bon.

La galette est composée de neufs titres, et malgré certains bons morceaux mais un peu en deçà, il n’y a quasiment rien à jeter. L’album s’écoute très facilement, recèle suffisamment de détails pour encourager plusieurs écoutes et finalement vous happer dans son univers black metal pas si sombre. Les puristes crieront sûrement au sacrilège, moi je préfère y voir un groupe avec un énorme potentiel ! Très belle offrande que j’ai hâte de voir sur scène !
 
Critique : SBM
Note : 8.5/10
Site du groupe : Site Officiel
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