Chronique

FLESHGOD APOCALYPSE - VELENO / Nuclear Blast 2019

Notre billet sur l'album King a disparu dans les limbes, mais pas notre bon souvenir. Ce groupe italien avait enfin attiré notre attention en trouvant la juste dose entre le death metal et le métal symphonique. De la puissance, de la virtuosité, tout ce qu'on aime était là. Pourtant il a du nous manquer un truc pour nous assurer d'en garder une trace. Et ce truc, c'est peut-être le retour du batteur au micro, comme au bon vieux temps du premier album Oracles, sorti il y a dix ans.

Francesco Paoli a donc cette fois-ci composé pour lui-même, et tel un costard taillé sur mesure, la musique se trouve ajustée à son growl caverneux et dégueulasse. Conséquence, une bonne dose de violence supplémentaire qui pourrait presque faire penser à Oracles. Presque, car Fleshgod Apocalypse a désormais son univers et rappelle dès Fury l'étendue de sa palette, comme les incisions avec des choeurs, le solo bien posé, les mélodies bien marquées. Il faut également compter sur un léger retrait des influences indus' au profit d'un certain groove dans les riffs qui contribue à contre-balancer cette brutalité retrouvée.

Pour le reste, les italiens ne font que continuer sur leur bonne lancée, cultivant une certaine folie, un décalage dans les ambiances, avec au sommet de cet art Sugar dont le martelement de piano oppresse et amuse, tandis que le morceau enchaine sur des nuances mélodiques et nostalgiques, aux portes du vieux black métal symphonique. On retrouve d'ailleurs le même genre de de solo lent et déchiré qui ici clôture parfaitement le morceau.

Côté structure, le groupe s'offre d'ailleurs quelques touches de non-conformisme, de non-linéarité des structures avec notamment Monnalisa, très inspiré métal symphonique classique ou The day we'll be gone sur un départ piano opéra. Les italiens ne sont pas que là pour en mettre plein la tronche.

En définitive, Veleno est loin d'être un album ennuyeux. Quand ce n'est pas un instrument qui en met plein la vue, c'en est un autre. Quand ça tourne trop autour du pot ,Pissing on the score va droit au but. Et enfin, quand c'est trop brutal, il propose un métal symphonique à la pointe.
Fleshgod Apocalypse tient sa formule ultime pour rester une référence du death moderne.


Line-up:
Paolo Rossi : basse, chant clair
Francesco Paoli : chant, guitare, batterie
Francesco Ferrini : piano, orchestration

Tracklisting
1. Fury
2. Carnivorous Lamb
3. Sugar
4. The Praying Mantis' Strategy
5. Monna Lisa
6. Worship and Forget
7. Absinthe
8. Pissing on the Score
9. The Day We'll Be Gone
10. Embrace the Oblivion
11. Veleno
Deluxe edition
12. Reise, Reise (Rammstein cover)
13. The forsaking (Nocturnal version)
 
Critique : Weska
Note : 9/10
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