Chronique

SABATON - THE GREAT WAR / Nuclear Blast 2019

On le sait pertinemment, Sabaton fait du Sabaton et c’est ce que l’on aime. Mais certaines choses peuvent aussi changer. Premier point avec cet album, le groupe a pris plus de temps pour le concevoir. Trois ans séparent en effet The Great War du dernier album en date The Last Stand. Deuxième album aussi sur lequel tous les membres du groupe participent à son élaboration.
Pas besoin d’aller chercher bien loin pour le thème de ce disque: la première guerre mondiale.
Ici le groupe a voulu non pas nous plonger, mais plutôt nous immerger au coeur de cette boucherie qu’a été cette guerre. Tenues de combats non adaptées (bleues et rouges pour les français par exemple, en faisant des cibles plutôt facile à viser), guerre de tranchées et d’usure…

C’est d’ailleurs sur ce dernier point que le groupe a décidé de mettre le point au moment de lancer les hostilités pour la promotion de cet album. Le premier single « Fields Of Verdun » nous mène droit dans les tranchées de Verdun, lieu de la bataille la plus longue de l’histoire de la guerre avec ses 303 jours et avec pour mot d’ordre « On ne passe pas ». Un clip vidéo retraçant l’ambiance avec un décors des plus réaliste, expositions, snipers, morts, un peu comme dans un film. Et c’est ce que veut le groupe en soit pour cet opus. Nous faire vivre, ressentir ces sensations, au delà des thèmes et ambiances judicieusement choisis à travers ces onze morceaux.
Une autre innovation va aussi venir sur ce titre ainsi que sur « The Red Baron » avec l’arrivée de soli guitare qui ont une ambiance / touche rendant hommage à la musique classique. Magnifique et du plus bel effet sur scène.
Sans oublier le fait que le groupe a tenu à faire sa première session de promotion avec la presse internationale le temps de deux jours directement à Verdun, histoire de s’immerger encore plus dans cet univers meurtrier et poignant qu’à été cette première grande guerre. « We Shall Never Forget ».

Comme à son habitude le premier morceau « The Future of Warfare » met immédiatement les choses en places avec des choeurs guerriers, une voix plus sombre et plus appuyée pour Joakim. C’est le début de la guerre et le groupe, comme nous l’a précisé Pär dans son interview (http://www.seigneursdumetal.fr/index.php?page=interview&id_inter=566) , cette dernière a été un tournant pour beaucoup de chose en terme d’innovations. Et le groupe veut en faire de même personnellement parlant.
La structure des morceaux reste sensiblement la même avec une durée moyenne de trois minutes par titre. C’est rapide, direct, brutal mais bien efficace. La production aussi aidant ressentir cette puissance et violence des batailles, voire même l’oppression et la peur que les soldats ou autres riverains pouvaient avoir comme sur « Attack Of The Dead Men » ou le traitre éponyme « Great War ».
Des titres plus ‘légers’ et plus positifs dans un esprit avançons vers la victoire sont aussi de la partie avec par exemple « 82ndAll The Way », qui donne un peps de fou, tout comme « The Red Baron » ou le captivant « A Ghost In the Trenches ».

Mais cerise sur le gâteau, le groupe nous offre un final tout simplement hors normes. Déjà avec « The End Of The War To End All Wars ». Avec son début mélodique et langoureusement triste, cette dernière s’embrase donnant l’impression que nous avons besoin de faire partir nos démons, tellement le vécu de ses horreurs hante tout un chacun. Cette exorcisme passé, on tombe nez à nez avec « In Flanders Fields » qui là met un coup de massue. Prenez un mouchoir, et asseyez vous tout simplement. Des choeurs d’enfants clamant la perte de leur proche, la tristesse et la misère engendrée par la guerre - à sa première écoute, les poils se sont dressés, des frissons ont parcouru mon corps avec ce moment inattendu, interpellant mais magique et diablement bien choisit à la fois. MERCI !
 
Critique : Lionel
Note : 8.5/10
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