Chronique

KILLSWITCH ENGAGE - ATONEMENT / Metal Blade Records 2019

Je ne sais pas pour vous mais j’ai toujours trouvé que Killswitch Engage faisait partie des groupes les plus prometteurs de sa génération, et donc des plus sous estimés, vu que malgré des albums de qualité dans un genre qui marche commercialement, ils n’ont jamais eu la place qu’ils méritaient : c’est à dire tête d’affiche et pas groupe de première partie devant des trucs à la Five fingers truc ponch (qui soit dit en passant méritent moins et ont un chanteur désagréable au possible). Ok çà y est j’ai encore fait ma biatch, mais que voulez vous, Ivan Moody est une tête à claque facile et l’occasion était trop belle. Bref revenons à cet album de Killswitch Engage.

Comment, alors que tous leurs albums (oui tous) sont des petits bijoux où power chords reprenant le monde là ou Metallica avait lâchement abandonné son Black Album et que leurs mélodies planantes font passer Stone Sour pour un sous cover band de ballades de Slipknot à la guimauve (qui à dit « c’est le cas ? Bref passons). Comment donc (dieu me tripote pour citer un classique) ne sont ils pas où ils devraient être, c’est à dire sur un trône en fer forgé ? Une des explications se tient peut être dans le choix des dates de sortie d’album. 16 aout… Et oui les maisons de disques mettent leurs block-busters dans les bacs en septembre. Là c’est… pas le cas… Leur label les laisserait-ils dans la catégorie « débrouillez vous » ? Ce serait moche… Mais sortir un album le 16 aout c’est un peu comme organiser un festival de musique bavaroise sans bière en plein desert le 15 août… çà ne sent pas la volonté de percuter le monde. Et bien l’album devra jouer des coudes dans l’adversité, ceci au moins est clair. Pour la peine j’en ferai mon album coup de cœur d’août. Et même un de mes coups de cœurs de l’année. Genre dans les 10 premiers.

Seul écueil ? Peut être le côté : « à l’ouest rien de nouveau ». J’adore l’album, mais je retrouve le groupe exactement où je l’ai laissé avant. Et comme c’était très bien à chaque fois c’est pas vraiment un souci. Mais forcement… çà donne un album assez dur a défendre vu que les précédant parlaient à peu près de la même chose de la même façon et que çà a, je me répète, « pas assez marché par rapport à ce que çà envoie. »

Alors oui on a hâte de les voir sur scène vu que comme toujours, c’est taillé pour exploser dans des grosses enceintes et faire s’envoler le public dans des gerbes d’une bière méritée. Mais avec un ratio de trois ans entre cet opus et le dernier j’avoue qu’égoïstement, j’espérait que le retour de l’enfant prodigue au chant, à savoir Jesse Leach, donnerait sa pleine mesure avec ce deuxième album depuis son retour (vu que le précédant était en cours d’écriture quand il a repris son siège). Ba non, la seule chose que confirme cet album c’est que le chanteur dans Killswitch est un interprète comme les autres et pas vraiment une force de proposition. Bon, çà le fait quand même diaboliquement et oui çà mérite beaucoup plus que ce que mes petits doutes de mec vissé sur sa chaise laissent entendre. Les titres embarquent tous dès la première écoute, le son est redoutable, l’énergie est contagieuse et pourtant çà change de couleur et de rythme au minimum cinq fois par titre.

Ecoutez le, achetez le, allez les voir en live, mettez leur t-shirts… Montrez au type qui a décidé de faire sortir leur album en aout qu’il s’est trompé et qu’ils méritaient de se battre avec les grands à la rentrée en septembre au lieu d’être symboliquement encore une fois abandonné en laisse au bord de la N45.

Bref, le metal est une famille, il est temps de soutenir le cousin killswitch qui a eu une adolescence compliquée.
 
Critique : Thomas Enault
Note : 8/10
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