Chronique

GONG - THE UNIVERSE ALSO COLLAPSES / BYG 2019

Gong… Un nom qui résonne comme une légende, un mythe, un animal insaisissable. On n’en compte plus les incarnations, aucun des membres actuels n’a vu les balbutiements tonitruants du groupe en 69. Le guitariste chanteur australien Daevid Allen n’est plus ; le chanteur Gilli Smith non plus c’est donc Fabio Golfetti l’autre guitariste et Ian East qui reprennent le flambeau selon les vœux de feu Daevid, avec un line-up encore diffèrent (on en compte plus de vingt selon les projets parallèles ayant émaillé une carrière aussi folle que leur musique). Encore un album à ajouter au parcours labyrinthique d’un groupe insaisissable donc. Si vous avez un tatouage « Camembert électrique » sur la fesse gauche vous savez de quoi je parle. Si cette référence ne vous dit rien ma foi on a peut-être des choses à se dire, il serait temps de rattraper plus de 50 ans de retard. Les autres, ceux qui savent et ont déjà acheté le disque dont je parle, pardonnez-moi si je fais parfois court, il faudrait deux livres de 500 pages pour retracer la carrière de ce qui, avec le temps, aura plus été un concept, une façon de faire de la musique, plus qu’un groupe au sens strict du terme.

- Votre Honneur, la Défense demande à ce que tous les anciens albums de Gong soient exclus de la discussion pour ne pas perturber les délibérations du jury.
- Accordé…
(De toute façon : mon papier, mes règles, na !)


Cet album compte quatre titres. C’est donc un maxi ? Non un album, plus de 40 minutes d’une musique torturée, alambiquée, apaisée, trippante, planante, sans âge. Un maëlstrom new-age de jazz rock prog qui séduira aussi bien les fans de King Crimson première période que du Floyd des années acides, du Genesis quand on y jouait encore de la flûte ou du spatial et anacréontique Magma, bref de l’âge d’or de la musique qui piochait partout où il y avait des choses hallucinatoires à raconter. Gong n’est pas Metal, gong est au-delà des genres. Il y a quand même plus de chances que vous accrochiez si vous aimez le prog old school qui n’a malgré tout pas pris une ride. Si vous appréciez aussi le doom/stoner vous devriez vous laisser embarquer. Néanmoins, si la perspective de vous laisser emporter par un morceau de 20 minutes vous fait peur… C’est über mal barré. Par contre si la perspective de soli free jazz de saxophone, sur fond de batterie déstructurée, avec des échos aussi planants que violents, émaillés de riffs de guitare particulièrement tordus est dans vos cordes… Plongez !

Si vous n’avez aucun album de Gong commencez par celui-là. Et ensuite ?

- Autorisation demandée d’évoquer la discographie de Gong votre Honneur ?!
- Accordée mon cher mais bonne chance.


Si comme moi vous aimez ça, sachez que ça vous coûtera un peu cher en brocante pour réunir 14 albums studios, 23 albums émanant de Gong (sous divers noms contenant le mot Gong au gré des contrats de certains musiciens à une période où les maisons de disques se comportaient comme des Gang de L.A. et les musiciens comme des pirates de Nassau, et là croyez-moi c’est le bordel mais ça mérite un coup d’oreille), 25 albums live plus une bonne 40aine de curiosité selon les musiciens (nombreux) qui ont traversé le groupe.

J’oubliais, Gong est un groupe français qui a accueilli nombre de musiciens de renommée internationale fondé par un Australien en situation irrégulière… rien que pour ça l’histoire et le présent du groupe méritent qu’on s’y attache.

Entrez dans la légende…
 
Critique : Thomas Enault
Note : 9/10
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