Chronique

PASSCODE - CLARITY / Universal Music 2019

Vous le savez peut-être, et si vous ne le savez pas je vais vous l'expliquer à nouveau ça vous évitera de poser la question la prochaine fois. Le Japon, musicalement, m'apporte en 2019 un vent de fraîcheur, de nouveauté, souvent sujet à controverse, mais qui me transcende au plus haut point.
Notez bien cet amour que je porte à la scène nippone ça vous servira pour la chronique du prochain BabyMetal qui arrive très bientôt.
Pour aujourd’hui on va parler de leur… successeur ? Oui et non car il s’en démarque assez musicalement si vous mettez de côté l’influence J-pop et les chorégraphies.

Après un best of monumental, PASSCODE arrive finalement en 2019 avec un album composé en tant que tel et qui ne consiste pas à un résumé de quatre années passées. « Clarity » ainsi va confirmer ou infirmer tout le bien que je pense de ce groupe.

Dès l’intro (et tout le morceau d’ailleurs), « Projection » me rassure ! On y retrouve tous les ingrédients : de l’électro, des guitares saturées, du chant pop et du growl avec un côté hype hyper entraînant. On est en terrain connu. « Dive Into The Light » passe de la pénombre à la lumière, du calme à la violence avec cette légèreté qui donne envie de jumper comme un damné. Le break et son slap de basse venu d’un autre monde me régale. La noirceur du growl de Yuna file des frissons, l’instrument indien (dont le nom m’échappe) arrive là comme un cheveux sur la soupe, franchement je sais pas où il veut en venir mais je le suis le mec !
Je passe rapidement sur « Ray » qui est toujours aussi excellent (que vous pouvez avoir entendu sur le précédent opus). Le couplet est toujours aussi magique ! Le groovy « » se rapproche plus d’un rock punk, le son étant plus léger, mais quelle technique sur les instruments… Sont toujours aussi excellents ces japonais !
Le prochain morceau va me mettre une putain de claque ! Surtout Yuna en fait. Avec « Taking You Out » elle se taille la part du lion et nous sort des vocalises sublimes ! Petit gabarit mais putain quelle voix !! Et le refrain s’oppose à cette violence avec des lignes de chants joyeuses, très pop, un régal ! On est effectivement pas sur le même plan que BabyMetal qui est violent différemment...
On calme un peu le jeu avec « The Day With Nothing », plus mid tempo par moment, moins speed, un peu électro sur le break, une écoute tranquille mais moins percutante que les autres morceaux.

A mi album je me régale toujours autant avec ce groupe. Les morceaux ont une empreinte propre et se distinguent aisément les uns des autres. Surtout « Horoscope », jolie ballade apaisante qui tombe à point nommé et montre une fois de plus que le japonais est une langue à la douceur extrême.
Retour à un J-rock tranquille sur « It’s You » qui délaisse un peu le côté électro et 8-bits qui faisait la marque de fabrique de ce groupe. Les quelques apparitions de Yuna apporte le peps nécessaire pour ne pas trop se lasser.
Et là ben bim, chasse le naturel il revient au galop ! Intro 8-bits hyper électro et Yuna qui se fait péter les cordes vocales ! Avec un titre comme « In The Rain », je m’attendais à de la douceur et ben non ! Ça m’apprendra ! Plus speed et électro on retrouve la marque du groupe sans qu’elle soit pour autant poussée à fond.
« Trickster », plus ambiant et électro à fond. On n’a quasiment pas de guitares, juste de l’électro et les vocalistes. Étonnant mais ça passe bien dans la continuité. Elle plaira peut être beaucoup moins aux fans de metal pur et dur, même si Yuna (oui toujours elle) vous fera vous asseoir tant sa prestation envoie du lourd !
On a toujours cette envie de ne pas suivre un schéma classique, de ne garder à la limite que le refrain comme repère et de changer systématiquement chaque partie de la chanson.
« Tonight » sera du bon gros PASSCODE des familles avec des guitares lourdes, un piano superbe et de la bonne humeur à foison ! Mon Dieu que ça file la patate !!! « Will » va doucement calmer le jeu en cette fin d’album. On a un rock sympathique qui pourrait rappeler Band Maid. Très bon morceau et surtout très différent de ce que le groupe fait habituellement. On terminera avec « Ichika Bachika », varié comme on s’y attends et marque une fois de plus cette scission avec le passé.

Je vais pas vous jouer de la flûte : ça déchire. L’album, sans pour autant renier ses origines incorpore des éléments plus rock, plus posés et quelque part plus matures. Les vocalistes sont toujours au top de leur forme, de ce côté là peu de changement, mais musicalement on oublie un peu l’électro à gogo pour mettre l’accent sur l’aspect rock metal. Et l’équilibre est très bien trouvé. La question qui se pose maintenant est : quel cap pour le groupe après ça ? En attendant je vais à nouveau me délecter de leur deux bijoux.
 
Critique : SBM
Note : 9/10
Site du groupe : Site Officiel
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