Chronique

INSOMNIUM - HEART LIKE A GRAVE / Century Media 2019

Insomnium est aux yeux de beaucoup un des derniers bastion du death métal mélodique. Un succès obtenu sur le tard grâce à Shadow of the dying sun sorti en 2014. Pour preuve, le titre While we sleep dépasse 8 millions de vue sur YouTube. La formule reste pourtant inlassablement la même et se caractérise par une lecture typiquement finlandaise du genre. Insomnium est mélancolique, presque doom, et joue de contraste en exprimant un certain émerveillement pour la nature. Une opposition qui se perçoit dans le texte et les visuels. Un ensemble de règles auxquelles ce huitième album ne fera pas exception. Pourtant...

Pourtant Heart like a grave me semble le moins finlandais des productions récentes du groupe. Je le perçois sensiblement plus proche d'une lecture suédoise, typée Dark Tranquillity et Amon Amarth. Il m'évoque en particulier l'album de milieu de carrière du groupe Across the dark en ce qu'ils partagent ce riffing tranchant et vif, sans pour autant rien sacrifier à la profondeur et à la mélancolie qui caractérise le groupe.

Le force principale de cet album est la meilleure gestion des arrangements et des orchestrations. Sans vraiment corriger son vice d'en mettre de partout, alors même que le groupe n'a (toujours) pas de claviériste, le mur de son brouillard-brouillon se ressent beaucoup moins et le groupe ménage globalement ses effets. Les rares excès prendront sens en ce qu'ils seront au service d'une intention bien précise, comme sur Pale morning star où Insomnium va chercher quelque chose de cosmique dans sa musique, une force de la nature au diapason d'une inspiration black métal symphonique.

Dans cette idée de tempérance sur les moyens de production, il y aussi tout simplement des phases bien rentre dedans centrées sur les instruments et qui équilibrent les phases low-tempo planantes ancrées dans l'identité du groupe. Impossible de passer à côté du riff très épuré et martial de Valediction ou Twilight trails, ou encore des approches très oldschool de riffs saccadés de Neverlast, The offering ou encore Mute is my sorrow. Ces deux dernires mettent d'ailleurs une patate d'enfer et profitent à fond du nouveau line-up composé, en studio pour l'instant, de trois guitaristes. En effet, Jani Liimatainen (ex-Sonata Arctica) complète l'équipe et remplace le chant clair de Ville Friman, au moins en live, ce dernier ne pouvant continuer à assurer un rythme de tournée aussi soutenu.

Heart like a grave est peut-être l'album de la synthèse, comme Construct l'a été pour Dark Tranquillity. C'est le concentré du meilleur de ce que le groupe a fait jusque-là, avec la voix d'ours de Niilo Sevänen qui fait tout le charme de ce groupe et les quelques lignes étranges de chants clairs qui apportent un peu de piment. Au final, Insomnium a réussit le plus compliqué : faire simple sans tomber dans la facilité. Mission complete. Bravo. Et merci.

Line-up
Niilo Sevänen – basse, chant
Markus Vanhala − guitare
Ville Friman – guitare chant clair
Jani Liimatainen – guitare, chant clair
Markus Hirvonen – batterie

Tracklist :
1. Wail Of The North
02. Valediction
03. Neverlast
04. Pale Morning Star
05. And Bells They Toll
06. The Offering
07. Mute Is My Sorrow
08. Twilight Trails
09. Heart Like A Grave
10. Karelia

Date de sortie : 04/10/2019
A écouter aussi : Eluveitie – Ategnatos / Dark Tranquillity – Atoma

 
Critique : Weska
Note : 9/10
Site du groupe : Page facebook
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