Chronique

BABYMETAL - METAL GALAXY / BMR 2019

Le temps a été long et pourtant le voici. Après un extrait l’année passée, puis le départ de Yui-Metal du groupe, BABYMETAL s’est posé au calme loin de la tourmente. L’année 2019 a été pour le groupe une période de teasing et d’extraits, et, finalement le 11 octobre de notre ère, le moment de décoller pour « Metal Galaxy ».
En guise d’avant propos je tiens à rappeler que cette chronique s’adresse à des gens ouverts d’esprit, capables de comprendre ce qui est différent et de ne pas gratuitement cracher son venin juste pour faire comme les copains parce que c’est classe de balancer sans rien connaitre, bien caché derrière son écran.

Ceci étant dit, j’attache ma ceinture et m’envole pour ce voyage qui s’annonce pour le moins varié et atypique. Tout d’abord, la dualité semble la clé de ce passage. Une édition Soleil et une édition Lune (un plus un ça fait deux [note à l’attention des bourrins]), deux membres restants, et également deux CD de chacun huit titres. L’équilibre semble ainsi le maître mot de cet opus, mais nous allons voir que ce n’est pas le cas et c’est pour ça que je vais devoir faire du titre par titre…

FUTURE METAL : Riff lourd, claviers SF, et un message clair : « Please fasten your neckbrace to headbang ». Oh je sens que le voyage va me plaire !! Quelques orchestrations et chœurs achèvent cette intro… décollage imminent.

DA DA DANCE : On passe direct en vitesse supraluminique avec un morceau puissant, direct, électro qui aurait pu avoir sa place sur le premier album, on est donc en terrain connu. Entrainant à souhait, changeant, le morceau fait honneur à son nom : vous allez bouger et/ou headbanger à fond ! Tok Matsumoto (de B’Z), premier des guests, se joint au Kami Band le temps d’un solo racé ! Quelle entrée en matière !

Elevator Girl : Déjà connu des fans, et assez atypique, ce morceau est plus posé que le précédent, avec effectivement un piano et une voix légèrement électronique évoquant vraiment une musique d’ascenseur légèrement jazz. Mais cela fera opposition à un riff très saturé et très pesant et un refrain beaucoup plus pop. Il s’agit du second morceau chanté majoritairement en anglais.

Shanti Shanti Shanti : Envoutant morceau aux sonorités indiennes, portées par un sitar qui se mêle magnifiquement aux chants de Su-Metal et Moa-Metal. Très mélodieux et très puissant, l’impact de ce morceau est indéniablement dantesque. Chantant, très entrainant voir dansant (je vous jure que j’ai dansé). Une réussite en tout point, parfait, il détrône « Uki Uki Midnight » de mon cœur. Masterpiece !

Oh ! MAJINAI : Je ne savais pas vraiment comment insérer Joakim Broden dans l’Univers de BabyMetal. Je m’attendais à un morceau de power metal typé « Metal Resistance ». Mais non : contre pied total !!! Un morceau à la Alestorm/Korpiklaani, avec accordéon, violon, grosses guitares et surtout notre suédois qui chante en japonais. Réussite totale à déguster pendant l’apéro !

Brand New Day : Moins brutal, plus rock progressif mid tempo, le morceau est juste beau. Les lignes de chant de Suzuka sont parfaites, presque à pleurer (dans mon cas), la musique est plus accessible, tout est superbement agencé pour générer une belle émotion. Les deux guests, Tim Henson et Scott LePage de Polyphia, montrent un petit aperçu de leurs talents pour la six cordes. Juste époustouflant.

↑↓←→BBAB : Premier des titres bonus et dédicace aux gamers ! Naturellement emprunt de sonorités électroniques et quelques nappes de claviers 8 bits. La musique part dans tous les sens, la créativité des compositeurs me sidère. Plus difficile d’accès et destiné aux aficionados, le morceau n’en reste pas moins bon.

Night Night Burn !: Direction les territoires hispaniques avant la pause. « Olé » comme elles disent. Ce morceau boucle la boucle en étant dansant et entrainant comme « DA DA DANCE ». Les trompettes apportent vraiment ce côté salsa, qui se mélange comme par magie avec des guitares très saturées, montrant une fois de plus que le groupe ne se fixe aucune barrière.



A mi-album, je suis déjà conquis. Le groupe respecte avec précision son concept de voyage dans un univers pas seulement metal mais totalement musical. Huit titres, huit univers, huit délices.
Que nous réserve le voyage retour ?



IN THE NAME OF : Nouvelle intro, comme pour introduire un nouveau chapitre. Au départ le morceau est solennel avec des chœurs et de douces orchestrations. Mais par la suite le calme se transforme en une rage à l’énergie au moins équivalente à celle dégagée par une étoile à neutrons. Les percussions métalliques et le riff death metal ne sont pas sans évoquer le bon vieux « Roots » de Sepultura. O.M.G ! Le ton est donné ! Quelle baffe !!

Distorsion : Tout premier extrait offert il y a un peu plus d’un an, c’est au tour d’Alissa White Gluz de prêter à sa voix à un morceau qui, ça tombe bien, rappelle le death metal des suédois d’ Arch Enemy. Avec ses blasts dévastateurs (d’où le collier parce que vous allez headbanger comme des damnés), growl puissant, le morceau envoie du très très lourd ! Excellente suite de l’intro !

PA PA YA !! : C’est le rappeur thaïlandais F-HERO de clôturer la ronde des guests. Le titre est un savant mélange d’électro, de pop, de rap, de metal. Peu de gens sont capables d’arriver à ce tour de force qui est un excellent résultat. BABYMETAL y arrive avec panache et une efficacité redoutable. Ce morceau vous donnera l’énergie de déplacer des montagnes.

BxMxC : Deuxième titre bonus et très très électro.et psychédélique. Le travail de Su-Metal et Moa-Metal au chant est impressionnant bien que les voix soient trafiquées. La production rend hommage à ce morceau quasi djent mais qui me rappelle un peu Fear Factory dans l’ambiance. Très technique, mécanique et froid le titre est un pur plaisir de folie !

Kagerou : Un rock heavy, assez groovy, posé, le groupe commence à préparer son atterrissage. Le titre est envoutant, douce mais très travaillé et prouvant, si besoin est que le japonais est une langue superbe et magique.

Starlight/Shine/Arkadia : Ces trois morceaux forment le final baptisé « La trilogie de la lumière ». « Starlight » plus planant avec ses chœurs enfantins et ses rythmiques appuyées et lourdes offrent un contraste intéressant bien que la douceur soit le cœur du morceau. « Shine » de son côté nous entraine un peu plus haut avec des sonorités… spatiales, sa guitare acoustique, et son ambiance posée. Le morceau me rappelle « The One » qui apparaissait sur « Metal Resistance » : extrêmement calme, on baisse la puissance pour se poser calmement.. Mais en fait non… parce qu’ « Arkadia» envoie un power rapide et racé qui n’est pas sans rappeler « Road Of Resistance». Après avoir fait le tour de la galaxie, le groupe revient aux fondamentaux. Il s’est enrichi au delà du possible durant son voyage et cela me plait beaucoup.


Je ne savais pas quoi attendre de cet album étant donné qu’un groupe que ne se fixe pas de barrière et désireux d’explorer encore plus de genres ne laisse finalement place à aucune anticipation. Et in fine c’est une excellente surprise qu’est ce «Metal Galaxy » car il confirme le génie et la créativité des têtes pensantes, il confirme une musicalité magistrale qui va par dela les genres et les frontières. BABYMETAL frappe très très fort et à n’en pas douter la tournée sera couronnée de succès.
 
Critique : SBM
Note : 10/10
Site du groupe : Site Officiel
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