Chronique

DELAIN - APOCALYPSE & CHILL / Napalm Records 2020

En 2016 DELAIN nous a offert un excellent « Moonbathers » qui m’a réellement donné envie de suivre le groupe. Son metal rock très recherché fait sortir le groupe du lot. Et ce constat a été d’autant plus flagrant avec leur EP « Hunter’s Moon » sortie il y a quelques mois. Ce dernier (bien que je déteste les sorties de EP) a été très innovateur, notamment avec l’arrivée de Timo Somers au chant (clair et growl). J’ai ainsi vu ceci comme un apéritif, un teaser sur l’œuvre à venir. Et la voici entre mes mains… Enfin… dans mes oreilles quoi vu que… Bref on s’en tape ! Voici « Apocalypse & Chill » !

Disponible depuis quelques temps, le titre d’ouverture « One Second » rassure. Toujours ce chant atypique de Charlotte qui est ici secondé par Timo. Puissante et racée, la voix du guitariste apporte cette dimension duo qui, certes ne manquait pas à DELAIN mais qui ouvre de nouveaux beaux horizons. Court et efficace, une belle entrée en matière !
Retour aux claviers teintés d’électro sur « We Had Everything » pour un morceau très mélodieux, entraînant où Charlotte nous offre sa voix la plus chaleureuse. Du pur DELAIN qui fait plaisir à entendre. « Chemical Redemption », plus heavy de prime abord se révélera plutôt aérien sur le refrain avec ses nappes de claviers. Mais quand même le riff est jouissif !
On arrive au premier extrait connu : « Burning Bridges », puissant et orchestral, le titre ne dépareillerait pas sur « Moonbathers ». Le pont, sombre, avec le growl de Timo apporte un gros truc au morceaux, surtout avec ces orchestrations. Bon mon PC a un son de chiotte mais je pense qu’avec ma sono ça va envoyer du très lourd !! Y’a pas à dire, le groupe a SON son… il ne copie personne et ça se respecte !
Un super riff lance « Vengeance », avec des chœurs superbes pour introduire le guest de l’album : Yannis Papadopoulos (Beast In Black), pour un morceau simple, efficace et direct ! Du très bon métal avec orchestrations (quel final!!), chanteurs de talent, soli inspirés, miam miam !!

« To Live is To Die » sympathique mais très classique passe bien. Bon après on peut pas innover sur tous les morceaux non plus. Mais le groupe a quelques cartes dans sa manche… « Let’s Dance » que je pensais être un tantinet électro s’avère être un titre rentre dedans avec un riff boosté à la testostérone, et un pont… original disons. Mais le titre est très bien fait, et la production est au poil !! Malgré tout je regrette le sous usage de Timo au chant, parce que… ben j’aimais bien sur le EP… Pour autant la brutalité continue avec « Creatures » et son intro pesante à souhait ! Cette juxtaposition de violence et de douceur, apportée par la voix cristalline de Charlotte est délectable. La recette fonctionne à merveille. Le groupe le sait et l’affine petit à petit pour notre plus grand régal.
Petite pose tranquille avec la courte et douce ballade « Ghost House Heart » portée par un très beau piano. Pas grand-chose à dire, ça repose, c’est envoûtant…
Je passe rapidement sur « Masters Of Destiny » car titre du EP « Hunter’s Moon », et il est toujours aussi excellent !

Ultra symphonique avec des chœurs grandiloquents, « Legions of The Lost » envoie du très lourd ! Et cela tout au long de ses cinq minutes ! Le travail orchestral achevé sur « Moonbathers » prend encore un peu plus d’ampleur sur un tel morceau ! Excellent travail !! Retour du piano sur « The Greatest Escape » pour un morceau dans une veine que l’on connaît déjà. Le violon est très bien venu, le côté mélodique est indéniable, offrant un moment léger et aérien en cette fin d’album. Je dois dire que le groupe gère très bien le rythme de son album.
Le final, « Combustion », s’ouvre sur un piano accompagnant un superbe solo de guitare, bourré de feeling. Original et très bon, surtout quand un gros riff déboule par la suite ! On croirait du Tech/core ! Cet instrumental est la preuve que le groupe a une sens évident de la composition percutante, les musiciens se passent le flambeau avec une aisance frustrante, rageante même quand on voit comment on galère à composer un simple riff. Chapeau les gens !

Ouaw ! Treize titres plus tard j’ai la tête en vrac. Il faudra plusieurs écoutes pour appréhender correctement toutes les subtilités de l’album. Je regrette, après le teasing, la très faible présence vocale de Timo qui sur un titre comme « One Second » est impérial.
Les titres sont plutôt courts (quatre minutes de moyenne), et c’est là que le groupe est bon : faire court et complexe. Tout son savoir faire et sa richesse dans un concentré musical de haute volée. Et c’est ça qu’on aime !
 
Critique : SBM
Note : 8/10
Site du groupe : Site Officiel
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