Chronique

DELIVERANCE - HOLOCAUST 26:1 46 / Deadlight Records 2020

Trois ans après l'excellent « CHRST », Deliverance nous revient avec un disque encore plus ambitieux et abouti que son prédécesseur. Cet album tant par son titre que l'atmosphère sombre qu'il dégage apparaît comme la bande son idéale de ces temps troublés et angoissants. Il est peu de dire que cet opus plongerera l'auditeur dans les ténébres. Sur « Saturnine » qui ouvre l'album, Pierre Duneau chante : « I have crucified my own father ». Ambiance.

Cet album est d'une richesse musicale rare. Sur une base post-black, Deliverance intégre d'autres éléments musicaux passant du sludge au post-rock, frayant même parfois avec des envolées psychédéliques 70's.

Ainsi « God In Furs », deuxième titre de l'album démarre comme du black à la Satyricon avant de bifurquer sur un pont très Killing Joke, de se poursuivre sur une rythmique metal classique avant d'enchainer sur du metal indus à la Ministry et de se terminer sur du post-black ténébreux. Impressionnant. Sur « Holocaust for the Oblate », le groupe nous offre une longue plage entre rock expérimental à la Radiohead et envolées Floydiennes avant de finir le morceau sur du post-black maléfique. BO idéale de film d'horreur particulièrement angoissant.Deliverance s'avère capable tout au long de cet album de passer d'un style musical à un autre avec une aisance qui impressionne l'auditeur.

L'autre force de cet album réside dans les intros des morceaux, toute plus sublimes les unes que les autres avec une mention spéciale à « Sancte Iohannees » qui vous scotche sur place avec son climat d'une froideur métallique. A son écoute des images d'une messe noire satanique défilent sous nos yeux.

« Holocaust 26 : 1 46 » est un disque rare, le genre d'album que l'on se doit d'écouter et de réécouter pour en découvrir toutes les richesses. C'est une œuvre majeure du metal français.Une œuvre qui fera date.

Lorsque l'on écoute la fin de « Makbenach » qui clot l'album, on se demande où les musiciens ont bien pu aller chercher toute cette beauté.

Un disque qui frise avec le sublime. En résumé : un chef d'oeuvre.
 
Critique : Pierre Arnaud
Note : 10/10
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