Chronique

GREEN CARNATION - LEAVES OF YESTERYEAR / Season Of Mist 2020

Fondé au début des années 90 par Tchort (que l'on retrouvera plus tard dans Emperor) Green Carnation avait disparu des radars depuis plus d'une décennie. La reformation du groupe les avait amenés à remonter sur scène en 2016. Sans doute encouragé par cette première étape de leur retour, le combo nous offre aujourd'hui la suite : un nouvel album, quatorze ans après leur dernier effort studio. Quatorze ans c'est long. Dans l'univers de la musique, c'est presque un siècle. Mais à l'écoute de cet album, on se dit que Green Carnation a eu mille fois raison de revenir. Ce retour se révèle en effet un véritable coup de maitre. Dès les premières notes de « Leaves of Yesteryear », on sent que l'on a entre les mains un chef d'oeuvre. Le reste de l'album va être à l'avenant.

Ce premier morceau est ce qui peut se faire de mieux en matière de rock progressif. Green Carnation avec ce titre flirte avec les sommets et évoque les maitres du prog : de Yes à King Crimson en passant par Genesis. Un titre de toute beauté, majestueux et magistral.

Avec « Sentinels » qui suit les Norvégiens donne une leçon de metal progressif. En cinq minutes quarante, c'est tout simplement ce qui peut se faire de mieux dans le genre.

« My Dark Reflections of Life and Death » est peut-être encore plus sublime que ce qui vient de précéder ce qui montre à quelle altitude hors norme vole cet album. Le morceau n'est pas inconnu aux fans du groupe puisqu'il apparaissait sur leur tout premier album, « Journey to the End of the Night » sorti en 2000. Après une longue introduction qui prend aux tripes, Green Carnation déploie sur plus de quinze minutes une maestria exceptionnelle. Tout est sublime ici : le chant de Kjetil Nordhus, les guitares de Tchort et de Bjørn Harstad, la section rythmique de Stein Roger Sordal et de Alejandro Perez et les claviers de Kenneth Silden. On sent tout au long du morceau des musiciens au sommet de leur art. Et si le titre est un sommet au niveau virtuosité technique, il est loin de n'être que cela tant il emporte loin l'auditeur au niveau émotionnel.

Sur « Hounds » la voix de Kjetil Nordhus se fait caressante. Le morceau navique entre ballade classique et inventivité prog. Là encore les Norvégiens produisent ce qui peut se faire de mieux en matière de rock progressif notamment par une utilisation des claviers d'une inventivité inouie.

L'album se conclut par une reprise extrêmement originale et personnelle du « Solitude » de Black Sabbath sur laquelle les notes de piano se marient à merveille à la voix de Kjetil Norhus.

Avec son mélange de metal progressif, d'avant-guarde et de rock progressif, Green Carnation délivre un disque unique, une œuvre sublime d'une richesse musicale rare. Le disque est une claque monumentale tant il vous emporte loin, très loin. Incontestablement un chef d'oeuvre.
 
Critique : Pierre Arnaud
Note : 10/10
Site du groupe : Page Facebook du groupe
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