Chronique

THERION - LEVIATHAN / Nuclear Blast 2021

S’il existe un groupe pas comme les autres c’est bien THERION. Passer du death metal au metal symphonique passe encore mais même au sein de cet univers, le groupe ou tout du moins Christofer Johnson, aucun album ne se ressemble. « Sirius B / Lemuria », « Sitra Ahra » et « Beloved Antichrist » le prouvent. Mais ils prouvent aussi le génie de cet homme.
Je ne m’attendais pas à une nouvelle offrande aussi tôt je dois dire, et je trouve l’idée de base originale : Thomas (Vikström) et Christofer se sont dit « Et si on pondait que des hits ? ».
Couillu me direz vous, mais pas que. C’est aussi hautement réussi.

« Leviathan » a pour moi un petit air de rencontre. La rencontre de « Sirus B / Lemuria » et d’ Avantasia. On aura droit à de nombreux guests d’où mon allusion au fameux rock opéra.
L’ouverture qu’est « The Leaf on The Oak of Far » est un petit bijou. La voix de Rosalia Sairem assez rock colle très bien à ce riff heavy délectable et à la voix de maître Vikström. On y retrouve les chœurs si reconnaissables de l’univers de THERION, avec une superbe orchestration. Du grand Art ! Deuxième titre et déjà un grand guest arrive : notre cher regretté Marco Hietala. Sa voix reconnaissable parmi un million dansera avec la douce et suave voix de Taida Nazraié. Quelle douceur, quelle mélodie, quelle beauté. « Tuonela » est une réussite à tous les niveaux. Je comprend mieux pourquoi ils en ont fait plusieurs versions sur l’édition « Producer » de l’album.
Le titre éponyme et premier extrait de l’album est un morceau plus mid tempo, où Lori Lewis is back les amis ! Une voix sublime, magistrale.
« Die Wellen Der Zeit » est le seul morceau composé par le bassiste Nalle Pählsson et signe aussi le retour derrière les fûts de ce bon vieux Snowy Shaw. Morceau doux, envoûtant, épique, assez orchestral. Taida Nazraié y est impériale, elle est cette douceur qui annonce la tempête, ce baume qui calme la rage. Mais bon sang que c’est bon ! Quel plaisir à l’écoute ! Je l’ai déjà sûrement dit mais Christofer est un maître des chœurs. Je suis aussi fan de Nightwish et Epica, mais personne ne gère les voix comme maître Johnsson.

Changement d’ambiance avec un morceau plus speed et heavy, plus direct, « Azi Dahaka » la soprano Chiara Malvestiti tient la réplique à un Thomas particulièrement en forme, aidé par le fameux Hellscore Choir. Plus simpliste mais rudement efficace. « Eye Of Algol » signe le retour de Rosalia Sairem, superbe. Le refrain aux chœurs malsains et sa voix cristalline offre une texture au morceau qui ne laisse pas indifférent. Les orchestrations et ces riffs heavy de guitare apportent la puissance nécessaire à sublimer ce très grand titre.
« Nocturnal Light » sera le moment de respirer un peu. Un morceau posé, paisible et poétique qui servira l’entracte à mon sens, laissant à la belle Lori Lewis la place pour s’exprimer. Elle me manque dans ce groupe, bien qu’elle soit toujours un peu là. La batterie est folle sur ce titre mais ça ne m’étonne pas, Snowy est connu pour ça !
Retour à quelque chose de plus direct sur « Great Marquis of Hell » avec un Thomas puissant et plus rock qui colle parfaitement à ce riff et ces chœurs. Le morceau est parfaitement ficelé, tout est à sa place, rien ne fait tache. La marque des grands, surtout sur le pont ! La claque !
Plus psychédélique et shamanique, Mats Levén illumine « Psalm of Retribution » plus lourd et pesant. Mais je vous jure que l’on dirait un B-side du fameux double album sus mentionné. Les orchestrations apaisantes au milieu du titre apporte une fraîcheur, une légèreté appréciable. Du THERION pur jus !
« El Primer Sol » est un des grands moments de cet opus, les lignes de chant, les chœurs, les riffs, Thomas et Rosalia géniaux, je me délecte de chaque note à chaque écoute ! Une jouissance musicale. Voilà. Faut pas chercher plus loin. On termine ce voyage magnifique avec « Ten Courts Of Diyu », plus léger, asiatique dans sa mélodie, ce qui est étrange car « Diyu » est l’enfer en Chine me semble-t-il. Le morceau mettra en avant Taida Nazraié pour terminer ce chef d’œuvre. Et le choix est justifié, logique et élégant.

Alors là euh… je suis bluffé. Ça me fait penser à Sum 41: « All Killers, no Fillers ». C’est exactement ça. Que des bombes. Il ont dit « On va faire que des supers titres» et ils l’ont fait. Respect. Respect ultime. Christofer, après son grand et super opéra rock « Beloved Antichrist », s’est sûrement dit qu’il ne se prendrai pas la tête. Donc là je cris au génie. Le vrai. Cet homme a un talent inestimable et je trouve qu’il est un peu trop dans l’ombre de certains groupes bien moins méritants. Un des albums de l’année à n’en pas douter !
 
Critique : SBM
Note : 9.5/10
Site du groupe : Site Officiel
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