Chronique

EPICA - OMEGA / Nuclear Blast 2021

Je vous mentirais si je vous disais que j’étais extrêmement impatient. Le précédent opus d’ EPICA, « The Holographic Principle » m’avait passablement déçu en 2016 malgré un EP « The Solace System » de plutôt bonne manufacture.
Il s’est ainsi écoulé cinq années pour que notre sextuor nous offre une nouvelle œuvre sobrement nommée « Omega ». Les deux extraits sur lesquels j’ai pu jeter une oreille m’ont plutôt séduit, signant un retour à quelque chose de plus concret et moins brouillon. Serait-ce là l’album de la réconciliation ? A voir.
Sachant que l’earbook collector est absolument sublime et livré avec pas moins de 4 CDs ! (Album, Version Acoustique, Version Orchestrale et Version Instrumentale). Oui les petits plats dans les grands ! En parlant de ça il est bon d’évoquer que le groupe avait gagné un concours lui octroyant l’opportunité de travailler avec l’orchestre philharmonique de Prague. Tout est là pour que ça soit exquis.

Comme tous les albums, le premier titre est une plage instrumentale. « Alpha - Anteludium » est superbe. Assez calme, mélodique, envoûtante, j’adore ! Du grand art symphonique avant que ne se lance le premier extrait mis à disposition des fans : « Abyss Of Time – Countdown To Sigularity ». Il y a effectivement dans ce titre tout ce qui fait qu’EPICA était grand : gros riffs, orchestrations, lignes mélodiques entêtantes et surtout, surtout, le duo Mark/Simone à l’ancienne : 50-50 et pas juste Simone et Mark dans un pti coin comme on avait ces derniers temps. Et les riffs semblent plus violent ! Miam miam ! Bon les amis ça démarre bien !
« The Skeleton Key » (nouvel extrait récemment diffusé) est assez atypique mais réussi. Les sonorités sont… effrayantes, malsaines, surtout au piano mais ça pose un univers original et travaillé. Le chant de Simone est très plaisant sur le couplet, et Mark est en retrait sur ce titre.

« Seal Of Salomon » et ses sonorités arabisantes me renvoient à « The Divine Conspiracy » avec cette profusion de chœurs épiques ! L’ouverture du morceau est magistrale ! Mark se taille la part du lion sur ce titre 100 % EPICA. Le titre, comme tous les autres ne part pas dans tous les sens. La moyenne des titres est de 5 minutes 30 ( Hormis un titre long) ce qui offre donc quelque chose d’assez concis. Énorme solo d’Isaac sur ce titre et putain ce refrain envoie du lourd!
Marque de fabrique du groupe : les chœurs en latin, et je dois dire que celui de « Gaia » est plutôt bon. Titre plus simpliste mais pas mauvais, avec un sujet d’actualité qui me parle donc je vais ici voir le verre à moitié plein !
Encore les sonorités arabisantes sur « Code Of Life » qui en de nombreux endroits m’évoque l’excellence de Myrath. Peut-être aussi parce que c’est Zaher Zorgati qui s’occupe du chant arabe?Pas que, le morceau est génial !Voilà enfin un morceau où le groupe casse ses codes ! Enfin ! Rien à jeter sur ce titre : Rien !

« Freedom – The Wolves Within » met un claque d’entrée de jeu avec le trio gagnant riff/chœurs/orchestre. Retour du duo Mark/Simone comme on l’aime ! Les lignes de chant sont agréables et plus simples et mélodiques que ce que j’avais écouté sur « Holographic Principle ». Retour aux sources il semblerait ou plutôt un condensé de ce que le groupe a offert à travers sa carrière.
Initiée sur « Design Your Universe », la (maintenant) trilogie « Kingdom of Heaven » voit ici sa 3ème partie avec « Kingdom of Heaven – Part III – The Antediluvian Universe ». Seul morceau vraiment long de cet opus avec ses 13:24 au compteur. Ici le groupe prend son temps avec une longue intro orchestrale digne des plus belles bande-annonce ou des plus grand films. On peut dire qu’ils amortissent l’orchestre ! Une montée en puissance qui explose avec l’arrivée du groupe et la batterie d’Arjen qui tape dur ! Le groupe passe de la douceur à des phrasés carrément black metal, il y a beaucoup d’informations à enregistrer sur ce titre ! Les soli de Coen et Isaacs joués en question/réponse sont cool et il me semblent que c’est une première ! Je n’ai pas vu passer ces 13 minutes !
Après ce qu’on vient de se manger je pense qu’on a besoin de souffler et c’est exactement ce que le groupe a en tête avec l’arrivée de la ballade : « Rivers ». Que dire si ce n’est qu’elle est magnifique, rappelant s’il était nécessaire que Simone a la voix d’un ange. Ligne de chant envoûtante et apaisante, impériale sur ce refrain sublimé par notre belle rousse. Merci pour ce moment.

On sort d’un songe en écoutant « Synergize – Manic Manifest » qui démarre sur les chapeaux de roues pour un morceau bien ficelé, musicalement classique pour le groupe mais agréable à l’oreille avec un super solo bourré de feeling de la part d’Isaac.
« Twilight Reverie - The Hypnagogic State » est un excellent morceau avec un refrain superbe et entraînant. Ce titre aurait pu figurer sur l’EP « The Solace System ». L’orchestration est très présente, Mark brutal sur le pont avec un riff qui déchire ! Belle claque et encore un solo inspiré à l’exécution impeccable.
On termine avec le titre éponyme : « Omega – Sovereign Of The Sun Spheres » où le groupe me scotche d’entrée : utilisation de l’orchestre et riff très atypique. Ça claque de ouf et ça me surprend ? Et bien… Que de surprises. Ce titre a tout ce que j’aime dans le groupe, une recette parfaitement équilibrée, sublimée par l’expérience des membres du groupe. Une tuerie parfaite pour terminer cet album.

Cela faisait bien longtemps qu’EPICA ne nous avait pas offert un album de cette trempe. Dans sa puissance, ses mélodies, son équilibre je dois dire que l’album n’a pas beaucoup de défauts. Certains titres sont un peu en deçà mais cela n’a aucune importance dans l’écoute globale. Et surtout c’est tellement mieux que ce à quoi je m’attendais que je suis content !! J’ai retrouvé un de mes groupe préféré ! Et ça n’a pas de prix !
Du grand EPICA !
 
Critique : SBM
Note : 9/10
Site du groupe : Site Officiel
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