Chronique

PAIN OF SALVATION - SCARSICK / SPV 2007

Voici donc le sixième album de Pain Of Salvation, groupe qui d'année en année fait parler de lui et commence à être une valeur sure dans le petit (?) monde du metal. Etant néophyte j'ai abordé l'écoute de cet album sans a priori et sans attente particulière de la part du groupe. Mais quelle fut ma surprise en découvrant ce fabuleux album !!
 
Tout commence par la chanson titre « Scarsick » avec un couplet brutal et lourd aux sonorités atypiques, un chant plutôt "rap metal" qui fait place à quelque chose de plus planant lors du refrain parsemé de connotation mélodique orientale. Je remarque un très bon mélange de la voix et de la musique, c'est super bien travaillé.
On continu avec « Spitfall », construit sur le même schéma (tension / apaisement), encore un peu plus brut : c'est brut dans le sens où ça nous est livré direct, comme si ça nous tombait dessus. Cette fois ci le refrain résout la tension du couplet grâce à une belle ligne mélodique. Très bon titre encore.
 Le jeu se calme avec l'arrivée de « Cribcaged » avec un petit riff sympa à la guitare acoustique et des gazouillements de bébé en fond (si si). Puis le piano arrive pour assoir le thème de la musique très calme au début et qui va crescendo en intensité, avec des paroles entêtantes qui vous parlent de plus en plus : bref on se sent concerné d'un coup. La musique de Pain of Salvation vous parle et c'est ça qui est fou.
Maintenant qu'on est bien accroché voilà qu’arrive un titre pêchu et satirique à tout point de vue « America » : très bon riff de basse, et la guitare a un petit son de Banjo sur le refrain.
Vraiment drôle.
Mais on n’est pas au bout de nos surprises avec « Disco Queen » : on entend un rythme étouffé au loin, et puis vlan, c'est comme si on se retrouvait sur une piste de disco ! Même si ce n'est pas votre style de prédilection ce morceau est tout à fait appréciable, car le groupe ne perd pas du tout son identité. Toujours une atmosphère particulière avec ses sonorité vraiment spéciales : le couplet est plutôt sombre et le refrain est délirant. Un titre énorme qui vous restera pas mal de temps en tête.
Puis la fête Disco finit pour laisser place à un morceau plus sérieux « Kingdom of Loss »:      un morceau pilier, très fort tant au niveau du message qu'on veut nous faire passer qu'au niveau de la musique (une atmosphère Space Die vest de Dream Theater). Quelques phrases résument l'idée de base du concept "someone sales his soul /All for sale /Life on sale". Mélodie magnifique sur le refrain, solo guitare inspiré ; excellent.
 
Le voyage n'est pas encore fini et on poursuit avec « Mrs. Modern Mary Mother », un petit riff de guitare puis une voix de robot qui lance le morceau. Son d'orgue en fond : inutile de préciser que ça parle de religion, vu que je n'ai pas les paroles en ma possession je suppose        que ça dénonce un automatisme engendré par les religions : " I find
god, life will never be the same". Bon titre.
Puis quelques notes aigues résonnent à la guitare, c'est « Idiocracy », à la fois lourd et planant ce qui donne une sensation étrange. Ça détend mais on sent bien qu’il y a un truc qui ne va pas : les paroles (et la musique) nous montrent qu'on se voile la face en tant que collectivité, on accepte un monde sordide sans faire quelque chose même si individuellement on en a pleinement conscience. Et ce qui est fort avec ce groupe, c'est que le message qui passe est aussi contenu dans la musique.
On poursuit avec « flame to the moth », retour à des sonorités orientales, le titre nous réveille de notre torpeur due à "Idiocracy". C’est brut et ça nous prépare vraiment bien pour la suite.
Le sublime « Enter rain ». Musique calme aux sons très torturés, une ambiance quasi mystique, mélancolique : le refrain explose, une sorte de délivrance. C’est peut être idiot ce que je vais dire mais c'est comme prendre un bain ou une douche après une dure journée de boulot : si on vient de traverser cet album en entier, chargé en messages, ce morceau est le moment où l'on se pose enfin.
       
Conclusion : on ne ressort pas indemne de ce voyage, et même au bout de multiples écoutes il y a encore plus à découvrir ! Une œuvre intelligente et remarquable.
Newik
 
Critique : Lionel
Note : 9/10
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