Chronique

THOUGHT CHAMBER - ANGULAR PERCEPTIONS / Spv 2007

Thought Chamber est un groupe américain, dont l’idée de création est venue de la rencontre entre le guitariste Michael Harris (Arch Rival, Surgeon et Michael Harris solo) et le vocaliste Ted Leonard (Enchant). Derek Blakley, Rob Stankiewicz et Bobby Williamson, respectivement bassiste, batteur et clavieriste, viennent compléter ce line-up. Angular Perceptions est donc le premier album pour ces musiciens qui, par leurs influences : Kansas, Yes et Rush, officient, vous l’aurez compris, dans un metal progressif alambiqué.
Dans un style qui a tendance à saturer, avouons-le, Thought Chamber se doit de proposer quelque chose d’à la fois, mélodique, technique mais surtout original, afin de ne pas retomber dans l’oubli.

Tout comme je l’avais annoncé en intro de ma critique du « The Origins Of Ruin » de Redemption : j’accroche très peu au metal prog. Certains groupes font partie d’excellentes exceptions comme Vanden Plas, Shadow Gallery ou Evergrey, mais c’est surtout avec le prog (que) technique que j’ai du mal. Les changements de rythmique toutes les cinq secondes, les chansons instrumentales de vingt minutes, les soli sans fin et autres « bruits bizarres » ont souvent raison de mon impatience. Une ambiance (Evergrey), un son unique (Shadow Gallery), un chanteur très talentueux (Andy Kuntz, Tom S. Englund, Russell Allen), voilà ce qui arrive à faire pencher la balance du bon côté chez moi. A n’en point douter, tout cela vient du fait que votre serviteur n’est un pas un musicien et qu’il base son jugement énormément sur la qualité intrinsèque d’un morceau, mais surtout sur l’émotion que celui-ci dégage. Le morceau peut être techniquement complexe, si rien ne se dégage d’autre que cette technique, souvent égocentrique, je passe mon chemin. Je rejoins donc l’avis de Abbath (Immortal) qui disait : « la technique permet de véhiculer plus de choses, c’est un outil précieux. Mais c’est uniquement un moyen, jamais une finalité ».
Une intro (ça par exemple :P) débute cet album. Il s’agit de « Premonition ». Des sons stridents de synthé à la « Psychose » de Hitchcock retentissent, enchaînés par de très bons riffs de grattes. Ouf il s’agit bien de metal prog et non de rock progressif. Les rythmiques sont bonnes et le tempo ralentit sur la fin, de manière, bien entendu à introduire le plus limpidement possible le morceau suivant. Ce dernier est intitulé « Sacred treasure » et démarre par des guitares sèches suivies par un riff bien lourd de grattes et de synthé. Enfin, Ted Leonard vient poser ses vocaux. Le timbre du chanteur tout en douceur et justesse colle très bien à ce morceau ou tout simplement à ce style. Quelques chœurs sont également présents mais tout comme Ted, ils s’effacent en milieu de morceau pour laisser la place aux musiciens. Les impros de synthé, de bruits bizarres ou même de basse (bien présente) s’articulent autour du riff principal de guitare. Le morceau en lui-même reste quand même assez calme et beaucoup plus prog que heavy alors que le début du titre aurait fait plutôt penser à l’inverse. On enchaîne avec « A legend’s Avalon ». Encore un track assez tranquille où la voix de Ted Leonard fait parfois penser à celle de James Labrie (Dream Theater), principalement dans les passages calmes voire narrés. Les moments instrumentaux sont encore présents durant lesquels les musicos semblent s’amuser. Surtout qu’ils sont vraiment tous à la même enseigne et que chacun a son instrument bien audible. « Balance of one » prend le relais avec ses riffs saccadés mais énergiques. Ted est poussé dans ses derniers retranchements, mais même dans les notes extrêmes (plus poussées que aigues), cela passe sans accros.
« Mr Qwinkle’s therapy » est le premier titre100 % instrumental. Je ne développerai donc pas plus ce dernier car vous avez compris ce que je pensais de ce genre de morceau (cf. intro et début de critique). Je préfère poursuivre cette galette avec « Transmigration of souls » qui est pour moi le meilleur morceau de l’album. Une intro Maidenienne, un refrain sympa et une partie instrumentale pas trop ennuyante. On poursuit avec le très rock « God of oblique », sympathique mais pas transcendant non plus. Vite écouté vite oublié en définitif.
Une ambiance à la Angra période « Holy Land », c’est « Silent shore » qui démarre. Morceau lent, c’est également le plus court de ce « Angular Perceptions ». Plus un interlude de luxe qu’un titre à part entière. Poursuivons avec le deuxième et dernier instru, à savoir « Accidently on purpose ». Rien de spécial à signaler en dehors des soli de guitares, hormis peut-être quelques passages de pure basse. On termine avec le morceau le plus long de l’album, à savoir plus de sept minutes trente. « A mind beyond » vient donc clôre cet opus et on se dit que c’est quand même dommage que le chanteur de Enchant n’est pas eu plus de temps de parole. Mais bon, il paraît que c’est « normal » dans le prog…

Conclusion : Ce « Angular Perceptions » est un bon album, mais qui, à l’inverse du « The Origins Of Ruin » de Redemption, ne s’avère indispensable que pour les fans purs et durs de metal progressif.
 
Critique : Secret Sfred
Note : 6.5/10
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