Chronique

KEN HENSLEY - BLOOD ON THE HIGHWAY / Mat 2007

Ken Hensley (Uriah Heep) est le genre de musicien qui ne fait pas les choses à moitié, et ce « Blood on the highway » en est la preuve irréfutable. Il s’est tout simplement entouré d’une dream team de vocalistes pour aboutir à cet album mélant blues, hard rock et AOR.
En effet, Ken Hensley partage le micro avec Jorn Lande (Ark, Masterplan, Jorn Lande solo), John Lawton (Uriah Heep), Glenn Hughes (Deep Purple, Black Sabbath) et autre Eve Gallagher. Difficile donc de ne pas vouloir faire un petit bout de chemin avec eux…

On démarre cet album par le bien nommé « (This is) just the beginning » interprété par Jorn Lande. Très bluesy, la voix de ce dernier colle très bien au morceau même si le registre ne semblerait pas, au premier abord, aller au timbre de Jorn. En même temps, sa voix est tellement magique (avis personnel) que tout lui convient ! Ici, on est quand même plus proche de ses compos persos que celles dans Masterplan c’est sûr. Mais bon, comme sur tous les titres de cette galette, le maître-mot semble être : interprétation. Tout coule, rien n’est forcé et la sensibilité et l’investissement de chaque interprête s’en ressent. Le track suivant est intitulé « We’re on our way » et Jorn partage les vocaux avec sieur Ken Hensley himself. Un morceau très entraînant où les voix des deux comparses se marient très bien. La gratte électrique est l’œuvre de Rafa Raposo et est très légère, jamais trop heavy, bref juste ce qu’il faut.
Jorn Lande redevient chanteur principal sur le titre éponyme de l’album, soit « Blood on the highway ». Le timbre très chaleureux démarre sur une rythmique très lente, presque parlée et s’emballe un petit peu plus sur le refrain. Le tout reste quand même très bluesy encore une fois et ce type de musicalité convient finalement au chanteur qui peut laisser libre cours à des envolées très à propos et qui rendent le morceau encore plus vivant. Toujours lead singer sur « You’ve got it », Jorn semble se lacher comme jamais. Et qu’est-ce que c’est bon quand le vocaliste part dans ses vocalises haut perchées ! Le rythme est soutenu et le refrain hyper catchy.

On enchaîne avec « Doom (scene 1) » qui est le premier interlude (il y en aura trois en tout) de l’album. D’à peine dix-neuf secondes, il introduit le titre suivant, à savoir « It won’t last ». Et cette fois-ci, c’est le camarade John Lawton qui prend le micro pour un très beau morceau. Interprété de manière très sensible, la musique semble vraiment être en « arrière plan », dans le sens où elle n’entache jamais la prestation de John de soli inutiles et autres percus trop heavy. Place maintenant à une vocaliste pour une jolie ballade. Il s’agit de « Think twice » dont se charge Eve Gallagher, accompagnée à la guitare par Dani Saiz. Le timbre de la lady colle magnifiquement à ce genre de morceau. Son timbre rappellera parfois celui de Tina Turner, mais version “soft” et non pas sur-excitée. Un refrain encore une fois catchy, mélodique et doux. Comme pour la cinquième plage du cd, c’est « Doom (scene 2) » qui viendra introduire le titre suivant, c’est à dire le très lancinant « There comes a time ». Cette fois-ci, c’est directement Ken Hensley qui se charge des vocaux. Un titre très mélancolique, et même magnifique dans son interprétation et accentué par le saxo d’Antonio Molto. Je vous avais bien dit que Mister Hensley n’aimait pas faire les choses à moitié !

« Okay (this house is down) » semble être un titre live. Je dis “semble” car je n’arrive pas à distinguer s’il s’agit d’un vrai live ou d’un effet voulu pour faire comme si... Bref, Jorn Lande reprend les rennes pour un morceau beaucoup plus hard rock que les précédents, ce qui n’est pas plus mal car le rythme s’était quelque peu ralenti depuis deux titres. On change de vocaliste et c’est cette fois-ci au tour de Glenn Hughes de s’emparer du micro pour performer le track suivant, à savoir « What you gonna do ». On revient sur un rythme plus lent avec cette ballade mid tempo qui semble un peu facile. A vrai dire avec un tel chanteur, je m’attendais tout de même à un meilleur morceau. « Postscript » est encore un interlude d’un peu plus de vingt secondes, interprété par Ken Hensley. Rien de transcendant du tout (comme les deux interludes précédents d’ailleurs). On enchaîne donc avec « I did it all » toujours interprété par Ken Hensley. Ballade qui lorgne vers la bonne période de Bon Jovi avec une prédominance intéressante du piano. Beau morceau, belle maîtrise générale. Le dernier titre de l’album s’intitule, et à juste titre, « The last dance ». Glenn Hughes est de retour pour une chanson beaucoup plus convaincante que lors de sa précédente apparition. Dépassant les huit minutes, c’est le morceau le plus long de l’album. La mélancolie règne et on a ici la preuve que la tristesse peut être belle. Ce « Blood on the highway » se clôture donc de fort belle manière.

Conclusion : Un album excellemment interprété ! Il faut dire que les vocalistes ne sont pas des débutants. Mais cela ne les empêche aucunement de conférer à leur manière de la puissance ou de la mélancolie, le tout avec une sensibilité parfaite. Un très beau moment à passer, bref ne passer pas votre chemin sur ce « Blood on the highway ».
 
Critique : Secret Sfred
Note : 8/10
Site du groupe : Site officiel de Ken Hensley
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