Chronique

WARREL DANE - PRAISE TO THE WAR MACHINE / Century media 2008

Le charismatique chanteur de Nevermore profite du break de son groupe pour nous proposer son premier album solo. Entouré d’une bien belle équipe : Peter Wiches (Ex Soilwork) guitare compos, Dirk Verbeuren (Scarve, Soilwork) à la batterie et quelques invités distillés le long de ses douze morceaux perso Warrel nous présente son monde à lui.

C’est un « When we pray » des plus heavy qui nous accueille. Première constatation même si on ne s’éloigne pas trop de Nevermore (avec une voix pareille on ne peut tout simplement pas) la musique est plus mélodique, moins axée technique, plus directe et efficace. Dirk se présente dans un registre différent mais réalise un super travail (ainsi qu’à la basse !). Warrel de son côté, sublime l’ensemble de son timbre et de sa sensibilité unique, émerveillant grandement chaque note. Dès « Messenger » on retrouve la voix torturée d’un Warrel habité, et un Jeff Loomis (Nevermore) aux commandes d’un solo extra. Le refrain est accrocheur et rentre de suite dans la tête. Une sorte de single très convainquant.
« Obey » poursuit à nouveau sur un mid tempo presque glacial et martial qui surprend. Une lugubre ambiance lorgne durant tout le couplet, puis le refrain appuyé donne une sorte de noire délivrance. Pas le plus accessible mais terriblement gênant. A noter un joli solo de Peter tout en subtilité. Une première reprise arrive avec « Lucretia my reflection » de Sister Of Mercy qui donne un côté Rammstein à l’album. Un très grand moment superbement interprété par un Warrel exquis, qui module son chant du doom gothique aux envolées écorchées prenantes.
Place à un nouveau grand moment avec « Let you down ». Une sorte de ballade renforcée de lourdes guitares, qui donnent à l’ensemble une puissance dévastatrice. Un douloureux moment qui respire la mélancolie mêlée à de douces mélodies emprunt de gaieté. A noter la participation de Chris Broderick (Ex Jag Panzer / Megadeth) à la guitare.
Après quelques secondes de répits « August » poursuit avec cette impression de tristesse à jamais ancrée en vous. Un autre mid tempo porté par une voix capable de vous procurer toutes les sensations les plus sombres. Un court moment qui accélère sur la fin pour mieux vous anéantir.
De doux accords de guitare sèche débarquent et coulent le long de nos oreilles. « Your chosen misery » est la ballade de l’album. Comme on peut s’y attendre, celle-ci est fort bien réussie. Mr Dane réalise une performance toute en retenue qui éblouit. Un sublime moment où, bien sûr la guitare saturée fait son apparition. Fort plaisant.
Si le gros métal vous manquait « Praises to the war machine » remet les pendules à l’heure. Gros riff, rythme soutenu, ambiance façon bulldozer en action, ici on vogue entre Nervermore et Soilwork. Encore une fois que de réussite. Et pour finir Mr James Murphy vient poser son petit solo !! Alors si depuis le début un côté triste lorgnait deci, delà (normal avec lui) là, on a affaire à du très lourd : « Bother » ! Un règlement de comptes sur forme de lourd mid tempo limite ballade, où la douleur transpire à chaque note. Un condensé de mélancolie palpable qui vous prend des tripes jusqu’au cœur et ne vous lâche plus, vous tirant même quelques larmes. Du très lourd aux conséquences immédiates.
Deuxième reprise avec « Patterns » empruntée au répertoire de Simon & Garfunkel qui ici reçoit une sacrée paire de couilles et de guitares sauvages. Si vous connaissez la version d’origine là, il y a peu de chance de la reconnaître. Une bonne idée. « This old man » reprend les histoires gaies (un vieux abandonné par ses enfants c’est pas mal !!), qui permet encore une fois à Warrel de nous sortir ses notes sensibles et touchantes. Malgré un départ calme, la suite plus métal, fait respirer cette chanson encore bien teintée d’amertume.
Pour terminer « Equilibrium » joue moins avec nos sentiments. Un titre percutant comme Nevermore les apprécie, qui fini plus que convenablement un premier effort des plus gratifiant. En attendant un nouvel album de ce combo hors du commun !!

Conclusion : même si on reste proche de Nevermore Warrel Dane signe là un très bon album solo, personnel, habité et exécutoire. Une performance extra (comme souvent d’ailleurs) pour une des plus belle et émouvante voix du circuit. Douze titres à écouter sans arrière pensée qui vous feront passer un très agréable moment. Un album conseillé à tous fans de métal.
 
Critique : Guillaume
Note : 9/10
Site du groupe : Site officiel de Warrel Dane
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