Interview

DELAIN (2011) - Charlotte Wessels (chant)

Même si la jolie chanteuse de Delain n'a pas pu s'entretenir avec moi en face-à-face (gros retard du tourbus le jour de leur concert marseillais et interviews annulés), elle a tout de même souhaité répondre à mes questions par mail. Naturelle et charmante, tout simplement.


Lucidity est sorti en 2006. Trois ans plus tard, April Rain sortait.
Cela signifie-t-il que nous devons attendre encore trois ans avant la sortie du prochain, c'est-à-dire en 2012 ?

Ca se pourrait bien oui. Même si ce n’était pas prémédité. Nous finissons l’enregistrement cet été, donc la sortie pourrait avoir lieu vers l’hiver.

Est-ce que les nouveaux morceaux sont déjà prêts ?
Si c’est le cas, avez-vous prévu d’en jouer sur cette tournée ?

La plupart des morceaux sont déjà terminés. Pour être franche, nous n’avons jamais écrit autant de titres pour un album. Il nous reste maintenant à décider lesquels nous allons garder. Nous avons quand même envie de passer encore un peu de temps dessus pour, éventuellement, en retoucher certains.
Effectivement, sur cette tournée, nous jouons trois nouveaux extraits (NdSS : « Manson, Get the devil out of me et Milk & honey ») . Cela nous permet de voir s’ils ressortent bien en live. Pour l’instant, nous en avons eu de bons retours.

Pour Lucidity, Delain ressemblait à un groupe « concept » (par rapport à tous les chanteurs invités).
Pour April Rain, le groupe semblait presque formé (vu que Ronald et Rob sont partis).
Finalement, votre troisième album semble être votre véritable départ en tant que groupe. Ressens-tu une certaine pression ou, au contraire, éprouves-tu une certaine impatience ?

Oh tu sais, je pense que pendant April Rain, nous étions déjà un vrai groupe. Les départs de Rob et Ronald n’effaceront jamais les bons moments que nous avons passés ensemble en tant que groupe. Cependant, c’est vrai que c’est un petit nouveau départ, mais je suis très confiante quant au futur de ce nouveau line-up. Nous sommes une vraie équipe et je t’assure que nous allons sortir un album de tueurs. Voire même plusieurs !

Avec ce troisième album, devons-nous nous attendre à un grand changement musical ?
Il y aura quelques changements c’est sûr, mais te dire que ce sera un gros chamboulement serait un mensonge. C’est une notion très subjective, les fans seront sûrement divisés par rapport à ce qu’ils entendront. Nous avons fait évoluer notre manière de composer et cela aura certainement des répercussions sur la structure des morceaux. D’ailleurs, tu peux déjà t’en rendre compte en écoutant nos trois nouveaux titres (NdSS : cf. deuxième question), sur youtube par exemple. Même si de nouvelles chansons auront encore d’autres directions musicales. Tu m’en diras des nouvelles (sourire).

Se produire sur scène est un des meilleurs moyens pour présenter Timo et Otto à vos fans, n’est-ce pas ?
Exactement ! En plus, cela nous permet de renforcer notre esprit d’équipe encore plus fort. Passer autant de temps dans si peu d’espaces dans le tourbus nous donne l’occasion de mieux nous connaître. Pour le meilleur, comme pour le pire (rires)

Le concert de ce soir (NdSS : Marseille, le 08/05/2011) est très attendu par vos fans (NdSS : cf. celui annulé en 2009). Est-il également spécial pour vous, et toi en particulier ?
Et comment ! Ce concert annulé ajouté à celui de la veille à Barcelone où le groupe a pu jouer, mais où je n’ai pas pu chanter m’ont hanté pendant longtemps. Ces problèmes-là m’ont fait stresser avant chaque tournée, craignant de perdre à nouveau ma voix. Tous les soirs, nous discutions à voix basses, c’est vraiment le cauchemar de tout chanteur. J’aurai pu être superstitieuse, mais maintenant que nous avons rejoué à Barcelone –où nous avons tout déchiré !- et rejoué à Marseille –où nous avons à nouveau tout déchirer !-, on dirait que la malédiction est enfin brisée ! (rires)

La France a, depuis quelques temps maintenant, son festival : le Helffest (où vous avez joué l’année dernière). Qu’en penses-tu ? Est-il devenu la nouvelle « place to be » pour les groupes de metal ?
Effectivement, ça peut le devenir très rapidement. De notre côté, nous avions vraiment adoré y performer. Les autres groupes, le public, l’atmosphère metal qui y régnait, c’était un super souvenir.

Il y a un lien spécial entre Delain et la France (tout comme c’était les cas quand Epica et Within Temptation ont démarré). Le ressens-tu également ?
Oh oui ! (sourire) C’est vrai que, par exemple, tous nos concerts à Paris étaient magiques. D’ailleurs, il me semble que la France a été le premier pays, après la Hollande, où est sorti notre album. Ceci explique peut-être aussi cela.

Avec le téléchargement illégal, partir en tournée semble être le meilleur (et seul) moyen pour vous de gagner de l’argent. D’un autre côté, le téléchargement permet aux groupes de diffuser leur musique. Que penses-tu de cet aspect paradoxal ?
Je pense qu’un groupe se doit d’utiliser tous les moyens promotionnels possibles à son profit, même si cette nouvelle technologie promotionnelle a, comme tu le soulignes, un côté très négatif pour les artistes. Une des facettes les plus importantes d’un musicien est d’être créatif. Pas seulement pour la musique, mais également pour promouvoir son produit. Donc, même si on est contre ces nouveaux moyens de développement, nous n’avons pas le choix et devons faire avec. Les anciens temps sont révolus et nous ne pouvons plus revenir en arrière.

Vous n’hésitez pas à accepter des fans sur vos pages personnelles Facebook.
Est-ce un moyen pour vous de rester proches d’eux ?

Absolument. C’est un outil à la fois personnel et professionnel. Il nous arrive souvent de rencontrer des fans en leur disant « Hey, tu es Mr. untel de Twitter ou Facebook, n’est-ce pas ? ». Cela nous permet également de savoir d’où viennent nos fans, et de ce fait, envisager d’éventuelles tournées dans de nouveaux pays. Nous pouvons également aménager notre setlist par rapport aux morceaux qu’ils préfèrent etc…

Lordi pour la Finlande ou Keep of Kalessin pour la Norvège ont participé à l’Eurovision. La Hollande ne vous l’a jamais proposé ? Si oui, auriez-vous accepté ?
C’est marrant que tu me parles de ça, car juste avant la sortie de notre premier album, quand il n’était qu’à sa phase de conception, nous nous sommes posés la question. Je ne sais plus à quel point nous étions sérieux, mais avec Martijn, nous en avions discuté. Au final, nous avons laissé tomber, même si cela nous aurait offert beaucoup d’expositions. Nous avons préféré confirmer Delain en tant que groupe en sortant l’album plutôt qu’en devenant « le groupe qui a participé à l’Eurovision »…. et qui a disparu de la circulation quelques mois après (rires).

The Gathering, Within Temptation, After Forever, Epica ou Delain, pour les plus connus, quel est le secret de la Hollande pour créer autant de si bons groupes de metal “à chanteuses” ?
Si je te le disais, ce ne serait plus un secret (sourire) !

C’est la fin de l’interview, je te laisse le dernier mot, peut-être en Français ?
Nos concerts français ont été extraordinaires. Merci à tout le monde d’avoir été au top, c’était sensas ! Au revoir (NdSS : en Français dans le texte) !
 
Critique : Secret Sfred
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