Interview

DWAIL (2011) - Julian

Une fois n'est pas coutume, c'est un groupe toulousain qui répond à mes questions. DWAIL en la personne de Julian, nous présente leur premier album ainsi que leur point de vue sur la scène metal.


Comment raconteriez-vous l’histoire de DWAIL aux lecteurs des SEIGNEURS DU METAL ? Comment la rencontre entre les quatre gars et la demoiselle s’est passés ?

Oula alors se serait très long a expliqué comme il faut ! En gros nous nous connaissons tous du lycée Matéo (Basse), Léa (Batterie) et moi (Julian / Guitare). Nous avions un batteur avant d’avoir Léa. Il est parti et Léa était dispo pour rejoindre le groupe (sachant qu’elle joue avec H-Tray aussi). Yannick lui était un ami qui était à la recherche d’un groupe en 2009, juste au moment où le premier chanteur décidait de partir. Pour ce qui est de Yannick (Guitare) il est le dernier à avoir rejoins le groupe et avoir remplacé l’ancien gratteux. On connaissait Yannick de part son activité au sein de la scène toulousaine vu qu’avant il officiait dans Psykup. Voila en très très résumé comment on se retrouve à faire du rock dans un garage toutes les semaines !
Du coup Dwail c’est un groupe qui a vu le jour en 2006, qui a une soixantaine de concerts à son actif en France, Luxemboug, Suisse et Andorre. On a sorti un premier EP en 2006 sous la houlette de Brice et Vidda de Manimal/ Psykup. Et là plus récemment on vient de sortir notre premier album en avril 2011 signé sur Klonosphere / Season Of Mist, mixé et masterisé par Logan Mader (ex Machine Head, Gojira, Soulfly..)


Quel a été le point de départ qui vous a poussé à monter votre propre groupe ? Un rêve de gosse ? Une prise de conscience, l’envie de transmettre un message ?

L’envie vient de vouloir partager quelque chose avec d’autres personnes. Je pense que la forme la plus basique de la musique c’est le partage. Après le fait de vouloir évoluer c’est parce qu’on fait des rencontres qui te motivent et qui te filent des déclics. Après le fait aussi de créer ça t’aide je pense à te développer et te construire.

Dans votre pressbook, vous dîtes que votre style est unique. Il y a beaucoup de groupes qui se vantent à tort ou à raison de proposer quelque chose de différent. Pourquoi cette volonté manifeste d’offrir un large éventail. Et quelle serait la chose qui vous différencie de tous ces autres groupes hormis le fait que vous soyez toulousains (on s’est que ce sont les meilleurs) ?

La volonté d’offrir un large éventail comme tu dis vient du fait qu’on vient tous d’horizons différents. Matéo vient du punk, Yannock du Hardcore, Yannick lui a découvert la zic avec Pink Floyd, Léa a ses influences et moi les miennes. Du coup quand on mélange tout ça en répét ça donne ce qu’on fait. En plus je trouve que le metal est une musique où tu peux tout te permettre, donc autant s’amuser et sauter d’un style à l’autre et le métisser le plus possible ! Après on ne regarde pas trop par rapports aux autres groupes ou ce qui est à la mode, on fait juste comme on a envie.


La question qui suit m’est venu d’après l’expérience que j’ai. Quand on est sponsorisé par de nombreuses structures que ce soit un label, des webzines, ne croyez-vous pas que quelque part ça peut porter atteinte à la musique que vous faîtes ?

Tant que ça reste des petites structures il me semble que tu ne le ressens pas et que ta musique n’est pas altérée. Après c’est sûr que plus tu grossis, plus tu as des gens qui gravitent autour du groupe et qui risquent de t’imposer des choses et de peut être dénaturer ta musique… pour nous ce n’est pas le cas donc je ne peux pas trop m’avancer sur le sujet. Le fait de bosser avec ces structures plus petites te fait découvrir un autre coté de la zic, tu dois suivre au niveau promo, interview, mais c’est plutôt bien, t’apprends de nouvelles choses et c’est intéressant.


Travailler sur des groupes de sa région, c’est toujours agréable, en multipliant les recherches on se rend compte que d’un groupe à un autre, il y a certaines corrélations. En effet, vous avez été suivi par Vidda et Brice de Manimal pour votre premier EP, Monstro (sorti en 2006). A côté de ça, A PLANE TO THE VOID, groupe qui a sorti son premier EP en avril dernier a également travaillé avec les gars de MANIMAL. On a comme l’impression que la scène metal est une grande famille, je me trompe ?

Oui c’est une grande famille, mais comme dans chaque famille tu es plus ou moins sur la même longueur d’onde avec certaines personnes. Pour ce qui est de Vidda et des Manimal, on peut parler d’une très bonne rencontre et entente. On a les mêmes gouts plus ou moins la même vision des choses. Quand il m’a d’ailleurs fait découvrir A Plane To The Void j’ai de suite accroché. C’est arrivé avec d’autres groupes toulousains comme I Pilot Daemon, Krank, Alea Jacta Est, Emia, Naïve,…


En avril dernier, vous avez sorti HELTER SKELTER, parlez-moi un peu de ce nouveau disque.

Helter Skleter est notre premier album. C’est un album concept qui raconte l’histoire d’un tueur en série qui voyage d’Inde en Andalousie. La musique traduit le voyage mouvementé du personnage. Ça part dans tous les sens et ça mélange pas mal d’influences metal, hardcore et rock’n’rollesques ainsi que du flamenco et des sonorités hindous.


Après quatre années de silence, quel était votre état d’esprit, lorsque vous êtes rentré en studio ?

On était impatient et il nous tardait d’accoucher ! On avait envie d’apprendre et de voir où on en était. Au final on a eu ce qu’on attendait. On a bossé entre nous vu qu’on a fait les prises chez Pierre qui est notre ingé son, on voulait avoir cette touche live sur l’album. Un coté plus direct et abrasif !


Comment avez-vous rencontré Logan Mader (ex-Machine Head) ?

On ne l’a pas rencontré en vrai mais tout c’est fait par le biais des mails. On lui a écrit pour savoir si ça pouvait l’intéresser de travailler avec nous. Il a écouté notre myspace et nous a répondu que ça lui plaisait. C’est allé assez vite au final et très simplement. La partie mixe, elle a duré plus de temps et était un peu plus délicate. On a fait tout ça par mail, on a du bosser notre anglais pour arriver à se faire comprendre, et vraiment lui faire passer nos envies et notre ressenti ! Lui de son côté a aussi proposé des idées sur certains passages, c’était cool d’avoir une vision en plus et des surprises quand on écoutait les nouveaux mixes.


Justement on n’a pas trop la pression quand un grand monsieur comme lui se penche sur notre musique ?

Si un peu mais au final, tu te dis que les dès sont jetés, l’album était composé et on ne pouvait plus rien y changer. C’est de la pression mais c’est aussi motivant et ça te donne envie d’améliorer tout encore plus, pour le prochain album !


A travers un article que j’ai lu à votre sujet, il est mentionné que votre album manque de densité. Il y a également un rapprochement fait entre une production précédente de Logan Mader sur Raintime. Avez-vous une circonstance atténuante pour votre défense ?

Non pas de circonstance atténuante, on a fait la musique qu’on a voulu à ce moment là. Le plus important c’est de ne pas avoir de regrets, là c’est vraiment le cas, on referait tout exactement pareil. Après c’est un premier album et on ne peut pas dire qu’on a atteint notre maturité musicale, ce qui dans un sens est bien, ça nous laisse une marge de progression assez importante et ça présage que du bon pour la suite ! Ensuite pour ce qui est des comparaisons, une fois que ta musique est sur un disque elle ne t’appartient plus, les gens l’écoute et en font ce qu’ils en veulent, les comparaisons sont inévitables. Ça fait parti du jeu, nous ça ne nous gêne pas.


Quelle couleur musicale donneriez-vous pour définir au mieux cet album ?

Comme on le dit souvent c’est dur de donner une couleur ou un style à cet album. Le mieux c’est de l’écouter et que les gens se fassent leur propre idée. Nous on dit qu’on fait du metal mélangé à du hardcore et du rock’n’roll, ça englobe un peu tout !


Comment ça se passe chez DWAIL au niveau des compositions ? Et comment vous est venu cette idée « folle » de faire une reprise des Beatles ?

Généralement c’est une personne qui amène soit un morceau entier soit des riffs près enregistrés et ensuite on finalise tout ça en répét, tout le monde peut y participer du coup et rajouter sa patte.
L’idée de la reprise vient de Yanncok (chant) qui a trouvé le titre de l’album. C’est un clin d’œil à Charles Manson et sa folie déclenché suite au titre Helter Skelter des Beatles. Il se passe plus ou moins la même chose dans notre histoire, le tueur devient tueur suite à un air de flamenco. Après le coté décalé nous a bien plu aussi, on avait envie de vraiment réadapté le titre et de ne pas faire comme ce qui a était fait à présent, on ne voulait pas juste reprendre et métallisé le titre mais vraiment se l’approprier.


Combien de temps vous aura t’-il fallu pour travailler sur HELTER SKELTER ? Est-ce que finalement ça coûte cher de sortir un album de nos jours avec tous les frais engagés ?

Au final on a passé 3 ans voir presque 4 pour finaliser tout ça. Les changements de line up nous on pas mal ralenti…
Au final sortir un album de nos jours ça un coût oui, entre le studio, le matériel, le mix, le pressage, la pub, etc, etc,…. Nous on a voulu pour notre premier se faire plaisir et soigner le tout. C’est un choix qu’on ne regrette pas, maintenant pour le deuxième on va tenter d’approfondir et d’optimiser le tout !


Comment a-t-il été perçu par les médias ?

Assez bien, on n’a pas à se plaindre. Il y a plus de bons échos que de mauvais ! On remercie aussi Guillaume de Klonosphere qui a bien bossé sur le projet et qui a bien arrosé tous les médias.


Quelle est la signification de votre cover ? L’avez-vous réalisé vous-même ?

Le cover illustre le concept de l’album. L’histoire se passe majoritairement en Inde donc les éléphants c’était le symbole qui nous paraissait le plus approprié. Le monde dans lequel évolue le tueur est bio-mécha et Steampunk, d’où les ornementations des éléphants. Le dessin a était réalisé par le graffeur Spazm qui est un ami à nous. Matéo quand à lui s’est occupé des couleurs et de la mise en page du digipack.


Quel est votre meilleur souvenir de concert ?

Pour ma part le meilleur souvenir c’est notre passage au Bikini au coté de Gojira sur leur tournée de The Way Of All Flesh. C’est un groupe que je suis depuis assez longtemps et dont j’apprécie la musique. D’avoir pu voir comment ils travaillaient était très intéressent, le fait aussi après de jouer devant une salle de cette taille comble c’est bien cool aussi !


BAB Production, je ne connais pas. C’est quoi (ou qui) précisément ?

BAB c’est le nom de l’asso qui gère le groupe. C’est un cadre administratif pour professionnaliser un peu plus le groupe et nous permettre d’être en règle quand on passe dans des salles ou quand on se fait contacter par des assos pour jouer.


Quels groupes écoutez-vous ?

Oula y’en a beaucoup mais en gros il y a : Pantera, Converge, Every Time I Die, Gojira, Manimal, Pink Floyd, Cypress Hill, Kate Nash, Protest The Hero, Machine Head, et pleins d’autres !


Quelle définition donneriez-vous à la culture ?

La culture à mon avis c’est l’expérience de vie, ce qu’on croise, ce sur quoi on tombe et qui nous marque. Ce n’est pas quelque chose qu’on impose à quelqu’un mais ça s’impose à toi.


Croyez-vous qu’aujourd’hui un groupe peut se passer des réseaux sociaux tels que MySpace, Facebook, Twitter ?

Non, se sont des outils dont on ne peut pas se passer, même si au final je pense que le live reste quand même la meilleure des promotions ! Mais l’un ne va pas sans l’autre. C’est un des éléments de la chaîne. Les réseaux sociaux servent à promouvoir le live, le live te permet de vraiment créer le bouche à oreille et de gagner des gens qui te suivent !


En tant que toulousains, suivez-vous les match de rugby ? Si oui, avez-vous un pronostic pour l'équipe de France ?

Alors pour ma part je le suis vite fait... j'aime bien mais sans plus, en revanche on a un vrai spécialiste dans le groupe. Matéo est assez impliqué dans la chose et voici donc sa réponse pour le pronostique des bleus : "si on bats les anglais en quart, tout est possible en phase finale, par contre dans l'état actuel des choses, on aura du mal à battre les anglais" donc en gros demain contre les Tongas on va gagner mais après c'est pas la fête!


Que nous réservez-vous pour la suite ?

Alors là on vient de sortir un titre inédit qui est donc la reprise Helter Skelter des Beatles, ensuite on a un clip en préparation pour fin octobre et pour finir on attaque la deuxième partie de la tournée Helter Skelter. N’hésitez pas à faire un tour sur nos pages facebook, myspace, twitter, etc,.. pour voir où on passe !


Je vous laisse conclure …

Merci à toi pour l’interview ! N’hésitez pas à faire un tour sur nos pages et continuez à allez voir du live, c’est comme ça qu’on continue à faire vivre la scène !
 
Critique : Alisia
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