Interview

UNIVERSAL MIND PROJECT (Version Française - 2016) - Elina Laivera (Chant)

C'est avec un grand plaisir que je me lance dans cette interview avec Elina, la chanteuse du groupe UNIVERSAL MIND PROJECT, qui sort son premier album THE JAGUAR PRIEST.

Bonjour Elina, merci de prendre le temps de répondre à mes questions. J’espère que tu vas bien.


Bonjour Lionel. Tout se passe bien de mon côté. Merci à toi et aux Seigneurs Du Metal pour cette interview.

Avant de commencer cette entretient à proprement parlé, peux tu te présenter à nous lecteurs.

Je suis une chanteuse et compositrice. Je suis originaire de Grèce et je vis depuis deux ans en Allemagne où j’étudie et travaille dans la musique. En 2013 j’ai sortis mon premier album avec mon groupe SEDUCE THE HEAVEN. Cet album est sortit en Europe, aux Etats Unis et au Japon. Deux ans et demi plus tard je reviens sur la scène metal progressif avec UMP et notre premier album „The Jaguar Priest“. J’ai aussi un album solo en route ainsi que d’autres projets en cours.

Parlons maintenant de Universal Mind Project (UMP, ndlr), qui est une sorte de All Star Band avec un tas d’invités, mais pas dans cet esprit d’opéra metal. Peux-tu nous donner un peu plus d’informations sur la création de ce projet, et aussi la raison pour laquelle vous avez choisis de faire un tel album?

C’est tout à fait ça. UMP n’a rien à voir avec un opéra metal. C’est un groupe avec un noyau dur, à savoir moi même et Michael Alexander, le chanteur Henrik Bäth et le batteur Alex Landenburg. Nous avons débuté en 2011 comme un projet, plus précisément c’est Michael qui a commencé de son côté en invitant tout un tas d’invités pour agrémenter son travail. Je suis arrivée en 2012 comme invitée aussi et je n’étais supposée faire qu’une chanson mais l’alchimie entre nous a fait que nous nous sommes mis à écrire un album complet. Henrik Bäth été là aussi avant que je n’arrive. Au final, il s’est trouvé que c’est vraiment notre label Innerwound Recordings qui nous a encouragé à faire de ce projet quelque chose de costaud, de faire ce groupe avec pour ce premier album un grand nombre d’invités.

En parlant d’invités, il y a quelque chose d’intéressant. Alex Landenburg est annoncé comme le batteur principal de l’album mais il ne joue que sur la moitié de l’album. Que s’est-il passé?

Bien vu. Alex était au départ un invité et jouait sur deux chansons: „The Jaguar Priest part 1 & 2“ comme nous les appelions à ce moment là, qui est en fait le single „The force of our creation“ maintenant. Il a ensuite joué sur d’autres chansons; il me semble que ce sont „Seven“ et „Xibalba“. Au final, quand les discussions avec le label ont commencé, nous avons mis en place le noyau dur du groupe, et Alex a été notre premier choix pour la place de batteur. Alex est un très bon batteur, polyvalent et une personne avec qui i lest agréable de travailler. Aussi nous voulions tous travailler avec lui, et il était aussi intéressé. D’où le choix. Mais ensuite l’album fût enregistré avec des titres enregistrés par lui même et Alessandro Bissa de LABYRINTH (invité) niveau batterie.

„The Jaguar Priest“ est le titre de l’album, mais aucun de vous (Henik ou toi), ou quasiment, ne chantent sur ce titre. C’est une superbe chanson dans un esprit très Dream Theater (Charlie Domini au chant). Un choix intéressant, mais pourquoi?

Le nom de l’album est issu d’un concept conçu en 2011 par Michael Alexander et Charlie Dominici qui a aussi écrit les paroles de ce titre. C’est la première chanson jamais écrite pour UMP et à ce moment là je n’était pas encore dans le groupe. Mais Henrik chante sur ce titre particulier. Il partage quelques passages avec Charlie et plus particulièrement sur l’outro, tu n’entends que lui (Henrik).
Ils avaient donc ce chanson en tête pour l’album je suppose et l’on nommée de cette façon logiquement. Quand j’ai intégré le groupe, j’ai eu des directives au niveau de la direction musicale qu’allait prendre l’album. Je savais que mon travaille allait être d’encore plus développer l’idée originale qu’ils avaient de Jaguar Priest. Et cette chanson est aussi la seule dans laquelle le prêtre se présente lui même, avec ses propres mots, il raconte l’histoire, ses origines etc.

En parlant des invités, nous avons vu qu’il y en avait beaucoup. Comment les avez-vous choisit? Sont-ils des proches de vous? Je veux dire par là, le choix de Nils K Rue pour „Bargains of Lost Souls“ est logique aux vues de l’ambiance très Pagan’s Mind, tout comme le titre „The Jaguar Priest“.

C’est Michael Alexander qui s’est occupé de tout le process pour les contacts. Il avait des contacts pour différentes raisons et s’est même parfois battu pour obtenir ce qu’il voulait, mais je ne sais pas exactement. Mais i lest certain que c’est une chance extraordinaire d’avoir toutes ces personnes dans cette aventure. Il est intéressant de voir que la plupart d’entre elles ont été fascinées par notre musique et nous ont dis oui quasi-spontanément ce qui nous a fait plaisir et nous a honoré. Tu sais quand des personnes qui ont une réputation, tu dois faire très attention à ce que tu fais, et ils ont crus en nous.
Je peux te dire que dans l’ensemble, une fois la chanson écrite nous avions une idée de quel type de chant nous voulions et nous avons cherché cet invité particulier mais pour reprendre le cas de „Bargain Of Lost Souls“ j’ai été contactée par Michael qui m’a dit „Nous avons Nils comme invité, et je veux que tu écrives les paroles les plus fantastiques pour lui“. Je savais que Nils pouvait chanter très haut, sur de longues notes et pouvait les embellir avec sa technique et j’ai travaillé dans cette optique en cherchant tout un tas d’éléments pour parfaire le tout, et le résultat est bluffant.
Pour Mark Jansen, je lui ai donné des directives que j’avais faites pour le growl, et faisait aussi quelques changement ici et là, ajoutant de petites choses, sur le pont de „Truth“ par exemple. Il était aussi important de laisser les invités mettre leur petite touche personnelle pour embellir le tout.

Comment s’est passé l’écriture de l’album du coup? Les chansons ont-elles été faites en pensant directement au invités ou pas?

Michael écrivait le fond et m’envoyait tout ça. J’écrivais ensuite les lignes vocales et les paroles. Parfois comme je te l’ai dit, je savais directement ce qu’il fallait pour cette chanson et je partais creuser dans le travail du chanteur et de son groupe, car j’essaye de toujours écrire quelque chose qui identifie le chanteur mais aussi quelque chose qui lui donne de la personnalité. Ma plus grande joie dans cet album a été d’écrire pour mon partenaire Henrik Bäth car ce gars est tout simplement génial. Tout ce que je pouvais écrire il l’exécutait sans problème.
Son travail vocal est de grande qualité, comblant n’importe quel trou musical. Il a été mon outil de musique lorsque mon écriture n’était pas assez bien, tu sais quand quelque chose ne sonne pas comme tu l’avais imaginé. Je me disais, „Ok, met Henrik ici et laisse le s’exprimer“. Un chanteur que je n’avais jamais écouté auparavant et j’avais des frissons de travailler avec lui, c’est Diego Valdez qui est originaire d’Argentine. J’ai écrit une chanson „Seven“ en pensant à Russel Allen dans ma tête. Je voulais entendre c’est paroles par quelqu’un qui avait assez de puissance et d’agressivité dans sa voix mais pas trop. Et au moment où je finissais d’écrire les paroles, Diego est arrivé dans notre jeu de cartes et il nous a semblé être la personne idéale. Il semblait que la chanson avait trouvé son chanteur toute seule, et c’est très bien comme ça.
Je pense que Diego combine cette agressivité avec le côté clair du style de chant de Dio. Cette chanson a un rendu épique. Sur cet album j’ai aussi composé ma propre chanson, la ballade „World That Burns“ que nous avons mis entre les mains de Emauele Casali de DGM qui l’a façonné à sa manière et qui au final est parfaite.

Quelles sont les choses ou les faits qui t’inspirent dans l’écriture des chansons ?

En fait, les émotions sont évidemment générées au jour le jour, à travers les situations de la vie. J’ai choisi d’écrire sur ce sujet pour sa symbolique bien évidemment. Tout ça à travers l’histoire entière de ce „Jaguar Priest“ et son voyage dans et en dehors de Xibalba, le monde souterrain des Mayas. Et oui, j’ai écris toutes les paroles en dehors de celle de „The Jaguar Priest“ comme je l’ai dit un peu plus tôt. Les paroles de „Seven“ se sont fait par skype avec Michael. Il m’a contacté me disant qu’il avait quelques paroles et c’était le premier couplet. Je suis partit de là et nous avons avancé.

Le deuxième titre de l’album „Truth“ a été choisit pour être le premier clip video pour la promotion de l’album. Es-tu excitée à l’idée de tourner de clip avec tous ces musiciens, sans oublier la présence de Mark Jansen aussi!

Je suis vraiment excitée. Nous sommes actuellement en train de tourner et c’est une superbe expérience. Cela semble un peu irréel de se tenir aux côté de toute l’équipe de UMP pour te dire la vérité. Tu sais, voir toutes ces personnes d’un côté ou de l’autre. Je dois me contrôler pour ne pas avoir les larmes aux yeux ou quelque chose dans cet esprit là. C’est vraiment touchant et prenant quand il t’arrive finalement d’être avec les personnes avec lesquelles tu travailles depuis quatre ans, alors que d’habitude nous travaillons à des heures pas possibles au milieu de la nuit parce que j’habite en Europe et Michael habite au Mexique. Sacré décalage horaire.
Toujours pas Skype, Whatsapp, au téléphone ou à s’envoyer des choses par la poste pour des cadeaux ou autres choses. Et soudain, boom, nous sommes tous réunis en Allemagne pour tourner notre premier clip vidéo, en ayant l’incroyable honneur d’avoir Mark Jansen avec nous et qui a eu la gentillesse de vouloir apparaître dans notre clip. C’est quelqu’un de très humble et de très professionnel. J’ai l’impression qu’il ne fera jamais quelque chose tant qu’il ne croira pas en la chose, et tu sais c’est bien une chose que tu ne peux pas acheter avec de l’argent mais avec de la confiance. Si je ne me trompe pas, il ne fait pas beaucoup d’apparitions en dehors d’Epica ou Mayan. Aussi nous avons une grosse responsabilité avec UMP en étant sur que le résultat final sera quelque chose de vraiment spécial, une chose dont il sera fiers et qu’il se souviendra et le remplira de joie. Je lui en suis très reconnaissant pour ça.

Ne penses tu pas que certaines personnes vont dire que vous faites comme Amaranthe avec trois chanteurs (chanteuse, voix claire et growl) ?

En fait, j’espérais que les seraient au delà de ça. Je me souviens des personnes comparant mon premier groupe SEDUCE THE HEAVEN déjà avec Amaranthe, ce qui est aussi stupide car les deux groupes se sont fait au même moment, et faisant des choses complètement différentes niveau musical. Quoiqu’il en soit, ce ne sont pas mes affaires pour être honnête, de penser à ce que les gens vont penser. Ce qui est certain, c’est que ni UMP, ni moi même essayons d’imiter qui que ce soit. Notre business est de faire de la musique, de la façon dont nous la concevons dans notre tête. Notre musique est vraiment différente de celle que fait Amaranthe. Ils sont devenus connus et c’est super mais les gens ne devraient pas comparer les groupes qui ne se ressemblent pas juste parce que l’un est plus populaire que l’autre. Et c’est tout ce qu’ils savent. C’est un peu comme à la période ou Evanescence a percé ou même Nightwish et soudainement tout groupe à chanteuse sonnait comme ces groupes et ce quelque soit le style joué par le groupe. Et au passage, j’adore ce que fait Amaranthe. Je trouve que ce qu’ils font est trés innovateur et pour moi ils ont la meilleure ‚Frontwoman‘ de tous les temps dans cette scène. Enfin une fille qui chante bien et qui est belle en même temps, sans que l’un ne prenne le dessus sur l’autre.

Tu nous as dit que tu avais entièrement composé „A world that burns“. Que représente cette chanson pour toi ?

C’est une chanson à laquelle je tiens vraiment. Il y a des fois où je me sens vraiment seule, comme si je n’appartenais pas à ce monde, tu sais, peut être que je suis différente d’une certaine manière et cela cause certaines frustrations de voir comment je perçois les choses différemment de la majorité des personnes qui m’entourent. Pour te donner un exemple, je suis pour l’unité, pour les que les personnes soient ensemble et se tirent vers le haut, je crois en le pouvoir des gens, je crois qu’il y a une sorte d’énergie au tour de nous. Et parfois je ressens le fait que je viens de quelque part de lointain, comme la chanson le dit, quand je vois combien des choses peuvent être superficielles de nos jours. Les gens travaillent pour eux même mais pas ensemble, il y a beaucoup de cupidité, les gens ne se tournent pas vers l’avenir. Ils prennent ce qu’ils ont à prendre dans le présent ne pensant pas aux conséquences. Le monde est en feu si tu veux mon opinion. Et ce n’est pas la pire des choses. Les gens ne comprennent pas que nous avons le pouvoir. Nous acceptons les choses d’aller en enfer, chacune dans leur propre manière. C’est de ça que parle la chanson et qui se glisse dans le concept de l’album, en parlant des personnes qui peuvent venir d’ailleurs… des Aliens peut-être ? (rires) Aucune idée

Y-a-t-il des invités que vous n’avez pas réussi à avoir ?

Oui... J’espère que nous les aurons sur le prochain album. Certaines choses ne se connectent pas occasionnellement. Tu sais, certaines personnes que nous voulions étaient en tournée à ce moment là, ou étant en train d’enregistrer d’autres choses etc. Nous verrons bien.

Avec un tel projet que vous êtes, pensez-vous faire des concerts ?

Nous avons attiré l’attention de différents promoteurs de différents pays. Et nous voulons bien évidemment nous montrer et rencontrer toutes ces personnes qui nous ont soutenus pendant tout ce temps, attendant patiemment l’album. On verra si je peux t’en dire plus dans un future proche…

Parlons un petit peu de la pochette de l’album qui est vraiment impressionnante. Qui l’a créée ?

Elle est vraiment incroyable, je l’aime beaucoup. Elle a été faite par Yan Yrlund. Il a déjà fait des pochettes pour Kamelot, Apocalyptica pour ne citer qu’eux mais ce n’est pas ce qui fait tout le travaille ici. Regarder le résultat de notre pochette montre la génialité de ce gars. Je pense que nous avons essayé de capturer chaque essence de l’album avec Yan. Michael est resté en contact constamment avec lui pour lui donner toutes les directives possibles. Le résultat vraiment gratifiant.

Je sais qu’il est un peu tôt pour ça, mais tu en as un peu parlé. Peut-on espérer un deuxième album ?

Hehe. Oui c’est rapide en effet. Je pense que nous avons besoin d’un break au niveau de l’écriture pour UMP. Tu sais nous avons passé quatre ans dans cet album, quasiment tous les jours. Même si tu prends un jour de repos ou une semaine, ton esprit est toujours dedans. Tu penses à ce riff, ce chorus, ça fait partie de toi. Nous avons besoin de nous déconnecter un petit peu et aussi faire autre chose, dont certaines sont en cours. J’ai un album solo à finir, un livre aussi, des projets instrumentaux, et Michael a aussi un projet en préparation. Alex tourne énormément avec Luca Turilli’s Rhapsody et Henrik travaille beaucoup avec Darkwater. Nous avons des singles à faire, un clip vidéo, nous espérons pouvoir faire des concerts et tout ça va nous donner le temps de recharger nos batteries et remplir nos têtes de nouvelles idées.

Nous arrivons à la fin de l’interview. Merci bien !

Merci beaucoup à toi. Je te souhaite le meilleur.

Quelques mots pour nos lecteurs ?

Merci d’avoir été curieux en lisant cette interview. Si vous voulez découvrir la musique d’UMP, nous avons une vidéo pour notre single « The Force Of Our Creation » et notre clip vidéo officiel arrive bientôt. Gardez les yeux ouverts et si vous aimez cette musique et voulez contribuer à ce projet, nous avons une campagne Indiegogo actuellement. Allez-y et commandez votre album dédicacé !
 
Critique : Lionel
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