Interview

JARED JAMES NICHOLS (2017) - Jared James Nichols

Jared James Nichols est un guitar-hero comme faisait les enfanter les 70's. Avec ses musiciens Dennis Holm et Erik Sandin , il réinvente le power trio à la Cream avec brio. Rencontre avec le jeune surdoué américain et ses comparses au Hellfest.

« Te considères-tu comme un bluesman ? »


Jared James Nichols : « Absolument. Le blues est la base de tout. Toute la musique vient de là. »

« Quels sont les bluesmen qui t'ont inspiré ? »

Jared James Nichols : « Muddy Waters,Buddy Guy, Albert King, BB King. Je pourrais t'en citer des tonnes. Des bluesmen des années 30 comme Robert Johnson aussi. »

« Vous jouez ici au Hellfest mais je suppose également dans des festivals blues ? »

Jared James Nichols : « Nous jouons aussi bien dans des festivals blues que dans des festivals de hard-rock. Nous aimons jouer. Peu importe où nous jouons. »

« Tu viens du Wisconsin. Tu t'es installé à LA. Est-ce parce qu'il y est plus facile d'y rencontrer des musiciens ? »

Jared James Nichols : « J'ai effectivement rencontré mes musiciens à LA. J'ai commencé à jouer dans le Wisconsin à l'âge de 15 ans. Le Wisconsin est proche de l'Illinois qui a une grande tradition blues, avec une ville comme Chicago bien sûr. J'ai joué avec beaucoup de gens de cette scène avant d'émigrer à LA. J'ai rencontré mes musiciens qui étaient dans une école de musique à LA. Cela fait maintenant des années que nous jouons tous les trois. Nous avons commencé sans même penser à faire carrière. On donnait de petits gigs, juste pour le plaisir. Ce n'est qu'en 2014 que les choses ont commencé à devenir sérieuses. »

« Avec la sortie du EP live ? »

Jared James Nichols : « On jouait dans un club quand on l' a fait. Le mec au son nous a dit pour 15 dollars, on peut enregistrer le set. Rien n'était prévu au départ. On a dit OK. Le son reflète exactement celui de notre set ce soir là. Avec juste un peu de reverb en plus, mais c'est tout. »

« Tu joues sur des Les Paul. Pourquoi cette guitare ? »

Jared James Nichols : « Pour les gens, cette guitare est associée immédiatement à Led Zep mais en fait j'ai commencé à jouer sur une statocaster, guitare sur laquelle jouait Hendrix notamment. J'ai arrêté d'en jouer parce que j'essayais trop de sonner comme Stevie Ray Vaughan qui lui aussi jouait sur cet instrument. Il n'y a qu'un Stevie Ray Vaughan et j'ai voulu trouver ma propre voie, mon propre style. La personne qui a crée la les Paul était un ami de mon grand-père lorsqu'ils étaient enfants. J'ai arrêté la Strato et ai commencé à jouer sur des Les Paul. »

« Le fait d'avoir remporté le Les Paul Contest a dû donner un coup d'accélérateur à ta carrière. »

Jared James Nichols : « Cela m'a donné plein d'opportunités. C'est comme cela que j'ai rencontré mon manager. Les Paul a commencé à me fournir en cordes, en guitares. Cela a été un moment important, effectivement. »

« Tu es une sorte de guitar-hero. Collectionnes-tu les guitares ? »

Jared James Nichols : « J'aime jouer mais je n'ai jamais eu l'esprit collectionneur. Si tu me donnes une Les Paul, dans un mois, j'aurais besoin d'une autre tant j'use mes instruments. Je n'ai pas de guitare que je n'utilise pas. Dès que j'ai une guitare en main, je m'en sers. »

« Avec tes musiciens, vous n'écoutez pas que du blues ?. »

Jared James Nichols : « Non, nous écoutons du grunge, de la country and western, des trucs psychédéliques, Cream, les Who, Mountain. »

« Comment a réagi le public metal à un concert de blues ce matin ? »

Jared James Nichols : « On a réussi à amener les gens vers une énergie positive. Le public heavy metal aime le son des guitares. Les gens voient que nous sommes authentiques. Nous pourrions être les ZZ Top de 2017. Il y avait quatre mille personnes au concert. C'est bien. Le public metal est ouvert d'esprit. C'est parfois plus difficile avec le public blues qui a un esprit très puriste. Il me trouve quelque fois trop heavy metal. »

« Pour votre premier album, vous avez travaillé avec Eddie Kramer, un producteur légendaire, qui a bossé avec Kiss notamment. Comment arrive-t-on à se faire produire par une telle pointure pour un premier album ? »

Jared James Nichols : « On a eu de la chance. Nous avons un ami commun qui nous a dit que Eddie pouvait être intéressé pour produire notre disque. On a appris beaucoup à travailler avec lui. Il a bossé avec des légendes comme Hendrix, Jimmy Page...»

« Vous avez enregistré dans des studios prestigieux. Abbey Road à Londres, le Sunset Sound à LA. »

Jared James Nichols : « C'est super et en même temps cela te met une grosse pression. J'essayais de ne pas penser à tous les diques qui ont été enregistrés dans ces studios. Lorsqu'on nous a proposé de faire des sessions à Abbey Road, nous avions un jour off en tournée. On a foncé. »

« La vidéo de « Last Chance » vient juste de sortir. Ce sera le single du futur album ? »

Jared James Nichols : « Oui. C'est peu plus heavy que ne le sera le disque qui sera du pur blues. »

Ce disque sort en Septembre. Je suppose qu'il est terminé. »

Jared James Nichols : « Non, il n'est toujours pas fini. C'est un work in progress. Mais pas de danger, il sera bien prêt pour la rentrée. Ce sera un album encore plus honnête que ne l'était le premier, dans le sens plus brut. Pour le premier, on a fait beaucoup d'overdubs. Là, on a voulu faire un disque avec un son moins poli. »

« En tant que bluesman, je suppose que tu es perfectionniste. »

Jared James Nichols : « Pour moi, la spontanéité est plus importante que la perfection. Je suis perfectionniste mais je veux surtout avoir une belle dynamique. C'est cela qui importe le plus à mes yeux. »

« Pour être aussi doué musicalement, je suppose que tu viens d'une famille de musiciens ? »

Jared James Nichols : « Pas du tout. Je viens d'une famille de travailleurs. Je suis tombé amoureux de la musique petit. J'ai appris par moi même. »

« Vous partez en tournée prochainement ? »

Jared James Nichols : « On va tourner aux Etats-Unis avec Blue Oÿster Cult puis après la sortie de l'album, nous espèrons jouer en Europe. Ce sera notre première vraie tournée en tête d'affiche. »
 
Critique : Pierre Arnaud
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