Interview

SMASH HIT COMBO (2017) - Le groupe

Les alsaciens de Smash Hit Combo nous reviennent avec un nouvel album particulièrement ambitieux, “L33 Tours”. Un double album avec une version française et une, anglaise. Leur disque le plus abouti et une grande réussite. Nous les avons rencontré pour qu’ils nous en parlent.

Le groupe a débuté il y a près de quinze ans. Comment expliquez-vous votre longévité ?

« En 2004, on faisait du death-core, hard-core mais sans rap. On a commencé à mettre des éléments rap à partir de 2007. On a commencé très bas, à tourner dans des bars pourris et les choses sont montées petit à petit. Etape par étape. C’est pour cela qu’aujourd’hui on est toujours motivés pour continuer. »

Comment avez-vous introduit des éléments rap dans votre musique ?

« C’est un accident. On répétait dans un local et notre chanteur actuel répétait dans le local d’en face. Il faisait du rap. Il est venu poser des trucs sur ce qu’on faisait. On a fait un truc original en mélangeant metal un peu extrême et rap et on a plus lâché cette voie. »

Il existe des groupes crossover rap/metal mais votre particularité réside dans le fait que votre metal est plus dur que celui des groupes crossover.

« On ne voulait pas refaire ce qui a été fait. On a voulu mélanger des trucs extrêmes. Dans le dernier album, on a cependant tenté de nouvelles choses. Nous sommes allés vers un truc à la Messhugah. ».

Votre culture rap est aussi importante que votre culture metal ?

« Absolument. On a une grande culture rap. Nous n’écoutons pas tous le même style de rap à l’intérieur du groupe mais nous en écoutons tous beaucoup. »

Vous venez d’Alsace où la scène metal est forte. Cela vous a aidé ?

« Oui, bien sûr. Il y a une bonne scène surtout du fait que nous sommes proches de l’Allemagne mais l’Alsace posséde également une grosse scène rap. A Strasbourg, c’est plutôt metal et autour de Mulhouse, vers chez nous, plutôt rap. »

Vous arrive-t-il d’être programmé dans des festivals rap ?

« Jamais. Ce week-end nous avons joué dans un festival reggae ce qui était déjà miraculeux. Le public rap n’écoute pas de metal. Les metalleux sont plus ouverts que les rappeurs. C’est triste à dire mais c’est vrai. »

On vous a souvent classifiés comme nu-metal.

« Plein de gens nous classifient nu-metal point zero. Cela nous va bien. Les metalleux sont très forts en classification mais au fond on s’en fout un peu. »

D’où est venue l’idée de faire un double album avec une version française et une anglaise ?

« On voulait faire un album en anglais depuis longtemps. L’anglais a une belle musicalité. Mais chanter en anglais pour avoir le flow rap est très dur.Joshua est dans le même univers que nous, un peu geek. La version française et anglaise ont été écrites séparément. Les morceaux sont identiques mais au moment de l’enregistrement on a interdit à Joshua et à notre chanteur de communiquer sur ce qu’ils faisaient chacun de leur côté pour que chacun puisse évoluer dans son propre registre. »

Comment avez-vous connu None Like Joshua ?

« Nous nous sommes connus via un featuring sur l’album précédent. Je l’ai trouvé sur le net. Il a une culture très metal, avait été batteur dans un groupe de metal, rappait sur des trucs à la Messhugah. Ce n’est pas courant les rappeurs qui possèdent une grande culture metal. »

L’album a été enregistré en France ?

« Oui, chez nous à Mulhouse. Joshua a fait Atlanta-Mulhouse pour venir l’enregistrer avec nous. »

L’univers jeux vidéos a toujours été très important pour le groupe.

« On a passé nos samedis soirs sur les consoles. On est des gamers en détox. Lorsque les autres allaient au bar ou en boîte, nous on jouait aux jeux vidéos. On critique aussi cela parce que nos n’en sommes pas forcément fiers non plus. On ne dit pas que c’est bien ou mal. Le phénomène jeu vidéos-geek était marginal à notre époque avant de devenir une culture populaire. »

Et vous êtes également passionnés de mangas.

« Pour nous, tout cela c’est la même chose. Nous sommes la génération club dorothée. Nous n’allons pas parler de politique car c’est un sujet que nous ne maitrisons pas. »

Que signifie le titre de l’album L33 tours ?

« C’est un langage de hacker. Des hackers remplaçaient les lettres par des chiffres. C’est un hommage aux années 90. C’est aussi un clin d’œil à l’univers dans lequel on évolue et dans lequel tu dois avoir les codes pour pouvoir entrer. »

Joshua fera la tournée avec vous ?

« Il ne viendra que sur les grosses dates. Lorsque Joshua est là, on fait un show spécial. On jouera au Québec en Août puis en Russie et au Japon. »

Vous étiez sur un label québécois pour les albums précédents.

« Le Québec a l’amour de la langue française. On ne trouvait pas de label en France et nous avons signé chez un label de Montréal. On a fait les Francofolies là bas qui est un truc énorme. »

Et aujourd’hui vous avez signé sur un label allemand.

« Ils nous ont signé pour toute l’Europe. Vu que l’album possède une version anglaise on veut toucher les pays de l’Est. On a déjà beaucoup tourné là-bas. Les gens de ces pays aiment la langue française. C’est une chance. »

Vous avez votre propre chaine youtube. Pour quelles raisons ?

« Nous n’avions pas trop de moyens de nous faire connaitre. On réalisait nos propres clips, on les mettait en ligne sur facebook. Nous avons pu faire notre premier album grâce aux réseaux sociaux. On essaie de fournir le plus d’images possibles sur notre chaine. On l’alimente régulièrement. »

Comment vois-tu l’évolution du groupe depuis le dernier album ?

« Sur chaque album on avait tendance à rajouter des trucs. Là, on en a enlevé. Du coup, c’est un album plus épuré et plus efficace. Pour moi, c’est mon préféré. Je pense que c’est notre disque le plus abouti. »
 
Critique : Pierre Arnaud
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