Interview

NO ONE IS INNOCENT (2018) - Puppy (Guitare) et Kemar (Chant)

Vingt cinq ans après ses débuts, No One a toujours le feu sacré. Leur nouvel album « Frankenstein » en est la meilleure preuve. Un disque plein de rage qui dénonce encore et toujours la guerre, les banquiers, l’injustice sociale. Sûr qu’avec No One, le retournement de veste n’est pas pour demain. Rencontre à Paris avec Kemar et Puppy.

« Après le gros succès de « Propaganda », avez-vous ressenti une pression particulière au moment de composer ce nouvel album ? »


« Non, l’enthousiasme crée par « Propaganda » et la tournée qui a suivi nous ont donné la pêche. On s’est dit « on va pas s’arrêter là ». De « Propaganda » à aujourd’hui, on a toujours été à fond. »

« Vous avez choisi Fred Duquesne à la production. Pourquoi ? »

« C’est avant tout un pote. On se retrouve avec lui tous les vendredis soirs et on discute de tout. C’est un mec super exigeant qui analyse parfaitement les choses. Il nous permet de bien avancer car il comprend très bien la musique. »

« No One a la même rage qu’à ses débuts. Quel est votre secret ? »

« On sait qui on est. On sait que la musique est là pour exprimer des choses. On a la chance d’avoir un public, des gens qui achètent nos disques, qui viennent à nos concerts et on se fout d’être reconnus par le Nouvel Obs ou RTL. Tout est cohérent chez No One, de la musique aux paroles. »

« Le premier morceau, «A la gloire du marché », est un titre contre le capitalisme ? »

« Oui, évidemment. C’est un morceau contre les curetons qui tapinent avec les traders. Il y a dans ce titre l’idée de la création du monstre à travers la figure du trader. C’est un morceau plein d’ironie. »

« Et « Frankenstein », c’est un morceau anti-religion ? »

« Non plutôt anti-guerre, anti-colonialisme. On pointe du doigt les fouteurs de merde. On récolte toujours ce qu’on sème. Sous le quinquennat Hollande, on a eu un grand nombre d’attentats en France qui sont le fruit d’avoir fait la guerre partout à travers le monde. On se demande : est-il possible en France de remettre en cause ce que fait le gouvernement français ? »

« Vous avez été à la pointe du combat des valeurs de « Charlie ». Qu’en reste-t-il aujourd’hui ? »

« La France entière ne peut rester ad vitam eternal Charlie. C’est la vie. Ce qui nous intéresse, c’est de ne pas trahir ses valeurs. On continue de jouer ce morceau car on connaît la vie des gens de Charlie. On sait ce que c’est que d’être journaliste dans un journal satirique aujourd’hui, lorsqu’un tiers de tes recettes va à ta sécurité. On les défend. On parle d’eux. »

« Le premier single « Ali (King of the Ring) » est un hommage aux différents combats menés par Mohamed Ali, notamment celui de ne pas aller combattre au Viet-nam ? »

« Clairement. C’est évidemment encore un morceau contre la guerre. « Ali » c’est un peu le rayon de soleil de l’album. On a besoin de héros comme lui. Il nous inspire. »

« Vous avez des titres plus mid tempo comme « Les revenants ». C’est plutôt rare chez No One. »

« On a toujours eu des morceaux comme ça. « Henry, Serial Killer » sur le premier album était dans cette veine. Mais c’est vrai qu’on a parfois envie d’aller un peu ailleurs musicalement. »

« Pourquoi reprendre « Paranoid » de Black Sabbath ? »

« Black Sabbath est le groupe qui unit tous les membres de No One. On en est tous ultra fan. C’est donc arrivé d’une manière on ne peut plus logique. »

« Vous avez fédéré des publics aussi divers que le public rock, le public metal, le public punk. C’est quelque chose dont vous êtes fiers ? »

« Hyper fiers. On a joué au Stade de France avec les Insus comme au Hellfest. On a joué dans un festival de black-metal, trash-hard-core avec Tagada Jones et ça a marché. Nous sommes un groupe sincère et les gens savent qu’on ne triche pas. A Aluna, un festival en Ardèche, on a joué avec Brigitte et les Insus. On avait peur de faire trop de bruit pour le public présent et au final on a eu 25000 personnes à fond devant nous. »

« Cela vous a marqué de jouer au Hellfest ? »

« Le Woodstock du metal, il faut le faire. Lorsque tu montes sur scène là-bas tu fais pas le malin. Il faut y aller.»

« Vous êtes excités des live à venir pour cet album ? »

« A fond. On est à bloc et on a hâte de remonter sur les planches. »
 
Critique : Pierre Arnaud
Vues : 50 fois