Interview

DESERT RIDER (2018) - Mathias Traverso (Guitariste)

Desert Rider est l’un des tous meilleurs groupes italiens dans le style doom/stoner. Trois ans après un premier album particulièrement réussi, « Echoes of the big sand » le combo s’apprête à sortir son nouvel album « Pilgrim of chaos ». Rencontre à Pérouse avec leur guitariste Mathias Traverso.

« Le groupe est né en 2012 à Pérouse ? »


« Oui. Nous avons crée le groupe, moi et Francesco, le bassiste, qui est encore là aujourd'hui. Quand nous avons débuté, nous étions très influencés power rock et stoner à la Kyuss. Ce groupe a eu une influence considérable sur moi tout comme certains groupes grunge, Alice in Chains ou Soundgarden. Les premiers groupes doom anglais ou les suédois de Candlemass nous ont également marqués. Le premier album est dans la lignée de ce que faisait Kyuss »

« Pourquoi avoir nommé le groupe Desert Rider ? »

« La notion de désert a toujours été importante dans la scène stoner. Cela vient de là. C'était cohérent avec la musique que nous produisions. »

« Vous allez bientôt sortir un nouvel album. Est-il dans la lignée du premier ? »

« Nous avons aujourd'hui un son plus dur. Ce que nous faisons aujourd'hui est différent de ce que nous faisions il y a trois ans. Notre univers est plus sombre qu'il ne l'était dans le passé. »

« Quand va-t-il sortir ? »

« Nous espérons en Novembre. Cela dépendra des dates que nous ferons. Nous aimerions donner quelques concerts avant la sortie du disque. »

« Votre univers semble influencé par le cinéma d'horreur et fantastique. »

« Oui mais surtout par la littérature gothique. Le nouvel album m'a été inspiré par les premiers écrits de Lovecraft. Le disque est un concept album autour de la figure d'un jeune garçon qui s'interroge sur le monde réel. Il est possible que l'histoire médiévale de Perouse, ville où nous vivons, nous ait également influencé. La littérature grec classique est aussi une influence avec l'idée de la recherche de la connaissance. »

« Pourquoi chantez-vous en anglais et pas en italien ? »

« Nous trouvons que l'italien ne fonctionne pas avec notre style musical. Il est rare que les groupes italiens qui font du stoner ou du trash chantent en italien. L'anglais est la langue du rock. »

« Pourquoi s'est-il passé tant de temps depuis le premier album ? »

« Il y a eu des changement de line-up dans le groupe il y a quelque temps puis de nouveau récemment et nous avons dû tout reprendre à zéro avec les nouveaux membres. »

« Votre label est basé à Gênes ? »

« Oui. Taxi Driver existe depuis dix ans. Ils avaient également un magasin de disques qui n'existe plus aujourd'hui. Ils sont orientés sludge, doom et stoner. »

« Le son du groupe a-t-il changé avec les différents changements de line-up ? »

« Je pense, oui. Nos morceaux sont aujourd'hui plus longs avec des titres qui dépassent souvent les sept minutes. L'album ne contient ainsi que sept morceaux. »

« Comment qualifierais-tu la musique de Desert Rider ? »

« Je dirais stoner-doom-psychédélique. L'élément psychédélique vient de cette envie de créer un univers dans lequel les parties instrumentales sont plus importantes que celles chantées. Par rapport à ce que nous faisons, nous nous sentons proches musicalement des romains de Lento ou des génois de Vanessa Van Basten. »

« La scène stoner italienne est-elle importante ? »

« Elle n'est pas très grande. Il y a trois, quatre ans, elle était bien plus active. Je ne sais pas vraiment pourquoi la scène est moins dynamique aujourd'hui. Lorsque tu as cent à cent cinquante personnes qui se déplacent pour ce genre musical en Ombrie, c'est déjà un succès. »

« Quels sont les futurs projets du groupe ? »

« Il est important que ce disque sorte mais il a été enregistré il y a deux ans et c'est déjà de la vieille histoire pour nous. Nous sommes pressés de nous mettre à l'enregistrement de nouveaux morceaux. »
 
Critique : Pierre Arnaud
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