Interview

EMBRYONIC CELLS (2019) - Pierre Le Pape (Clavier)

Avec « Horizon », Embyonic Cells a réalisé l'un des albums metal les plus somptueux de ce début d'année. Du post black-metal subtil et d'une intelligence rare. Un disque fascinant qui prend aux tripes tant l'univers musical du groupe s'avère riche. Rencontre avec Pierre, claviers du groupe.

« Le groupe existe depuis vingt cinq ans mais vous n'avez pas toujours évolué dans le registre post-black metal. »


« C'est vrai. Il y a eu plusieurs phases dans le groupe. A la base, c'était juste un groupe de potes qui faisait du trash-metal. Le nom du groupe était une référence au morceau de Sepultura, « Dead Embryonic Cells ». J'ai découvert Embryonic lorsque j'étais au lycée et les ai rejoints il y a douze, treize ans pour assurer les parties claviers. A partir de ce moment là, qui est la deuxième phase du groupe commence à s'installer un style black plus défini. »

« Comment avez-vous signé avec le label Apathia Records ?

« Cela s'est fait très simplement. Après avoir terminé les maquettes, je leur ai envoyé le résultat. Ils ont trouvé ça bien et nous ont signés. Nous ne sommes pas dans le style habituel du label qui est plutôt orienté metal moderne-djent mais ce n'est absolument pas un problème. »

« Votre musique fait très post black-metal. »

« C'est possible mais nous n'avons pas envie de se donner d'étiquette. Le style black-metal est très large. C'est une grosse scène et d'une grande richesse. Ce qui nous importe c'est de sonner le mieux possible, peu importe ensuite comment les gens nous classifieront. Nous faisons toujours un gros travail de recherche au niveau du son. Notre processus de création est classique. Le guitariste arrive avec des riffs puis s'y ajoute de la batterie électrique. Peu à peu, l'assemblage se fait et le titre prend peu à peu forme. »

« On trouve encore un coté trash old-school chez vous. C'est notamment vrai sur le titre « Never let you fall »

« C'est normal. Ca fait partie de l'ADN du groupe. Nous sommes très fans de Slayer ou d'Emperor. »

« « Horizon » joue constamment sur les atmosphères. »

« L'orchestration fait beaucoup pour ça. Notre écriture peut être cinématographique. Cela donne ces atmosphères. Et puis bien sûr, l'utilisation des claviers. L'utilisation des claviers est sujet à débat dans la scène black. Chacun amène ces trucs dans le groupe. Je propose pas mal de choses.»

« Que représente la pochette du disque ? Elle a un côté film d'horreur avec ces zombies dans la mer. »

« C'est notre guitariste-chanteur qui réalise les pochettes. Il est designer, donc ça aide. La pochette fait écho au fil rouge des paroles de l'album. Il y a une réflexion dans le disque sur ce qu'est ta terre d'origine. L'eau représente la Méditerranée. Il y a bien sûr le thème de la noyade à travers la figure du migrant qui se noie en voulant la traverser. Même si nous ne nous considérons pas comme un groupe politique, nous parlons dans cet album de la crise des migrants et de la Méditerranée qui est devenue un cimetière. »

« Votre précédent album « Dread Sentence » date d'il y a un peu plus de cinq ans, vous travaillez lentement ? »

« Nous n'avons pas envie de sortir des albums qui seraient similaires. Cela demande donc déjà beaucoup de travail de préparation. En plus, nous sommes perfectionnistes. Mais c'est vrai que nous pouvons travailler plus vite et nous n'attendrons pas cinq ans pour sortir un autre disque. »

« Vous venez de Troyes qui n'est pas une très grande ville mais où la scène metal est très active. »

« C'est vrai. La scène est de plus en plus vaste. Il y a Melted Space qui est mon autre groupe, Insolvency, Disconnected. Il y a deux ou trois groupes qui commencent à marcher et même à s'exporter. C'est bien. Ce qui est dommage c'est qu'il n'y ait pas assez de salles à Troyes. »

« Des concerts bientôt ? »

« Nous jouerons chez nous à Troyes le 18 Mai avec Misanthrope puis au Hellfest sur la scène Altar. »
 
Critique : Pierre Arnaud
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