Interview

GODSMACK (2019) - Sully Erna ( chant, guitare) Shannon Larkin ( batterie)

Avec plus de vingt millions d'albums vendus, Godsmack est une valeur sûre aux Etats-Unis. Malgré cet énorme succès, le groupe n'a jamais vraiment percé en Europe. La sortie de « When Legends Rise » l'an dernier et leur présence au Hellfest cette année va peut être changer la donne.

« Le groupe existe depuis maintenant plus de vingt ans. Comment voyez-vous votre évolution depuis vos débuts ? »

« En vingt deux ans, on a grandi en tant que groupe, en tant qu'individus. C'est important de continuer avec son public, qui lui aussi évolue. Les gens qui nous écoutaient lorsqu'ils avaient vingt cinq ans, en ont cinquante aujourd'hui. Et ils ont des enfants qui nous découvrent. Nous nous sommes rendus compte que nous ne sommes rien de plus qu'un groupe de hard-rock. Nous avons évolué en gardant la même intégrité. »

« Votre dernier album, « When Legends Rise » sorti l'an dernier est assez différent des disques précédents. »

« Les vingt deux premières années du groupe ont été un chapitre. Avec cet album, nous en ouvrons un autre. Notre public change. Il y a plus de femmes et de jeunes à nos concerts. »

« Il y a sur le disque une ballade très classic-rock, « Under Your Scars », c'est nouveau chez vous. »

« Dans ce style là, oui, mais nous avons déjà écrit des ballades. Sur notre tout premier album, « Voodoo » était une ballade. Nous avons aussi fait des blues un peu sombre à la Led Zep qui avaient un côté ballade. On a travaillé avec Andy Johns qui a bossé avec les Who et les Stones qui nous a apporté un son nouveau. »

« Vous avez souvent été comparés à Alice In Chains qui est pourtant très différent de vous. »

« Cela vient sans doute du fait que le nom de notre groupe est le titre d'un de leurs morceaux. Mais nous ne sonnons pas du tout comme eux. Stone Temple Pilots, Alice in Chains étaient au top avec ce mélange hard-rock/grunge. Nous, nous sommes hard-rock classique. »

« Vous avez vendu 20 millions d'albums aux Etats-Unis et en Europe n'avez pas une grande notoriété. Comment expliquez-vous cela ? »

« On a pas eu de chance avec l'Europe. On avait un label différent pour chaque pays en Europe. Cela n'aide pas. Nous avons aujourd'hui un nouvel agent pour l'Europe. On joue dans de petits clubs ici mais nous réussirons. »

« Vous pourriez vous contenter du marché US où vous êtes énormes. »

« L'Europe a toujours été importante pour nous. On a fait les premières parties de Black Sabbath, de Metallica en Europe mais il n'y avait aucun support de la part de notre label. Aujourd'hui, nous revenons à la base. Nous viendrons jouer en Europe en Mars prochain et dans le futur nous serons tête d'affiche au Hellfest. C'est crevant de jouer dans les clubs surtout que nous n'avons plus vingt ans. Mais c'est la seule manière d'y arriver. »

« Des critiques ont adoré le dernier album, d'autres l'ont éreinté. »

« A chacun son opinion. On ne lit pas les critiques. On s'en fout. Les critiques qui n'aiment pas ce disque ne comprennent rien à la musique. Lorsque Stevie Ray Vaughan avait sorti «Texas Flood », les critiques l'avaient démoli et le mec est devenu une légende. Led Zeppelin a tiré son nom des critiques qui disaient un dirigeable qui va se dégonfler et l'on connaît l'Histoire. »

« Les morceaux de « When Legends Rise » sont assez courts. Pourquoi ? »

« La chanson dicte son tempo. Si elle doit durer trois minutes, elle durera trois minutes, si elle doit durer plus, elle durera plus. Cela ne sert à rien d'étirer un morceau qui n'en a pas besoin. »
 
Critique : Pierre Arnaud
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