Interview

WELCOME TO HELL (FEST) - Yohann Guyot (Co auteur du livre)

Pour notre plus grand bonheur, la Bd Welcome to Hell(fest) revient bientôt. Dans un volume qui intégrera les trois précédemment publiés agrémentés d'inédits. Rencontre à Paris avec Johann Guyot, dessinateur de la BD.

« Comment vous est venue l'idée de cette BD, Welcome to Hell(fest) ? »


« Sofie était journaliste à Abus Dangereux et faisait des critiques BD dans plusieurs magazines. Nous nous sommes rencontrés au Festival de la BD d'Angoulême. J'avais fait une bande dessinée autour d'anecdotes de mes concerts rock. L'idée est venue comme ça. Elle ferait les interviews, moi les dessins. »

« L'idée du binôme s'est imposée de suite ? »

« J'aurais pu faire le truc tout seul mais le duo fonctionne bien. Sofie s'adresse aux métalleux, moi plus à Mr Tout le Monde. Cela fait un bon équilibre.

« Pourquoi le Hellfest. Vous êtes fans de metal ? »

« J'étais pas à fond au début car je suis un peu agoraphobe. Nous n'avons manqué aucune édition. Je suis un grand fan de hard depuis longtemps. »

« Qui est le personnage que l'on trouve dans toutes les BD ? »

« C'est moi. Ces BD sont des reportages illustrés. C'est quelque chose qui s'est pas mal développé ces dernières années. En fait, c'est comme un carnet de voyage du Hellfest. J'apporte mes reportages dessinés et elle, ses chroniques, qui sont comme des chroniques de disque. »

« Il y a un côté pédagogique dans tes dessins. »

« C'est vrai. Je n'ai pas envie qu'il y ait un côté élitiste. Je raconte à travers mes dessins des anecdotes d'ado lorsque j'ai pu découvrir tel ou tel groupe.»

« Il y a deux volumes épuisés. Ca a très bien marché ? »

« Le premier volume a très bien marché effectivement. Il y avait eu une diffusion librairie. On avait fait ça avec nos moyens mais ça avait bien fonctionné. Le volume 3 était un tirage limité donc c'était plus facile que ça parte vite. »

« Le volume à paraître reprendra les trois volumes avec des inédits. »

« C'est exactement cela. Les 3 premiers volumes plus des dessins inédits des deux dernières éditions du Hellfest. »

« Vous faites un financement participatif. Cela fonctionne bien ? »

« Le taux de fabrication est très cher. On va faire un tirage conséquent. Nous sommes dans les temps. Cela marche bien sur le terrain. C'est un peu plus difficile sur le Net. Le Ulule se termine le 24 Octobre. L'album devrait sortir tout début décembre pour le Festival So BD. »

« Quels sont les dessinateurs BD qui t'ont influencé ? »

« De Sempé à Vuillemin. J'aime Franquin, Margerin, Ptiluc. Des auteurs jeunesse car j'en fais moi même. J'ai des goûts larges, de l'underground jusqu'à la bédé franco-belge. »

« Tu fais les dessins au Hellfest »

« J'en fais certains en direct en voyant les groupes live. D'autres à la maison au retour du Festival. Je ne peux pas tout dessiner sur place. Impossible de dessiner les concerts du soir par exemple car je ne vois rien pas assez pour faire mes croquis. »

« Le Hellfest vous aide ? »

« Non. C'est un peu décevant, d'ailleurs. Il n'y a aucun partenariat possible alors même qu'on sait qu'ils aiment le projet. C'est dommage. Dans leur budget, ce ne serait rien du tout d'être partenaires de notre BD »

« Vous serez à Angoulême en Janvier. »

« Oui, bien sûr. C'est là où nous vendons le plus avec le metal-market au Hellfest. »

« La BD musicale est assez rare. »

« Elle existe. Il faut fouiller mais il y en a. Cabu en a fait sur le jazz, Crumb en a fait aussi. Jean-Christophe Menu a fait des BD sur le rock indé. Il y a eu une bande dessinée récemment sur le punk. »

« Quel est votre public ? Celui du metal ? Celui de la BD ? Les deux ? »

« Un peu des deux. Les gens l'achètent souvent pour des cadeaux. Il y a des gens qui n'écoutent pas de hard et qui aiment quand même la BD. »

« Cela ne fait pas ovni dans le milieu de la bande dessinée ? »

« Non pas du tout. J'ai de bons retours là-dessus. Le Hellfest est un truc énorme mais il n'y avait pas de BD sur le Festival. Cela comble un manque. »

« Après cela, c'est fini vos BD Hellfest. »

« Oui. Parce qu'après on aura fait le tour. On risquerait de se lasser. Et puis, on dessinerait et écrirait sur les même groupes. On conclut avec Slayer qui ont eux mêmes tirés leur révérence. C'est bien comme ça. »

« Il y a un côté humoristique dans tes dessins. »

« Le premier degré m'emmerde. Il y a clairement une volonté humoristique dans cette BD. Et puis au festival, il y a plein de trucs drôles. Je me souviens de l'interview de Pentagram, notamment. C'était un grand moment. »

« Des musiciens t'ont demandé des dessins ? »

« Non. Parce que je me mets un peu dans mon coin pour dessiner. Mais on a envoyé des bouquins à des groupes et ils les ont bien aimés. »

« Tu feras d'autres BD musicales par la suite ? »

« Oui. Je vais faire un recueil d'illustrations sur des moments clés de l'histoire du hard-rock. J'expliquerai quand Lemmy s'est fait virer de Hawkwind, quand Alice Cooper a enregistré chez Zappa. »
 
Critique : Pierre Arnaud
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