Interview

SURVIVAL ZERO (2020) - Benoit Raguin (Guitare)

Avec « The Ascension » les troyens de Survival Zero sortent un très bon premier album, entre metal et post hard-core. Un disque novateur et profondément original. Rien d’étonnant pour des musiciens qui ont déjà fait leurs preuves dans les différents groupes que comptent la ville. Rencontre avec leur guitariste Benoit.

« Vous venez de différentes formations de la scène troyenne. Comment vous êtes-vous retrouver pour former Survival zero ? »


« Le projet Survival Zero est à l'initiative de Pierre, notre chanteur. Nous venons effectivement de plusieurs groupes de la scène troyenne. Moi et Pierre étions dans un groupe de metal hard-core. L'autre Pierre du groupe, notre bassiste était dans Embryonic Cells. Nous avons partagé les mêmes scènes. Certains dans le groupe viennent du black, d'autres du death, d'autres encore du trash ou du brutal extrême. »

« J'imagine que le son de tous les groupes dont vous avez fait partie se mélangent dans Survival Zero ? »

« Tout à fait. On se retrouve sur plein d'influences différentes. Je suis un gros fan de trash mais je ne suis pas arrêté sur un style de metal ou un autre. »

Je me demandais si le nom du groupe vient de ce polar célèbre de Mickey Spillane paru en 1970 ?

On nous l’a demandé plusieurs fois mais non.

« Troyes est une ville moyenne mais je sais que la scène metal y est particulièrement active. »

« Oui, c'est une scène assez active et qui se bouge. Il y a les vieux de la vieille et les nouveaux groupes. Les plus jeunes sont motivés. Les musiciens se connaissent et vu qu'il y a pas mal de groupes, cela crée une émulation. Il y a plusieurs groupes avec lesquels nous sommes amis, Insolvency, entre autres. »

« Vous mêlez dans votre son plusieurs styles de metal et aussi des sons non spécifiquement metal. Il y a aussi un côté post-hard-core prononcé chez Survival Zero ? »

« Tout à fait. Quand on compose, on ne pense pas au style que l'on va faire. Cela peut aller vers le trash ou vers le post hard-core. Nous sommes tous fans dans le groupe de Converge dont la musique est au confluent du punk, du hard-core et du metal. »

« Degeneration » a un petit côté trash old-school. »

« C'est vrai. On ne s'en est rendu compte qu’à posteriori. Le trash c'est la base. Cela fait partie de nos sonorités. Il y a un petit côté vieux Metallica dans ce morceau. Nous aimons les groupes trash old-school, Testament, tout ça...Cela fait partie de notre ADN. »

« Vous mêlez à cela une ambiance lourde comme on en trouve dans le post-black. »

« Il y a de très bonnes sorties dans le post-black en ce moment. On essaie de faire passer cela dans le projet : une ambiance assez sombre, pesante. »

« The Ascension » le titre de l'album évoque l'ascension qui suit la sortie de la dépression ? »

« Tout à fait. On a voulu aborder ce cheminement qui suit la sortie de la dépression mais pas de manière explicite. Il y a un fil rouge dans l'album autour des thèmes de la dépression et de l'isolement même si ce n'est pas pour autant un concept-album. Mais il y a une continuité autour de ces thèmes, dans l'ambiance générale que l'on a voulu développer. Nous avons envie que chacun des auditeurs puisse se l'approprier à sa manière. »

« Je sais que des écrivains comme Kafka ou Asimov vous influencent. A quel niveau ? »

« Nous aimons beaucoup ces auteurs tout comme Lovecraft. Nous utilisons la SF pour les métaphores. Nous voulons parler comme ces auteurs des mondes parallèles, de la folie, de différencier le réel de ce qui ne l'est pas. »

« Comment avez-vous signé chez le label montpellierain M et O ? »

« Au moment de produire l'album nous avons discuté entre nous du label dont nous avions envie. Nous en avons contacté plusieurs. Les choses se sont très bien passées avec ce label. Nous avons une super relation avec eux. »

« Que représente la pochette du disque ? »

« Elle illustre une transformation, un changement. Le personnage principal suit des changements d'état mental. Et autour il y a ces démons de passage. »

« Votre disque vient de sortir et vous avez déjà de très bonnes critiques. Vous devez être contents, j'imagine ? »

« Très même si on prend du recul par rapport à cela. Mais cela fait plaisir surtout qu'avec la crise liée au Covid-19 nous avons été bloqués dans notre élan. Les concerts ont été annulés. Nous sommes en stand-by. On a quand même pu partager la sortie de l'album avec nos potes. Et là encore les retours étaient positifs. C’est vraiment cool d’avoir ces retours car on a beaucoup bossé sur ce disque. »

« Qu'as-tu écouté durant cette période de confinement ? »

« J'ai peu écouté de nouveaux trucs. J'ai écouté In Flames, Der Weg einer Freiheit. »
 
Critique : Pierre Arnaud
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