Interview

EKTOMORF (2021) - Zoltán Farkas (Guitare)

Vingt-cinq ans après « Hangok », les Hongrois de Ektomorf prouvent qu’ils n’ont rien perdu de leur énergie. Leur nouvel album « Reborn » est un pur brûlot trash. Rencontre avec le fort sympathique Zoltán Farkas leader du groupe depuis ses débuts.

« Reborn » est le quinzième album du groupe. Qu’est-ce que cela représente pour toi ? »


« Cela représente plein de choses. On a passé les dernières années à tourner en Europe, au Japon. On a vécu plein de choses durant toutes ces années. Ce disque, aujourd’hui, est une vraie renaissance. »

« Pourquoi « Reborn ». Le groupe n’a jamais splitté. »

« Ce n’est pas par rapport à mon groupe mais à ma vie personnelle. Il m’est arrivé plein de choses négatives que j’ai combattu. J’avais l’impression de mourir. Alors aujourd’hui, c’est comme une renaissance, avec une rage qui m’a sauvé. Ce n’était pas comme si je mourrais physiquement mais mentalement. »

« Le groupe a plus de vingt-cinq ans de carrière. Tu imaginais à vos débuts que vous seriez encore là aujourd’hui. »

« Cela a été une longue journée. J’ai pensé dès l’origine que cela durerait toute ma vie et c’est ce qui s’est passé. Mais cela n’a pas toujours été facile et ça reste vrai encore aujourd’hui. Il faut avoir la motivation quand tu travailles d’améliorer encore et encore les choses dans ton groupe. »

« Vous jouez depuis toujours du trash avec des éléments groove et hard-core. »

« Le trash a toujours été la base de Ektomorf. Le tout premier album, « Hangok » était très trash avec des morceaux super rapides. Dans les 90’s le neo-metal est arrivé et nous a influencé d’une certaine manière. Dans « Fury » l’avant dernier album, on mélangeait trash, metal, heavy-metal. « Reborn » est dans la continuité de « Fury » avec des harmonies comme nous n’avons jamais joué. Pour moi ces albums marquent un tournant pour Ektemorf même si j’aime toujours jouer de vieux titres sur scène, comme « Outcast » ou « Show your fist ». « Reborn » est un nouveau chapitre dans l’Histoire du groupe. C’est aussi un disque où je joue davantage de guitare que dans le passé. »

« L’album est plein de rage. C’est incroyable que vous ne l’ayez pas perdu après plus de vingt-cinq ans de carrière. »

« Cette rage ne dépend pas de ton âge. Cela ne veut pas dire pour autant que j’ai envie de tuer des gens dans la vie. J’ai une part sombre et tu le sens dans le disque. Mais j’ai aussi une part positive. Je suis très heureux que les fans aiment autant l’album. »

« La plupart des morceaux sont courts, rapides, ultra efficaces. »

« Cela fait plaisir que tu aimes le disque, merci. « Smashing the past » a ce côté rapide et destructeur. J’aime ça mais il n’y a jamais rien de préconçu à l’avance. Je travaille sur un morceau huit heures par jour jusqu’à ce que j’arrive au résultat voulu. Parfois le morceau arrive de suite comme c’est le cas pour « Smashing the past ». J’ai composé quatorze morceaux pour cet album, en ai gardé huit. C’était pareil pour « Fury ». J’avais seize morceaux et en ai gardé dix. Un album se doit d’être solide. Dix sept titres pour un album c’est trop long. »

« Il y a un titre « Forsaken » qui est à part sur le disque. »

« J’avais envie d’écrire une ballade à la « Fade to Black » de Metallica. Je n’en avais encore jamais composé mais en avais envie. Le titre n’a pas de vocaux car je trouve qu’il fonctionne encore mieux ainsi. J’ai hâte de la jouer live. Je l’ai voulu instrumental pour que l’on se concentre sur les guitares. »

« Il y a toujours eu dans ta voix un côté hard-core. C’est une influence, le hard-core ? »

« On me l’a souvent dit mais je n’écoute pas beaucoup de hard-core. J’adore Pro-Pain. J’ai appris beaucoup d’eux. J’aime voir les groupes hard-core live. Ils sont plein d’énergie. »

« Tu es à moitié gitan. Tu as à plusieurs reprises, notamment pour « Holocaust », écrit sur ce sujet. Ce n’est pas le cas dans ce disque. »

« J’ai déjà pas mal utilisé cette thématique. Je n’en avais pas envie cette fois. Cela arrivera peut-être à nouveau dans le futur. »

« Vous avez quitté AFM pour Napalm. Pour quelles raisons ? »

« On est resté douze ans sur AFM. C’est comme une relation amoureuse, si ça ne marche plus, tu arrêtes. Je suis plus occupé que jamais en étant chez Napalm. On se sent super bien chez eux. Le contrat avec le label ne s’est pas fait sur le Net. Je suis allé à Berlin, les ai rencontrés et ça s’est super bien passé. »

« Tu as signé avec eux parce qu’Ektomorf est important en Allemagne ? »

« Non même si c’est vrai que l’Allemagne est la patrie du metal. J’avais entendu beaucoup de bien de Napalm. J’ai discuté avec mon manager et nous avons senti que c’était le bon moment pour signer avec eux. »

« Tu avais dit il y a quelques années que la scène metal hongroise n’était pas très développée. Qu’en est-il aujourd’hui ? »

« Il y a peu de groupes hongrois qui jouent à l’étranger. Je ne veux pas le dire de manière arrogante mais nous sommes le seul groupe hongrois à avoir une carrière internationale. Mais pour arriver à ce niveau cela a été beaucoup de travail. »

« Il est impossible de faire des live actuellement. Vous allez faire des live-streams ? »

« C’est difficile pour tout le monde cette période. J’espère qu’on sortira de ça rapidement. On a fait des live-streams. Il y a malheureusement eu des problèmes techniques. C’est difficile de se réunir pour des live-streams car les membres du groupe habitent dans des villes différentes mais on va faire des trucs, oui. »

« Il y a eu pas mal de changements de line-up durant la carrière du groupe. »

« Il y en a dans tous les groupes. Il y en a eu dans Machine Head il y a peu, il y en a même eu dans Metallica. C’est la vie. »

« Le Covid-19 a-t-il changé quelque chose dans l’enregistrement de ce disque ? »

« Rien. On a enregistré l’album en Aout 2019 donc il n’y avait pas encore toute cette merde. »

« Ne pas faire de live est dur moralement ? »

« Oui c’est dur à tous les niveaux. Financièrement, psychiquement. Heureusement je suis occupé avec la promo de ce disque. On a une tournée prévue en Octobre. Ce sera une tournée européenne. »

« Qu’espères-tu pour cette année ? »

« Que l’on puisse rejouer live et que ce nouvel album soit couronné de succès. »
 
Critique : Pierre Arnaud
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