Interview

SLEAZYZ (2021) - Speed (Batterie)

Sleazyz vient de sortir son premier album, « March of the Dead ». Un super disque qui sonne comme la bande-son idéale d’un train fantôme. Entre Kiss et Mötley Crüe, Rob Zombie et les Ramones, Sleazyz nous enchante. Rencontre avec Speed, batteur du groupe.

« Vous venez de sortir votre premier album alors que le groupe existe depuis très longtemps. Vous n’envisagiez la musique que pour le fun sans penser à sortir de disques ? »


« Ce groupe a démarré avec Fred. Il a commencé avec des membres de sa famille avant de rencontrer plusieurs guitaristes. Cela a pris du temps. A l’origine, il y avait des trucs programmés et des boites à rythme dans ce que le groupe produisait. Il y a eu un nouveau line-up complet. On joue tous, dans le groupe, de la musique depuis trente ans. Moi je viens du hard-rock et du heavy metal. Je suis fan du sleaze à la Mötley Crüe. On est tous fans de Alice Cooper ou De Danzig. »

« Vous avez été en studio pour enregistrer l’album ? »

« Oui. Les deux singles de 2016 et 2018 étaient de la totale auto-production. Là on a eu la chance d’aller cinq jours en studio et de faire les choses de façon plus professionnelle. »

« C’est pour cela que vous avez travaillé avec Jean-Marc Pinaud ? »

« Oui c’est l’ingé son de No One. Il a travaillé avec Darcy, Tagada Jones. Il a une bonne réputation. Il est très pro et cela nous a permis de nous sortir les doigts du cul. Il a mixé l’album. Tout s’est fait par téléphone à cause du Covid. Il a parfois réalisé cinq ou six mix avant de trouver le bon. On voulait que les morceaux soient taillés pour la scène. »

« On sent des tas d’influences chez vous qui vont du heavy-metal au punk. Il y a un côté Ramones dans ce que vous faites. »

« Fred aime beaucoup les Ramones. Oui il y a ce côté festif dans notre musique que l’on trouvait chez les Ramones. On aime plein de choses, de Mötley Cruë à Slayer en passant par le punk. Fred aime aussi beaucoup Rob Zombie. Et puis on a bien sûr un côté Kiss. On a essayé de suivre cela : des riffs simples et rock’nroll.»

« On trouve plein de samples de vieux films d’horreur dans l’album. Le cinéma d’horreur semble être une composante du groupe. »

« Oui cela fait partie de notre univers. Sur scène lorsque nous jouons nous projetons des films d’horreur derrière nous sur une toile. Dans le disque tu trouves les films desquels ces samples sont tirés dans un cercueil dessiné. Cela va des films de Ed Wood à ceux de Romero. »

« A l’intérieur du disque vous êtes maquillés style black-metal. C’est étonnant pour le style musical que vous pratiquez. »

« Pour nous ce n’était pas du maquillage black mais simplement horrifique. »

« Vos clips sont surprenants. »

« Le clip de « Devil talking in my head » m’a bluffé. Les effets de lumière sont supers. On peut faire un truc bien pour quatre mille euros. »

« La situation est difficile pour tous les groupes. Comment la vivez-vous ? »

« C’est assez compliqué. Quand je pense qu’il y a un an on était encore en studio. On essaie de répéter chez les uns chez les autres mais ce n’est pas simple. On essaie de s’armer de patience. La sortie de l’album a été repoussée. Il devait sortir le 20 Novembre à la base. Cela fait plusieurs mois que les gens attendent sa sortie. On a une release à Troyes qui a été repoussée au 3 Avril. En attendant on fera une vente d’albums dans un bar du centre-ville The Message, le 6 Février prochain. »

« Il y a une grosse scène hard-rock et metal à Troyes. »

« Clairement. Je me souviens avoir fait un tremplin avec l’un de mes groupes. Sur vingt trois sélectionnés il y en avait 19 de hard-rock ou de metal. »

« Vous avez déjà donné pas mal de concerts. »

« Oui et parfois dans des lieux où ce n’était clairement pas notre place. En 2019 on a joué dans un festival près de Reims parce qu’un groupe s’était désisté. Il y avait Mortuary en tête d’affiche et que des groupes dans le style. Bref on était bien à part. Et Mortituary sont venus nous voir pour nous dire avoir beaucoup aimé. Ce genre de truc fait plaisir. »

« Il y a dans le disque un mix parfait entre son propre et crade pour la couleur horrifique. »

« C’est ce qu’on voulait. On voulait garder ce côté sleaze un peu crade. »

« Vous êtes contents du résultat de l’album ? »

« Super contents. On peut dire un grand merci à la ville de Troyes et à la maison du Boulanger. Cette asso essaie de faire tourner les groupes et fait du super boulot. »

« La suite ? »

« Ne pas jouer live est dur à vivre. On va voir ce qui va se passer les mois prochains. S’il y a un troisième confinement il n’y aura plus qu’à faire de la musique en visio. On était impatients de la sortie du disque. Là on bosse déjà sur de nouvelles compos. »
 
Critique : Pierre Arnaud
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