Interview

EPICA (2006) - Mark Jansen

Qu’as-tu pensé du concert d’hier soir à Montpellier ?

> Très bien ! Le public a été très enthousiaste. Nous avons beaucoup apprécié et là je parle vraiment au nom du groupe entier. C’était vraiment bien. Nous avons joué devant 100 personnes, puis devant 300 personnes, peut-être que ce soir nous jouerons devant 400 personnes (rires).



Pourquoi n’y avait-il pas de première partie ?

> On devait tourner avec The Old Dead Tree, mais ils ne pouvaient pas faire toutes les dates, même s’ils étaient toujours marqués sur les flyers et les affiches. C’est ce qui, d’ailleurs, nous a un peu énervé. Parce que nous voulions une première partie, mais après c’était trop tard pour se retourner.
Nous avons eu le même problème ce soir, mais heureusement nous avons réussi à trouver une première partie à temps. Mais pour être franc, je ne sais même pas de qui il s’agit (rires) (NdSS : Kells).



N’est-ce pas un peu ennuyeux de jouer quasiment toujours les mêmes chansons sur scène depuis la sortie de Consign To Oblivion ?

> C’est vrai que souvent je me dis « vivement que le nouvel album sorte ». Mais c’est toujours un plaisir de les jouer sur scène. Ce n’est pas vraiment ennuyeux, mais avec le nouvel opus, nous pourrons choisir lesquelles jouer sur scène de manière à établir une bonne set list. Mais tu sais, l’important pour nous est de voir la joie se dessinait sur le visage des fans. Ils nous donnent toute l’énergie dont nous avons besoin. Ce sont peut-être les mêmes chansons, mais le public est différent et nous donne toujours ce que nous cherchons. Finalement, non, ce n’est jamais ennuyeux.



Simone semble beaucoup plus à l’aise à la fois sur scène qu’en after-show avec les fans. Cela a dû être difficile pour elle de s’adapter à un monde si « macho » ?

> C’est sûr. Tous les gars veulent l’embrasser ou la toucher, c’est pour ça qu’elle fait beaucoup attention. Quand on a de longues tournées, elle prend beaucoup soin d’elle, c’est pour ça qu’on la voit moins que nous par exemple. Pour nous c’est bien car on a un plus d’attention de la part des fans (rires).



Qu’as-tu pensé du « petit » (NdSS : 8 membres du fan-club présents) meeting d’hier à Montpellier ?

> C’est vrai que c’était un petit meeting (rires), mais c’était sympa. Trois fans sont venus manger avec nous. Ca s’est très bien passé. Pour eux et pour nous. D’habitude en tournée, je ne bois pas, mais là, j’ai bu de la vodka, c’est pour ça qu’en revenant j’étais un peu « whooo » (rires) (NdSS : traduction de l’onomatopée « être bourré » :P).



Es-tu satisfait voire fier du travail de la French Crusade (fan-club francophone) ?

> Je suis vraiment très satisfait du boulot fait par Didier (président de la French Crusade). Par exemple, le 1er volet du fanzine du fan-club officiel d’Epica était vraiment super. Personnellement, je l’ai beaucoup apprécié, comme tout le groupe d’ailleurs.



Il y a vraiment un lien affectif entre Epica et son public français. Comment pourrais-tu expliquer un tel amour réciproque ?

> Franchement aucune idée. Tu sais, c’est bizarre, nos albums ont été super bien accueillis chez vous en France, ou en Espagne, Mexique, Brésil. Et « bizarrement » en Allemagne, on a du mal à percer. C’est étrange, tu traverses les frontières et les réactions ne sont plus du tout les mêmes, alors que nous vivons tous sur la même planète pourtant (rires).



Vous avez joué à Marseille en novembre dernier. Seulement, cinq mois entre ce show là et celui de ce soir. C’est vraiment un honneur que vous nous faites, et c’est un Marseillais qui parle.

> Exact, je m’en souviens. Mais en novembre, il y avait eu quelques petits soucis et nous voulions revenir jouer à Marseille. Nous sommes contents que ça ait pû se faire car par exemple, on n’a pas voulu que nous jouions à Bordeaux. Car nous y avons déjà joué, or c’était il y a un an ! Etrange, des fois il y a vraiment des choses qui me dépassent…



As-tu trouvé des différences entre le public français du Nord et celui du Sud ?

> Effectivement, les réactions ne sont pas toujours les mêmes car, par exemple, dans le Sud, le metal est moins présent. Une amie m’avait dit que dans le Sud, c’était le reggae qui dominait. Elle n’avait pas tort (rires) (NdSS : sic). Cependant, l’enthousiasme reste le même.



Es-tu en bons termes avec les membres d’After Forever ?

> Je le suis de nouveau. Je dis de nouveau car je dois t’avouer que la séparation ne s’est pas très bien passée. Nous avons quelques problèmes, mais maintenant ça va mieux. Quand on se croise, on se sert la main et on discute un peu. C’est mieux ainsi.



Il ne semble pas exister d’animosité entre les fans d’After Forever et ceux d’Epica, à vrai dire ce sont souvent les mêmes d’ailleurs.

> Oui c’est vrai. Chaque fan peut suivre le groupe qu’il désire ou les deux. Il n’y a pas de soucis. Finalement, le fait qu’il y ait deux groupes au lieu d’un arrange tout le monde (rires).



Concernant votre show au Paradiso d’Amsterdam (NdSS : 4 mai 2006), le fait de filmer un dvd live t’excite-t-il ou au contraire cela te stresse ?

> Je suis très excité bien sûr, mais pour être honnête, j’essaye de ne pas trop y penser. Je n’aime pas trop regarder loin. Pour l’instant, je me concentre sur la tournée. Chaque chose en son temps. Mais je te le répète, ça n’empêche pas que je sois super excité. Ca va être un énorme show, avec plein d’extras, de guests, d’effets pyrotechniques.
Non non, je ne te dirai rien sur les invités surprises (rires).



Qu’en est-il de votre prochain album ?

> Il est fini ! Ce sera un concept-album, encore plus poussé que ce que nous avons proposé avec Consign To Oblivion. Il y aura vraisemblablement treize chansons, qui seront longues pour beaucoup d’entre elles. Cela restera dans la même lignée que nos deux albums précédents à savoir des chœurs, des grunts, du death, des orchestrations. Nous restons dans le même style mais un poil plus heavy.



Mark, tu es guitariste, grunter, compositeur, créateur et leader d’Epica, mais malgré tout tu restes quelqu’un de sympa, accessible et adorable. Cela vient-il du fait que jeune tu étais un fan comme nous ?

> Absolument ! J’étais fan de plusieurs groupes. Quand j’allais voir des concerts, je voulais voir les musiciens, discuter avec eux, être à leur place en fait. Tu sais, je suis comme toi, je ne me considère pas supérieur ou meilleur qu’un autre. Certains musiciens le font, mais moi ce n’est pas dans ma nature.



Quel a été ton premier concert metal ?

> Ce n’était pas vraiment metal, mais mon plus grand souvenir était quand je suis allé voir les Guns n’ Roses. Sinon, en plus metal, c’était certainement Gorefest.



Quel a été le guitariste qui t’a donné envie de jouer de cet instrument ?

> Justement, c’était Slash (ex-Guns n’ Roses). Je peux également te citer Chuck Schuldiner (défunt leader du groupe Death), dont nous rendons un hommage avec la reprise de Crystal Mountain sur scène. Sinon, pour en revenir aux Guns, je suis désormais plus intéressé par Velvet Revolver, avec Slash, Duff McKagan, Matt Sorum (tous des anciens Guns n’ Roses). Slash reste définitivement mon influence majeure.



Tu es un super artiste, tu es un gars adorable, tu formes un très beau couple avec Simone… (il me coupe)

> Je formais. Nous ne sommes plus ensemble. Mais je te rassure, nous nous entendons super bien et il n’y a aucune néfaste répercussion sur Epica. Au début, forcément, ça a été dur, mais il nous fallait peut-être un peu d’air à chacun. Peut-être dans le futur… On ne sais jamais…



Je te laisse le dernier mot pour tes fans français, peut-être en français ?…

>French audience est magnifique !



Merci Mark !

> Merci à toi, toi aussi tu es un gars adorable ;)
 
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