Live Report

WITHIN TEMPTATION – DELAIN - Halle Tony Garnier - Lyon - 24/04/2014

 
La salle du Radiant déprogrammée, c’est dans une Halle Tony Garnier restreinte mais bien garnie que deux des plus jolies et talentueuses chanteuses de la sphère « metal » se sont données rendez-vous. En effet, Delain, groupe en constante progression, a la chance et la fierté d’ouvrir pour un groupe qui a certainement dû jouer le rôle de mentor à ses débuts, à savoir Within Temptation.

Effectivement, il faut revenir sept ans en arrière, quand Within Temptation proposa à Delain d’ouvrir pour eux en 2007 donc. Coup de pouce à l’époque, confirmation en 2014. Delain a franchi les étapes petit à petit et, après 4 albums, le groupe jouit d’une fanbase de plus en plus fidèle et conséquente. Le combo est d’ailleurs très bien accueilli et participera énormément aux sollicitations de la belle Charlotte. Très sexy et très en voix, la frontwoman fait preuve d’une assurance croissante, au fil des années et du concert. Tous les albums sont représentés ce soir, même si, étonnamment, leur dernier opus en date, le très bon The Human Contradiction, n’est limité qu’à deux titres (cf. setlist). Etonnant ? Finalement pas tant que ça. En effet, une des forces de cet album réside dans la qualité de ses duos. Les Hollandais ont donc certainement préféré faire l’impasse sur ces derniers plutôt que de s’y risquer (à l’inverse de Within Temptation, nous y reviendrons plus tard). Il est difficile, voire impossible, de remplacer un Marco Hietala (Nightwish) ou une Alissa White-Gluz (Arch Enemy). Le choix est donc judicieux.
D’ordinaire, Delain se produit dans des salles plus petites (hors festivals bien entendu), cette tournée est donc une très belle opportunité pour eux. Et ils ne vont pas se gêner pour montrer leur talent et leur joie d’être présent avec nous ce soir. Très carré, mais pas non plus coincé, le combo nous délivre une très belle prestation qui ne pourra leur être que bénéfique et leur attirer de nouveaux fans. Carton plein pour Charlotte et sa bande sur cette date lyonnaise, mais certainement sur la tournée entière. A revoir donc au plus vite en tête d’affiche.

Setlist Delain :
1. Go away (April Rain)
2. Get the devil out of me (We Are The Others)
3. Army of dolls (The Human Contradiction)
4. Stardust (The Human Contradiction)
5. Electricity (We Are The Others)
6. Sleepwalkers dream (Lucidity)
7. The gathering (Lucidity)
8. Not enough (We Are The Others)
9. We are the others (We Are The Others)


On enchaîne avec les stars de la soirée. Attendu de pieds (et oreille) fermes, Within Temptation se mettra le public dans la poche dès l’extinction des lumières annonçant le début du show. Un grand voile cachant la scène et flanqué du logo Hydra se déploie et tombe aussitôt que les premières notes de « Let us burn » retentissent. Petit bémol, cette bâche n’a, semble-t-il, servi qu’à cacher le décor à l’audience. En effet, point d’effets pyrotechniques derrière, mais seulement un écran géant où y est inscrit « LYON ». Dommage, d’autant plus que ce premier titre mérite plus d’effets, comme en la capitale le lendemain (NdSS : au Zénith de Paris, les flammes seront bel et bien présentes). Peu importe, le groupe, Sharon en tête, déboule sur scène sous les acclamations d’un public en folie. Tout sourire la belle n’hésite pas à haranguer ses fans, comme elle en a l’habitude. Certaines de ses mimiques et de sa gestuelle paraissent parfois cheap, mais cela fait partie intégrante (du charme) de la chanteuse. A l’inverse de Delain, les Hollandais ne se gênent pas pour jouer leurs titres en duo, issus de leur dernier opus en date. A l’aide de l’écran géant, les guests apparaissent tour à tour pour livrer un duel virtuel avec Sharon. Certes, cela manque de spontanéité, de proximité et de chaleur, mais le groupe ne pouvait en aucun cas se passer de ces titres-là, qui sont un des points forts de Hydra. En ce qui concerne la setlist, tous les albums sont représentés et nous avons là du très lourd (et très bien exécutés et interprétés !). Un véritable best-of de presque vingt ans de carrière. Et justement, c’est en revenant en arrière que votre serviteur a un léger goût amer au fond de la gorge. Ayant assisté à la tournée Mother Earth en 2002, le changement de statut du groupe est sans équivoque et pas volé. Mais c’est juste dommage d’avoir l’impression de ne plus avoir le même groupe en face. Même si dans le fond, les musiciens n’ont pas dû trop changer, de l’extérieur ce n’est pas ce qui saute aux yeux. En effet, toute cette grosse production crée une distance à la fois physique voire même émotionnelle pour ceux qui suivent le groupe depuis longtemps. Ruud (guitare), par exemple, très proche du public à ses débuts, distribuant des médiators à tout va, s’approchant jusqu’à faire presque toucher sa guitare, semble maintenant ne faire que le job. Sans plus. Evidemment, le groupe a le succès qu’il mérite, mais ce soir, je n’avais pas l’impression d’assister à un concert du groupe de metal symphonique et atmosphérique que je chérissais auparavant. Avis certainement subjectif, car le groupe doit certainement préférer jouer dans la Halle Tony Garnier de Lyon ou au Zénith de Paris que dans la petite salle de l’Omega Live de Toulon.
Enfin bon, nostalgie quand tu nous tiens…

Setlist Within Temptation :
1. Let us burn (Hydra)
2. Paradise (Hydra) – feat. Tarja
3. Faster (The Unforgiving)
4. Iron (The Unforgiving)
5. Edge of the world (Hydra)
6. In the middle of the night (The Unforgiving)
7. Our solemn hour (The Heart Of Everything)
8. Angels (The Silent Force)
9. Dangerous (Hydra) – feat. Howard Jones
10. And we run (Hydra) – feat. Xzibit
11. See who I am (The Silent Force)
12. Stand my ground (The Silent Force)
13. The cross (The Heart Of Everything)
14. Covered by roses (Hydra)
15. Mother earth (Mother Earth)
Rappel :
16. What have you done (The Heart Of Everything) – feat. Keith Caputo
17. Summertime sadness (Lana Del Ry cover) - (Hydra - bonus)
18. Sinéad (acoustic) (The Unforgiving)
19. Ice queen (Mother Earth)
 
Critique : Secret Sfred
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