Live Report

GHOST - CANDLEMASS - Halle Tony Garnier (Lyon) - 3/2/2019

 
Alors que ce début d'année est chargé en terme d'actualité métal, c'est en ce week-end neigeux du 3 février que le point d'orgue de la dite actualité se manifestera. En effet, GHOST, groupe à la renommée grandissante que l'on ne présente plus entame en ce jour sa tournée 2019 nommée "A Pale Tour Named Death".
Et il faut dire que c’est un honneur que d’assister au lancement d’un tel événement, la première messe française de Cardinal Copia pour cette année calendaire et qui plus est à la gigantesque Halle Tony Garnier. Après un passage au Quotidien de Yann Barthes deux jours plus tôt, le groupe est à quelques minutes du coup d’envoi et c’est pas moins de 5000 fans qui assisteront à l’événement. Rajouter un Zénith de Paris complet dans les jours qui viennent et vous avez un groupe qui joue maintenant dans la cour des grands !

CANDLEMASS va nous faire patienter le temps que l’on se réchauffe. Un backdrop noir, indiquant sobrement « Candlemass » accueille les suédois. Leur doom colle assez bien à l’ambiance de la soirée (Ghost s’inspirant entre autre de cet univers musical). Les lumières sont simples, sans artifices et le son excellent. La lourdeur des riffs résonne dans une Halle déjà bien remplie et le public semble prendre plaisir à la prestation.
Johan Längqvist, très bon chanteur au demeurant, semble de bonne humeur et ne manquera pas de jouer avec le public tandis que le duo Mats Blörkman / Leif Edling fonctionne à merveille ! Nous aurons même droit au baptême d’une chanson : « Astorolus – The Great Octopus » de l’album « The Door to Doom » qui sortira le 22 février prochain.
Bien que court, le set de CANDLEMASS aura conquis une bonne partie d’un public réceptif et nous aura mis en jambe pour la tempête à suivre…

Un rideau noir cache la scène de GHOST, un fond sonore de messe se fait entendre, de plus en plus fort, jusqu’à ce que les lumières s’éteignent. Le chaos s’installe. 5000 personnes hurlent en même temps, attendant avec ferveur une sorte de messie. Car oui, Cardinal Copia, succédant à notre regretté Papa Emeritus III, semble posséder les faveurs du public français.
Après la chute de cette étoffe nous faisant languir, c’est une scène large et magnifiquement décorée qui s’impose à nos yeux. En fond : des vitraux. Trois pour être exact : un pour chaque Papa Emeritus (du I au III).
Les escaliers de part et d’autre de la scène me font dire que ça va bouger, et vous verrez que c’est le cas. En attaquant avec « Rats », le Cardinal et ses Nameless Ghouls mettent les points sur les « i ». Ils maîtrisent totalement la scène et notre charismatique ecclésiaste tient la foule dans sa main. On passera rapidement par l’album « Meliora » (que l’on ne présente plus) le temps d’un très bon « Absolution ». Car oui, la troupe explorera l’intégralité de sa discographie, EP inclus. Permettez moi cette petite digression mais d’un point de vue technique, le Cardinal est maintenant accompagné de pas moins de sept Nameless Ghouls (dont deux lionnes [ainsi que les décrit leur leader]), ce qui offre un show encore plus vivant.
Et je ne compte pas le guest ultime: acclamé par la foule en délire de Lyon, Papa Nihil daignera se montrer le temps de son solo de saxophone sur le magnifique instrumental "Miasma". Très grand moment!

Et force est de constater que ces Ghouls travaillent très bien ensemble. Prenons l’exemple de « Cirice ». Avant le début du morceaux, permettant par cette occasion au Cardinal de se changer, nos deux Ghouls guitariste (oui elle n’ont plus de signes distinctifs) se livrent à un duel de guitares, très blues, tout en le transformant en un instant cocasse. Dénigrant le talent l’une de l’autre, tout en prenant le public à partie, cette danse durera quelques minutes et collera un sourire sur chaque visage, le mien compris.
Le Cardinal, au fil des titres, passera de son costume noir à un costume blanc affublé d’un chapeau lui donnant une allure majestueusement mafieuse, pour enfiler son costume rouge de cérémonie avant de remettre son apparat noir.
Car oui GHOST est plus qu’un « concert ». C’est un spectacle. Musical certes, mais quand on voit le charisme de notre Tobias Forge, qui campe ici le rôle du Cardinal, la façon de jouer avec le public, de provoquer, notamment avec quelques connotations sexuelles que le public retiendra d’avant « Mummy Dust » ou encore, car thématique, « Jigolo Har Megiddo ». Le tout dans un esprit bon enfant, familial bien sûr. Je ne sais pas si c’est le masque ou un talent d’acteur naturel mais Tobias dégage un je ne sais quoi sur scène, cette nonchalance avouée et assumée font de lui un personnage encore plus énigmatique et attachant.

Une entracte laissera tout de même aux fans le temps de s’abreuver, aller faire de la place pour une autre bière etc. Le groupe a besoin aussi de se ressourcer car il jouera ce soir un set de 2h30 !! Et autant vous dire que cela fait longtemps que je n’ai pas eu un show aussi long ! Mais personne ne s’en plaindra !
Car il devient rare de voir des groupes aussi impliqués dans leur art scénique à ce stade de leur carrière, voulant faire de chaque soirée un souvenir inaltérable. GHOST est de cette trempe et ne lésine pas sur les moyens : du la pyrotechnie de « Year Zero » au déluge de confettis sur « Mummy Dust », il y a ce soir de quoi ravir les fans comme les néophytes !
La fin de set sera pour moi le coup de marteau (carré) qui enfoncera le clou (comprendra mon humour qui pourra) : enchaîner les confettis sur le titre le plus heavy de la discographie du groupe et « If You Have Ghost », « Square Hammer » et « Danse Macabre » ça revient à achever les cordes vocales des lyonnais et leur subtiliser le peu d’énergie vitale qui leur reste. Mais ça valait franchement la peine.

Ce concert m’aura permis in fine de redécouvrir des titres de GHOST que je connaissais moins, tout en confirmant que les classiques sont taillés pour le live. Ceux encore sceptiques voire hermétiques au phénomène Ghost changeront d’avis une fois le show vu. Leur ascension ne s’arrêtera pas là, les grands jours sont encore à venir. A ceux qui seront à Paris jeudi 7 février préparez vous à en prendre plein les yeux.


Setlist GHOST :

ACT 1 :

1. Ashes
2. Rats
3. Absolution
4. Ritual
5. Con Clavi Con Dio
6. Per Aspera Ad Inferi
7. Devil Church
8. Cirice
9. Miasma
10. Jigolo Har Megiddo
11. Pro Memoria
12. Witch Image
13. Life Eternal

ACT 2 :

14. Spirit
15. From The Pinnacle to The Pit
16. Majesty
17. Satan Prayer
18. Faith
19. Year Zero
20. Spöksonat + He Is
21. Mummy Dust
22. If You Have Ghost
23. Dance Macabre
24. Square Hammer

RAPPEL :

25. Monstrance Clock
The Host of Seraphim (Chanson de Dead Can Dance)


Setlist CANDLEMASS :

1. Marche Funebre
2. The Well of Souls
3. Dark Reflections
4. Astorolus – The Great Octopus
5. Mirror Mirror
6. A Sorcerer’s Pledge
7. Solitude
 
Critique : SBM
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