Live Report

HELLFEST OPEN AIR 2019 - Jour 3 - 6/7/2019

 
Malgré la chaleur, malgré la fatigue, les kilomètres, l'alcool et tout ce qui fait la joie du Hellfest, mon entrain de semble pas fléchir en cette dernière journée au paradis.
On retrouve les amis comme chaque matin, préparant le matériel pour tenter, si cela est possible, de cristalliser ces quelques instants partagés.

J’avais le choix entre Alien Weaponry et Embryonic Cells. Et c’est les français qui l’emportent, par chauvinisme probablement mais aussi parce que l’autre groupe ne me plaît pas plus que ça. Ainsi le death metal local, de très bonne manufacture, passe très bien à l’heure du petit dej. Petit dej qui ce dimanche sera accompagné de céréales… du houblon plus exactement… BON OK ! Pti dej à la bière mais de un on est au Hellfest et de deux ils annoncent une cagnasse violente aujourd’hui (désolé le Sud en moi ne peut être réprimé).
Quitte à être sous une tente, je reste un peu à la fraîche pour attendre Hyrgal, autre groupe de chez nous qui officie dans un black metal traditionnel, chanté, de surcroît en français. Moins mon style au départ, mais la prestation, sombre et violente semble faire son effet. Les jeux de lumière sont au poil, rendant ce show certes court assez intéressant.

Il est temps dorénavant de quitter ma cachette ombragée pour me diriger au pas de course vers la MainStage 2 pour Insanity Alert qui sera une excellente découverte. Le thrash metal qui ne se prend pas au sérieux ça passe tout seul, avec à la clé un show loufoque, exactement ce qu’il faut pour chauffer tout le monde ! Je n’oublierai pas les mots du chanteur, introduisant une chanson : « C’est une histoire d’amour, de bière et de Nintendo dans ton cul ». Juste magique.
Ici on était en terrain connu, humour potache, musique violente, ça c’est notre créneau. La suite, un peu plus atmosphérique a surpris. Malgré des problèmes techniques pendant les balances, le peuple clissonnais a montré son soutien à Nova Twins. Les deux jeunes demoiselles anglaises (charmantes au demeurant) ont réussi à faire entendre leur street punk teinté de hip-hop devant une foule compacte. Malgré un début un peu froid de la part du public (le temps de comprendre ce qui nous arrive), le set s’est avéré une franche réussite et je tire mon chapeau à ces deux artistes !

Je quitte la lumière pour l’ombre… physiquement et musicalement. On passe maintenant à Bliss of Flesh et son black death metal des familles. Une mise en scène prenante et des compos violentes qui vont mouche. Très bonne prestation des nordistes qui ont mis une belle claque à l’ensemble du Temple. Je remercie une fois de plus le Hellfest pour mettre en avant son terroir et prouver que la scène française existe et est solide.
Décidément ce dimanche je vais faire le yo-yo car je repasse sur la warzone cette fois, pour un moment détente avec un rock musclé, que m’a offert Brutus. Mené par la belle Stefanie Mannaerts qui officie au chant et à la batterie (un max de respect donc) le groupe un moment très satisfaisant avec des sonorités tantôt calmes, tantôt rentre dedans, mais in fine toujours très musical et plaisant.
Une grosse surprise m’attend maintenant au Temple. Cemican. Un des rare groupe de metal mexicain arrive en terre clissonnaise et semble très attendu. Peintures corporelles, mise en scène shamanique, visuellement le show est superbe, le groupe n’hésitant pas à utiliser des instruments traditionnels dont je serais bien incapable de vous donner le nom.
Musicalement il évolue dans un black metal mais chanté en espagnol. Why not mais c’est pas la langue la plus agressive au monde… C’est ce que l’on appelle défendre ses racines. Grosse découverte quoi qu’il en soit.

Le thrash semble mis à l’honneur ce dimanche pour la MainStage 2. C’est maintenant Death Angel qui vient défendre son dernier opus « Humanicide » et force est de constater que la dernière galette passe bien en live. Le charisme et la voix de Mark Osegueda font une grosse partie du travail mais les compos travaillées ont un impact direct sur la fosse qui ne manquera pas de manifester sa joie !
Petite pause blues rock avec Blackberry Smoke qui ne m’a fait ni chaud ni froid. Loin d’être mauvais attention ! Mais trop mou, trop classique et malheureusement pas assez efficace pour nous tenir en haleine. Ce qui ne sera pas le cas de Trivium, que je redécouvre. Avec un Matt joueur, très en voix, le combo américain fait varier les plaisirs sur la Mainstage et on s’en régale. Je me demande encore pourquoi un tel groupe joue à 15h mais bon… j’ai au bout du compte redécouvert un groupe majeur qui sait faire du metal de haute volée. A remettre impérativement dans ma discographie.

Le timing étant complexe le dimanche (car il faut également ranger et cleaner l’espace presse, sans oublier l’apéro d’adieu avec les amis) je louperai quelques groupes dont Testament, Anthrax, Emperor, Carpathian Forest ou encore Cannibal Corpse. Je verrai tout de même deux pointure de la scène death, à savoir Vomitory et Immolation. Deux grosses claques mais il faut aimer le death par contre. Ça balance du gros brutal dans la tronche et on ramasse les miettes après.
Je ferai un petit tour à la Warzone pour prendre un petite dose de punk hardcore sous un soleil de plomb. Cancer Bats durant cinquante minutes va marteler sa musique aux quelques courageux venus affronter le soleil ! Je remercie d’ailleurs ce dessoifeur qui m’a quasiment sauvé la vie ! Il fallait au moins une pinte bien fraîche pour affronter le set puissant des canadiens. Excellent moment qui confirme que je devrais passer plus de temps à la Warzone.

Plus que quatre concerts pour la journée… Tout d’abord les adieux de Lynyrd Skynyrd qui n’ont pas manqué pour l’occasion de dépasser un peu leur temps. Mais on ne leur en veut pas. Ils ont joué des tubes mémorables comme « That Smell », « Sweet Home Alabama » ou le mythique final « Free Bird » sur lequel le regretté Ronnie Van Zant chantera au travers d’une bande son et d’images souvenir. Un final plus parfait pour tirer sa révérence.
Mais séchons nos larmes sinon on va se prendre des baignes (que l’on prendra de toute façon) de la part de Randy Blythe qui semble très en forme, et très en voix. Il arpentera la scène de long en large faisant voler ses dreads. Un frontman accompli qui mène un groupe à la musique toujours aussi violente mais qui plaît énormément ! Lamb of God a semé le chaos sur les MainStage et c’est ça qu’on aime !
J’assisterai à la fin de Slash feat Miles Kennedy en attendant Slayer. Le show est très bon, le guitariste au chapeau prouve qu’il est indubitablement une valeur sûre de la six cordes. Quel talent ! Talent similaire que possède Miles au chant. Le duo fonctionne très bien, et je ne doute pas une seule seconde de leur succès aux Arènes de Nîmes pour le festival à venir.

Slayer. Groupe ô combien mythique, qui après 38 années de carrière fait ses adieux à la France ici, à Clisson. Tout a été organisé pour que ce show soit celui dont on se remémorera. Donc autant dire qu’il ne fallait louper cela sous aucun prétexte.
En entrant dans un déluge de flamme et « Repentless » comme bande son, ça démarre sur les chapeaux de roues et c’est un vrai marathon de 19 morceaux que le groupe tient à nous livrer dans cette ultime épreuve. Effets pyrotechniques à foison, non clairement le Hellfest veut tout faire que ce dernier concert soit le plus beau, le plus grand que le groupe de thrash légendaire ait jamais donné.
Le final « Angel Of Death » avec les feux d’artifice dignes du 14 Juillet, c’est un Tom Araya heureux mais empreint d’une certaine tristesse qui salut le public. Il a du mal à quitter la scène, de même que Kerry King qui reste un peu, contrairement à son habitude.
Slayer aime la France, la France aime Slayer. Les bonnes choses ont une fin, et bien que déchirant, ces adieux étaient beaux. Merci au quatuor pour ce qu’ils ont apporté à la scène metal… Merci.

Je resterai sur cette note pour cette édition, l’apéro d’au revoir de l’espace presse battant son plein pendant le set de Tool. Oui je le regrette… J’aurais dû assister au moins à quelques titres… Mais comme dit mon idole JJG : « A nos actes manqués »

Il va être temps de se quitter et de retourner sur terre… cette triste terre qui ne s’illumine que trois jours par ans… Allez plus que 360 jours avec l’édition suivante ! Un gros merci à tous ! Mes amis du site et de l’espace presse, mes amis de Replica, mes amis photographes, tous ceux que j’ai croisé et rencontré ! Merci et à bientôt !
HELL FUCKIN FEST FOREVER !
 
Critique : SBM
Date : 6/7/2019
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